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Les sources d'Oum Errabiâ - On ne fait pas 2 fois la même erreur, si on la comprend!... By- Mohammed Gherrabi

il y a 14 minutes
3 min de lecture
Habiter et construire dans des zones où l'eau peut revenir en puissance soulève des questions techniques, juridiques, financières et éthiques.

À la mi août 2026 et suite d'un violent orage ayant provoqué une montée subite des eaux au niveau des sources d'Oum Errabiâ, les autorités locales sont intervenues de manière préventive pour évacuer les habitants et les estivants présents sur les lieux. Une opération menée pour protéger les vies et les biens face aux crues soudaines provoquées par les fortes précipitations.

L'orage a provoqué la crue de l'oued qui traverse la région mettant en danger des centaines voir des milliers d'estivants qui visitent les lieux très courus de ses cascades d'Oum Errabiâ

On ne fait pas deux fois la même erreur, sauf si on ne la comprend pas
La tendance à répéter les mêmes comportements fait partie de la psychologie humaine. Il peut être difficile de changer ces vieilles habitudes et cela peut prendre du temps.

Il paraît que les résidents et commerçants des sources d'Oum Errabiâ n'ont pas tiré les leçons nécessaires, car après la montée soudaine des eaux, l'occupation illégale du domaine public forestier et hydraulique reprend vigoureusement -voir photos ci-dessous-. Des constructions sont réalisées sans autorisation légale, compromettant l'esthétique de ce site touristique emblématique. Au lieu de profiter de la vue sur les sources, la montagne et la nature environnante, les visiteurs seront confrontés à un danger d'inondation et à un désordre visuel dépourvu d'harmonie.

La mémoire de l’eau: Le fleuve Oum Errabiâ revendique périodiquement ses limites
Le fleuve trouve son origine dans les hauteurs du djebel Hayane, à 1 800 mètres d'altitude dans le Moyen Atlas, au sein de la commune rurale d'Oum Errabiâ, située à 40 km de Khénifra et à 26 km de M'rirt. Il se jette dans l'océan Atlantique au niveau de la commune d'Azemmour.

Lancer un projet de construction à proximité d'un cours d'eau suscite souvent de l'intérêt en raison de la beauté des paysages environnants. Néanmoins, bâtir une maison ou un commerce près d'une rivière pose de nombreuses questions sur la réglementation et les aspects techniques. Les normes de construction varient selon l'emplacement, principalement pour minimiser les risques d'inondation et préserver l'écosystème fragile des rivières.

Les textes officiels, comme le Code de l’urbanisme et le Code de l’environnement, imposent des restrictions précises. Ils requièrent aussi le respect de distances réglementaires pour créer une zone de protection riveraine. L'objectif principal est de prévenir les risques naturels et de préserver le patrimoine écologique des milieux aquatiques.

Pourquoi le sujet importe aujourd’hui

Les inondations se produisent de plus en plus souvent et de façon imprévisible dans de nombreuses régions, en raison du changement climatique et de l'artificialisation des sols. L'expansion urbaine a envahi des zones autrefois exemptes de constructions, augmentant ainsi les risques ainsi que les coûts humains et matériels.

Aucune construction ne peut commencer sans les autorisations administratives, particulièrement dans un secteur aussi sensible que celui-ci.

Édifier sur un terrain potentiellement inondable nécessite d'analyser divers mécanismes pouvant affecter les structures : les poussées hydrostatiques, la portance du sol, l'érosion des fondations et les risques d'instabilité des pentes.

En plus de la réglementation, plusieurs facteurs influencent la faisabilité d’un projet immobilier le long d’une rivière. Le statut juridique des rives est essentiel, car les berges n'appartiennent pas toujours au propriétaire du terrain adjacent. Certaines sont intégrées au domaine public fluvial ou soumises à une servitude particulière qui précise les conditions d’utilisation ou d’entretien.

Au Maroc, les rives des cours d'eau font partie du domaine public hydraulique, ce qui signifie qu'elles ne peuvent pas être possédées par des particuliers. L'eau est considérée comme un bien public, et son utilisation est régie par des règlements visant à garantir sa protection et sa préservation. L'entretien des cours d'eau et de leurs rives est une responsabilité de l'État, qui est le propriétaire du domaine public fluvial.

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