top of page
  • Facebook
  • X
  • Youtube

El Confidencial: Le Maroc, l’Algérie et le Polisario à Madrid (Traduction intégrale)... «Silence radio» en Algérie... [Exclusif] By- Mohammed Gherrabi

La capitale espagnole est le théâtre, ce week-end, d’une accélération diplomatique majeure sur le dossier du Sahara. Selon des sources diplomatiques concordantes citées par El Confidencial, une réunion quadripartite se tiendra dimanche dans la plus grande discrétion au sein de l’ambassade américaine.

La table des négociations réunira les ministres des Affaires étrangères Nasser Bourita (Maroc), Ahmed Attaf (Algérie), Mohamed Salem Ould Merzoug (Mauritania), ainsi que le représentant du Front Polisario, Mohamed Yeslem Beissat. Cette rencontre est pilotée par les émissaires du président Donald Trump : Massad Boulos, conseiller pour l’Afrique, et Michael Waltz, ambassadeur américain à l’ONU. Si l’envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU, Staffan de Mistura, sera présent, le leadership des discussions est clairement assumé par Washington.

Ces pourparlers font suite à une première prise de contact secrète tenue à Washington il y a deux semaines. L’objectif affiché par les médiateurs américains est de concrétiser la résolution 2797 du Conseil de sécurité (octobre 2025), qui privilégie la solution d’autonomie sous souveraineté marocaine.

À cet effet, Rabat a soumis une nouvelle version étoffée de son plan d’autonomie. Le document, passé de trois à quarante pages et élaboré par de hauts conseillers royaux, détaille les prérogatives administratives et politiques de la région, répondant ainsi aux demandes de clarification de ses alliés occidentaux. L’enjeu pour le Maroc est d’obtenir, d’ici avril ou octobre prochain, une révision du mandat de la MINURSO, voire son démantèlement progressif.

Bien que l’Espagne n’ait pas été associée à l’organisation directe de ce sommet à l’ambassade américaine, le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, profite de la présence des délégations pour s’entretenir ce samedi avec ses homologues algérien et mauritanien au Palais de Viana.

Des négociations discrètes

Selon plusieurs échos concordants dans la presse espagnole, des discussions de haut niveau seraient en cours ou en préparation en Espagne autour du dossier du Sahara occidental. Autour de la table, ou en marge de ces échanges, figureraient le Maroc, l’Algérie, l’Espagne et le Front Polisario, avec la possibilité d’une implication indirecte de partenaires internationaux. Il faut rappeler les récentes visites de Massad Boulos à Alger, qui demontre la volonté de Trump de conclure se dossier.

À la manœuvre : Massad Boulos, le conseiller spécial pour l'Afrique de Donald Trump. Alors que celui-ci a récemment indiqué que le règlement du conflit était une « priorité absolue pour les États-Unis », il a réussi à convaincre toutes les parties, qui seront représentées par leurs ministres des Affaires étrangères respectifs, à se mettre autour de la table.

« Silence radio » en Algérie... Tout le monde en parle sauf en Algérie

En Algérie, un silence étonnant des médias soulève des questions sur leur rôle face à cette affaire. Entre censure perçue, critiques sur l'image du pays et réactions politiques.

(Traduction intégrale)

Le Maroc, l’Algérie et le Polisario négocient à Madrid, sous la houlette des États-Unis, l’avenir du Sahara occidental

Par Ignacio CEMBRERO

Rabat a élaboré une nouvelle offre d’autonomie, de 40 pages, pour l’ancienne colonie espagnole. Malgré la pression américaine, Alger et les Sahraouis ne renoncent pas, pour l’instant, à l’autodétermination convenue il y a 35 ans.

Ce dimanche, le Maroc et le Front Polisario s’apprêtent à négocier à Madrid l’avenir du Sahara occidental sous la conduite des représentants du président Donald Trump, selon des sources diplomatiques au fait de la réunion. Deux puissances voisines, l’Algérie et la Mauritanie, prendront également place à la table des discussions. Les négociations se dérouleront au siège de l’ambassade des États-Unis, dans le plus grand secret. Telle est la demande formulée par Massad Boulos, représentant de Trump pour l’Afrique, et Michael Waltz, ambassadeur des États-Unis auprès des Nations unies. Leurs interlocuteurs seront les chefs des quatre délégations, composées chacune de trois membres, conduites par les ministres des Affaires étrangères du Maroc, Nasser Bourita, de l’Algérie, Ahmed Attaf, de la Mauritanie, Mohamed Salem Ould Merzoug, ainsi que par le chef de la diplomatie du Polisario, Mohamed Yeslem Beissat. Staffan de Mistura, l’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental, qui coparraine en théorie les négociations, participera également à la rencontre.

Depuis le début de l’automne, c’est en réalité la diplomatie américaine qui mène le jeu, reléguant les Nations unies au second plan. La réunion de dimanche fait suite à un premier contact qui s’est tenu pendant 48 heures à Washington — initialement prévu en Floride — il y a deux semaines. Cette rencontre entre les mêmes interlocuteurs s’était également déroulée dans la plus stricte confidentialité, au point que la presse américaine n’en avait pas fait état. Massad Boulos, spécialiste de l’Afrique au sein de l’entourage de Trump, a déclaré il y a un mois au quotidien libanais An Nahar que la résolution du conflit du Sahara occidental constituait pour les États-Unis une « priorité absolue ». Depuis, il a accéléré les démarches. Fin janvier, il s’est rendu à Alger, où il a été reçu par le président Abdelmadjid Tebboune. Il sait que les autorités algériennes exercent une influence considérable sur le mouvement indépendantiste sahraoui.

Massad Boulos insiste pour que les négociations s’appuient sur la résolution 2797, adoptée en octobre par le Conseil de sécurité de l’ONU. Celle-ci considère que la proposition d’autonomie marocaine pour l’ancienne colonie espagnole est celle qui permettra de « parvenir à une solution politique finale, juste, durable et mutuellement acceptable ».

Jusqu’à il y a un mois, la proposition d’autonomie marocaine, présentée en novembre 2007, se limitait à trois pages succinctes esquissant une autonomie très éloignée de ce que représentent, en Espagne, les communautés autonomes ou, en Allemagne, les Länder. Au cours des derniers mois, Staffan de Mistura, la France et surtout les ÉtatsUnis ont pressé Rabat de donner davantage de consistance à son plan. Ce fut finalement le cas en janvier. La nouvelle offre marocaine, forte de 40 pages, a été élaborée par trois conseillers royaux — Fouad Ali El Himma, Taïeb Fassi-Fihri et Omar Azziman, ancien ambassadeur du Maroc en Espagne — avec la collaboration du directeur des services de renseignement extérieur (DGED), Yassine Mansouri, ainsi que des ministres des Affaires étrangères, Nasser Bourita, et de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit.

Selon une première évaluation des représentants américains, la proposition de Rabat demeure toutefois encore insuffisante. Une véritable autonomie accordée aux Sahraouis impliquerait une réforme de la Constitution marocaine. Dans un pays aussi centralisé que le Maroc, une telle évolution pourrait en outre susciter des revendications similaires dans plusieurs régions, à commencer par le Rif, où la dernière révolte pacifique a été écrasée en 2017 et dont quatre des principaux leaders sont toujours emprisonnés.

Malgré cela, la diplomatie marocaine œuvre depuis des années, avec succès, à rallier des soutiens à son plan d’autonomie. L’ensemble des pays de l’Union européenne l’a appuyé pour la première fois lors du Conseil d’association avec le Maroc, le 29 janvier à Bruxelles. L’Espagne avait pris les devants quatre ans plus tôt, par la lettre adressée par le président Pedro Sánchez au roi Mohammed VI. Deux démocraties, les États-Unis et la France, sont allées encore plus loin en reconnaissant la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental.

Le premier objectif de Rabat est d’obtenir le démantèlement, ou à tout le moins la réduction à sa plus simple expression, de la MINURSO, la mission des Nations unies déployée au Sahara occidental. Le Maroc espère y parvenir en avril, lors des consultations entre les États membres du Conseil de sécurité, ou au plus tard en octobre, lorsque se posera la question du renouvellement de son mandat. Les coupes budgétaires ont déjà affaibli la mission. Yusef Jedian, le Palestinien qui dirigeait depuis 2016 le bureau de liaison de l’ONU dans les camps de réfugiés sahraouis de Tindouf, dans le sud-ouest de l’Algérie, a été licencié fin novembre et ne sera pas remplacé.

L’une des missions de la MINURSO consistait à organiser le référendum d’autodétermination des Sahraouis, convenu en 1991 entre le Maroc et le Polisario sous l’égide de l’ONU. Les obstacles dressés par Rabat et le manque de fermeté de Boutros Boutros-Ghali, alors secrétaire général des Nations unies, ont fait échouer cette consultation.

Le choix de Madrid pour accueillir la réunion relève d’une décision unilatérale de la diplomatie américaine, prise peut-être pour des raisons pratiques. Pour une seule journée de négociations, il ne valait pas la peine de contraindre les ministres maghrébins à se rendre jusqu’à Washington. Le ministère espagnol des Affaires étrangères n’a pas été associé à la préparation de la rencontre madrilène. Son titulaire, José Manuel Albares, profitera toutefois de l’occasion pour recevoir ce samedi, au palais de Viana, ses homologues algérien et mauritanien.

À la mi-septembre, les États-Unis avaient déjà choisi Madrid pour des négociations avec la Chine sur les droits de douane. Le ministère espagnol des Affaires étrangères avait alors facilité la tenue de la réunion au palais de Viana, en plein centre de la capitale. Après avoir été reçus par le ministre José Manuel Albares, le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, et le vice-premier ministre chinois, He Lifeng, s’y étaient retrouvés face à face.

Ce dimanche, le Maroc et le Front Polisario s’apprêtent donc à négocier à Madrid l’avenir du Sahara occidental sous la houlette des représentants du président Donald Trump, selon des sources diplomatiques proches de la réunion. L’Algérie et la Mauritanie seront également présentes à la table des discussions.

Croyez moi, c'est pas toujours "le Chien aboie, la Caravane passe" il est parfois nécessaire de descendre de la Caravane et bien corriger le chien avant de continuer...
La facture salée du Polisario: l'ex-ministre algérien Nour-Eddine Boukrouh réclame des milliards au Maroc
Des experts avaient estimé l’engagement financier algérien dans cette affaire à 500 milliards de dollars, de quoi relier l’Algérie à la Chine par un tunnel sous-marin !

L’ancien ministre algérien Nour-Eddine Boukrouh a suscité une vive polémique en proposant que le Maroc indemnise l’Algérie pour les décennies de financement du Front Polisario. Cette demande, formulée dans l’hypothèse d’une victoire du plan d’autonomie marocain, est perçue par certains observateurs comme un aveu du coût exorbitant du conflit pour Alger.

C’est une proposition inédite qui agite la sphère politique maghrébine. Nour-Eddine Boukrouh, ancien ministre et figure de la scène politique algérienne, a plaidé publiquement pour que le Maroc verse des réparations financières à l’Algérie en contrepartie des sommes engagées depuis cinquante ans pour soutenir le Front Polisario.

Dans une tribune publiée sur ses réseaux sociaux, M. Boukrouh part de l’hypothèse où l’option d’autonomie sous souveraineté marocaine serait définitivement imposée par la communauté internationale, notamment les États-Unis. Dans ce scénario de « dénouement », il estime que le Polisario et l’Algérie devraient exiger l’inscription de la dette financière à l’ordre du jour des négociations.

Qualifiant les dépenses algériennes de « fortune de  Qârûn » — une référence coranique désignant des richesses incommensurables — l’ancien responsable a décrit ces fonds non comme de simples aides, mais comme des « actes financiers entre deux États » et des « flux étalés sur cinquante ans ».

Le président algérien Abdelmajid Tebboune a reconnu officiellement que l’Algérie a «gaspillé beaucoup d’argent, la fortune de Qârûn, des milliards de dollars, qui sont partis en fumée» dans l’affaire du Sahara marocain.

En vérité, Coré [Qarûn] était du peuple de Moïse mais il était empli de violence envers eux. Et Nous lui avions donné de trésors dont les clefs pesaient lourd à toute une bande de gens forts. Son peuple lui dit : "Ne te réjouis point ! Car Allah n’aime pas les arrogants.

C’est la première fois qu’un haut responsable algérien, sans indiquer le chiffre approximatif de l’engagement algérien dans cette affaire, fait une révélation de cette importance sur l’ampleur financière et la dimension de l’implication algérienne dans ce dossier, en «milliards de dollars».

Des experts avaient estimé l’engagement financier algérien dans cette affaire à 500 milliards de dollars, de quoi relier l’Algérie à la Chine par un tunnel sous-marin !



Commentaires


bottom of page