Exclusif - Un «j’aime», un "commentaire", un "partage"... c’est 5 ans de prison en Algérie. [Décryptage] By- Gherrabi Mohammed

Un "j'aime", un "commentaire", un "partage" peuvent conduire à la prison en Algérie.
Un simple clic peut-il vous conduire en prison ? En Algérie, la réponse est affirmative.
Ce qui paraît être un geste anodin sur les réseaux sociaux – un simple "Like" ou un partage – s'est métamorphosé en un véritable piège judiciaire pour de nombreux citoyens, y compris des cadres, des ingénieurs et des professeurs d'université.
Dans cette vidéo, nous analysons un phénomène préoccupant qui secoue le web algérien. Récemment, le célèbre avocat algérien, Maître Nadjib Bitam, a fait sensation sur les plateaux de télévision en dévoilant que certains internautes ont été condamnés à des peines de 3 à 5 ans de prison ferme.
Leur tort ?
Avoir aimé ou partagé, parfois par accident ou en toute "bonne foi", des publications de pages ou de personnes que l'État algérien considère comme terroristes.
Comment les services de sécurité (DRS) en Algérie surveillent-ils vos mentions "J'aime" ?
Quelle est la limite légale entre la liberté d'expression et l'accusation d'"apologie du terrorisme"?
Et surtout, comment vous protéger lors de vos interactions sur Facebook, TikTok ou X?
"Facebook vient d'un pays [USA] qui ne nous veut pas de bien" avait annoncé, Abdelmadjid Tebboune.
Mais l'une des raisons de la réticence de Tebboune à utiliser cette technologie est qu'il se méfie profondément de l'internet.
Par le passé, Tebboune avait indiqué qu'Internet était un "projet de la CIA" - l'agence de renseignement américaine - et a appelé les algériens à ne pas utiliser les réseaux sociaux et internet car il pense que les Américains surveillent toutes les informations.
Abdelmadjid Tebboune avait même mis en garde les algériens contre les dangers de Facebook.
Omar Boussag est membre du collectif de défense des détenus du Hirak et d'une section locale de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'homme, aujourd'hui dissoute.

Il a été poursuivi pour « outrage à corps constitué » et « incitation à un attroupement non armé », en vertu des articles 100 et 146 du Code pénal, pour avoir publié le 7 mai 2021 sur Facebook un message relatif à un mouvement social. Le 26 février 2024, Boussag a été condamné par contumace à six mois de prison. Il a été rejugé en juillet 2024 et condamné à une amende.
Sétif: Un avocat engagé condamné pour une publication sur Facebook

Maître Gharbi Mounir vient d'être condamné à 3 ans de prison, dont 2 ans ferme, par le tribunal correctionnel de Sétif pour une publication sur sa page Facebook. Cette nouvelle condamnation s'inscrit dans un parcours déjà marqué par des poursuites judiciaires liées à son engagement.
Le verdict est tombé le 16 février 2025 : trois ans de prison, dont deux ferme, et une amende de 200 000 dinars. Une sentence qui ravive le souvenir des poursuites de 2022, lorsque cet avocat du barreau de Sétif, membre actif du collectif de Défense des détenus d'opinion, avait déjà fait l'objet d'une procédure judiciaire.
Répression des libertés en algérie, des rapports accablants

La junte militaire algérienne a maintenu la fermeture de l’espace civique et réprimé sévèrement les droits à la liberté d’expression, de réunion pacifique et d’association. Elle a continué d’écraser l’opposition pacifique en utilisant des accusations infondées de «terrorisme», notamment contre des militant·e·s politiques, des journalistes, des syndicalistes et des défenseur·e·s des droits humains. Elle a durci la peine encourue pour sortie illégale du territoire algérien et instauré une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement pour aide à la sortie illégale du territoire.

La junte militaire algérienne n’a pas enquêté sur des allégations de torture et d’autres mauvais traitements. La société civile a recensé 48 féminicides; le pays ne tenait toujours pas de statistiques officielles exhaustives sur les violences liées au genre.

La situation des droits de l’homme en Algérie s’est détériorée au cours de l’année en raison d’une répression accrue, notamment de la liberté d’expression et d’association.

Parmi les problèmes importants en matière de droits de l’homme, on peut citer des informations crédibles faisant état de disparitions, de torture ou de peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, d’arrestations et de détentions arbitraires, de graves restrictions à la liberté d’expression et à la liberté des médias, notamment de violences ou de menaces de violence contre des journalistes, d’arrestations et de poursuites injustifiées contre des journalistes et de censure, de restrictions à la liberté religieuse, de traite des êtres humains, notamment de travail forcé, et de violences ou de menaces contre des militants syndicaux ou des membres de syndicats.

Des rapports récents indiquent une détérioration de la situation des droits de l'homme en Algérie, avec un accent sur une répression accrue de la liberté d'expression et d'association, qui se manifeste par des arrestations et un silence imposé sur la contestation. Cette répression ne se limite pas à la violence physique mais inclut aussi un effacement symbolique de la contestation, visant à légitimer l'autoritarisme et à nier la pluralité des voix, selon Courrier international.

Le gouvernement a pris des mesures pour enquêter, poursuivre ou sanctionner les fonctionnaires responsables de violations des droits humains. La Direction générale de la sécurité nationale a mené des enquêtes sur des allégations de mauvais traitements et a pris des mesures administratives contre les agents qu'elle considérait comme ayant commis des abus. Le ministère de la Justice a signalé plusieurs poursuites ou condamnations de fonctionnaires civils, de sécurité ou militaires pour mauvais traitements. L'impunité des policiers et des agents de sécurité demeure un problème.

Répression de la liberté d'expression :
Le gouvernement met en place une stratégie de répression qui vise à étouffer les voix dissidentes, même au-delà de l'incarcération physique.
Silence organisé :
L'incarcération de détenus d'opinion s'accompagne d'une stratégie visant à les rendre hors du champ médiatique, afin d'empêcher l'identification de la société à leurs luttes et de renforcer la mainmise du pouvoir sur le récit national.
Effacement symbolique :
La répression vise à rendre la contestation illégitime et à nier la pluralité des idées, condamnant à l'oubli ceux qui pensent différemment.
Autoritarisme :
La combinaison de violence physique et d'effacement symbolique témoigne d'un modèle de répression globale qui caractérise l'autoritarisme du régime.
Les principaux rapports sur les droits humains pour l'Algérie en 2024 proviennent d'organisations comme Amnesty International et Human Rights Watch, qui soulignent un recul de l'espace civique et des violations des droits, notamment la répression de l'opposition pacifique, l'augmentation de la criminalisation des militants et la déportation de réfugiés. L'ONU a également fait part de préoccupations par le biais de Rapporteurs spéciaux, notamment sur les restrictions aux libertés fondamentales et la criminalisation des défenseurs des droits humains, a indiqué ohchr.




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