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USA - “Nous leur ferons payer le double”: au sommet de l’Otan, Trump menace l’Espagne


Le président des États-Unis, Donald Trumpa menacé l'Espagne mercredi avec des représailles commerciales pour ne pas s'être engagée dans les dépenses militaires de 5% du PIB dans le cadre du sommet de l'OTAN à La Haye. « Ce que l'Espagne a fait est terrible. Cette économie pourrait s'effondrer. L'Espagne est le seul pays qui ne paie pas », a déclaré le président américain. « Je vais négocier directement avec l'Espagne, je vais le faire. Ils paieront, le disent », a déclaré le président.

Ce dimanche, Pedro Sánchez, président du gouvernement espagnol, a assisté à la finale de la Coupe du monde opposant l'Espagne à l'Argentine, où il a rencontré le président Donald Trump dans la loge des autorités. Cette rencontre s'est déroulée seulement une semaine après le différend entre les deux dirigeants lors du sommet de l'OTAN concernant les dépenses militaires et la position de l'Espagne sur l'Iran.

Le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a pour sa part loué les relations entre son pays et les Etats-Unis, « très positives ». Il a par ailleurs déclaré à l’issue du sommet avoir eu un échange informel « courtois » avec le président américain.

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, avait réagi aux préoccupations de Donald Trump concernant la participation de l'Espagne à l'Otan.

Sanchez avait affirmé que l'Espagne ne travaillera pas sur la base d'e-mails mentionnant des réflexions à Washington, mais sur la base de documents officiels et de prises de position du gouvernement américain. Il a également souligné que l'Espagne est un partenaire fiable au sein de l'Otan et remplira ses obligations.

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Le leader socialiste aurait consenti à allouer seulement 2,1 % du PIB national. “Un investissement suffisant, réaliste et compatible avec notre modèle social et notre État providence”, a-t-il déclaré, selon un article du média barcelonais La Vanguardia. La réponse verbale de Donald Trump ne s'est pas fait attendre.

“C’est le seul pays qui a refusé, je trouve ça terrible”, a déclaré le président américain, selon le quotidien madrilène El País : “Vous savez, nous allons négocier un accord commercial avec l’Espagne, et nous veillerons à ce qu’ils payent le double.” Le journal de centre gauche parle ainsi de “menaces” de la part de Trump et décrit un sommet où “la distance entre lui et Sánchez était très évidente : ils ne se sont même pas salués, comme l’a admis l’Espagnol, bien qu’il ait expliqué que c’était par hasard”.

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Donald Trump avait déjà plusieurs sujets à aborder lors du sommet de l’Otan à Ankara : l’Iran, le Groenland, les dépenses militaires des pays européens, et les alliés considérés comme pas assez engagés. Cependant, le mercredi 8 juillet, ses critiques se sont concentrées sur l’Espagne. Aux côtés du secrétaire général de l’Alliance, Mark Rutte, le président américain a reproché à Madrid de ne pas contribuer suffisamment aux dépenses de défense de l’Otan. Il a ensuite déclaré vouloir "mettre fin à tout échange commercial" avec ce pays.

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La facture militaire

La déclaration a été faite devant les caméras, sous forme d’instruction adressée à son secrétaire du Trésor, Scott Bessent. Donald Trump a qualifié l’Espagne de "cause perdue", affirmé ne plus vouloir "faire affaire" avec elle, et accusé Madrid de traiter Mark Rutte "terriblement". Le premier reproche concerne cependant les dépenses militaires. Donald Trump souhaite inciter les alliés de l’Otan à consacrer 5 % de leur PIB à la défense. L’Espagne, quant à elle, affirme pouvoir respecter ses engagements avec 2,1 % du PIB. Madrid rappelle également avoir augmenté sa contribution et participé à plusieurs missions de l’Alliance. Selon les informations rapportées par le journal El País, le pays a notamment confirmé son engagement dans une opération en Finlande visant à défendre l’Atlantique et l’Arctique. Le désaccord ne porte donc pas sur la présence espagnole dans l’Otan, mais sur la manière de chiffrer l’effort demandé.

Un deuxième sujet vient s'ajouter au premier : l'Iran. Washington reproche à l'Espagne, qui s'oppose fermement à la guerre en Iran, de ne pas avoir facilité l'utilisation de certaines bases américaines en Andalousie, notamment celles de Morón et Rota, dans le cadre des opérations au Moyen-Orient. Pedro Sánchez avait critiqué la stratégie américaine, la qualifiant d'erreur "extraordinaire". Le dossier espagnol combine donc deux griefs : l'effort budgétaire et l'alignement politique.

La réponse espagnole

Face à cette situation, Madrid a opté pour ne pas réagir de manière similaire. Le gouvernement espagnol affirme recevoir les déclarations de Donald Trump "avec calme". Pedro Sánchez a souligné les relations "très positives" entre l'Espagne et les États-Unis, en mettant en avant leurs liens sociaux, culturels, économiques et militaires. Il a même mentionné qu'après la conférence de presse, il avait rencontré Donald Trump et discuté avec lui de football et de golf.

Cette prudence s'explique également par un point juridique crucial : une rupture commerciale ciblant uniquement l'Espagne serait complexe à mettre en œuvre. L'Espagne fait partie de l'Union européenne, et la politique commerciale est du ressort de la Commission européenne. Un État membre ne peut donc pas être traité comme un partenaire commercial séparé du marché unique. Pour agir commercialement contre Madrid, Washington devrait se confronter au cadre européen. Ce détail institutionnel est loin d'être insignifiant : il restreint considérablement l'impact réel de la menace américaine.

Bruxelles répond

La Commission européenne a réagi promptement. Un porte-parole de l'exécutif européen a affirmé que Bruxelles "s'assurera constamment" de défendre les intérêts de l'Union et de chacun de ses États membres. Il a également souligné que les relations commerciales entre l'Union européenne et les États-Unis sont "profondément intégrées", et a demandé à Washington de respecter les engagements de l'accord commercial signé avec l'UE.

Mark Rutte a finalement tenté de concilier les deux perspectives du sommet : le secrétaire a reconnu la pression américaine sur les dépenses militaires, tout en soulignant que l’Espagne avait fait un "grand pas" l’année dernière et se rapprochait des 2 %. De plus, Madrid dispose d’un argument difficile à ignorer : selon le gouvernement espagnol, les États-Unis vendent plus à l’Espagne qu’ils n’achètent. Une rupture commerciale viserait donc un allié, un État membre de l’Union européenne, mais aussi un marché où Washington n’est pas en position de perdant.

L’engagement indéfectible pour l’article 5

Dans cette même déclaration finale, rapportée à nouveau par le média britannique, les alliés ont réaffirmé leur “engagement indéfectible envers la défense collective, comme le stipule l’article 5 du traité de Washington, qui précise qu'une attaque contre l'un des alliés est considérée comme une attaque contre tous”.

Ces résultats ont manifestement satisfait Donald Trump, qui, selon The Guardian, "a déclaré qu'il quittait ce sommet avec une perspective 'légèrement différente' sur l'Alliance", notamment après avoir observé "l'amour et la passion que [ces dirigeants] ont manifestés pour leur pays".

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