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Les effets invisibles des réseaux sociaux sur la construction de l'ego et ses dangers réels... By- Mohammed Gherrabi

il y a 4 minutes
7 min de lecture
Les créateurs de contenus doivent pleinement prendre conscience de l’impact qu’ils exercent dans une démarche éthique et responsable.

Depuis l'apparition des smartphones et l'émergence du web 2.0 avec des plateformes telles que Facebook, Twitter, Snapchat, Instagram, Google Maps et Tripadvisor pour les avis, les moyens de communication sont devenus plus variés et intenses que jamais.

Malgré la multitude de moyens de communication disponibles aujourd'hui, il faut reconnaître qu'il n'y a jamais eu autant de critiques concernant cette évolution excessive. Qui n'a jamais entendu un quinquagénaire se lamenter au sujet de la génération Y, constamment connectée, en train de tweeter et de partager des photos pendant les repas, et incapable de se concentrer plus de deux minutes sur une tâche ?

Mais en dehors des excès que l'exposition aux réseaux sociaux peut engendrer, quelles sont les conséquences de cette hyper connectivité sur les relations sociales ? Le numérique a-t-il vraiment aidé à améliorer la communication entre les individus et les organisations ? C'est ce que nous allons analyser maintenant.

Le rôle des réseaux sociaux dans la construction de l'ego

À une époque où chaque "like" fonctionne comme un petit miroir, les réseaux sociaux jouent un rôle clé dans la construction de l'ego des Tiktokeurs, Youtubeurs, Facebookers... Entre quête d'identité, besoin d'appartenance et pression de l'image, cet univers numérique redéfinit les règles du jeu émotionnel. Découvrez comment ces plateformes influencent l'estime de soi, façonnent les comportements et offrent aussi des opportunités inattendues pour se développer.

La construction de l'ego
Le streaming en direct s’est imposé comme un phénomène mondial. Des millions de spectateurs se connectent chaque jour sur Twitch, YouTube Live, Kick ou TikTok pour suivre leurs créateurs préférés. Mais derrière l’image glamour du streamer qui vit de sa passion, se cache une réalité plus complexe. Pressions, dépendances, exposition médiatique et modération insuffisante: le live streaming soulève de vrais enjeux, autant pour les créateurs que pour le public, en particulier

Le développement de l'ego est un processus continu qui mêle exploration, essais et erreurs, influence sociale et introspection. Sur les réseaux sociaux, l'utilisateur est confronté à une version amplifiée de lui-même : photos retouchées, commentaires instantanés, et statistiques visibles transforment chaque interaction en un retour d'information direct. Ce phénomène engendre une certaine dépendance au regard des autres, car l'utilisateur apprend à se définir à travers les réactions extérieures. Le mot essentiel ici est influence : les contenus qu'il consomme modèlent ses valeurs, ses aspirations et parfois ses insécurités. Il ne s'agit pas seulement d'exposition, mais d'une véritable pédagogie sociale où le like devient une unité de mesure de la valeur.

Pour saisir ce mécanisme, il est crucial de différencier le soi privé du soi public. Dans la vie quotidienne, une personne peut expérimenter une idée au sein d'un cercle limité ; sur une plateforme numérique, chaque essai peut être observé par des centaines voire des milliers de personnes. Cette visibilité transforme l'expérimentation en une performance. Les utilisateurs oscillent entre authenticité et stratégie afin d'obtenir approbation et reconnaissance. Le besoin essentiel d'appartenance est amplifié par les algorithmes qui privilégient les contenus engageants et sensationnels. Cela crée un cycle dans lequel l'ego s'ajuste en temps réel aux réactions sociales, parfois au détriment de sa cohérence interne.

Les responsabilités des plateformes de streaming

Des plateformes telles que Twitch, Kick ou YouTube Live occupent une place centrale dans cet écosystème. Cependant, leur responsabilité est de plus en plus critiquée.

La modération des contenus

De nombreux drames récents ont mis en lumière le manque de contrôle en temps réel. Des contenus inappropriés, comme la violence, les discours haineux et les jeux d'argent, parviennent à être diffusés malgré les règles existantes. Les plateformes promettent des améliorations, mais le défi reste immense : comment modérer des millions d'heures de diffusion en direct chaque jour ?

Il y a une source infinie de manipulation qui repose pourtant sur notre liberté intérieure : elle s'appelle égo, orgueil, vanité.

Les réseaux sociaux fonctionnent à la fois comme un amplificateur et un reflet de l'ego, transformant la recherche de reconnaissance en une économie de l'attention. Le principal instrument de manipulation n'est ni les fausses informations, ni les algorithmes, ni les plateformes sournoises. C'est notre propre ego, comme on peut le voir quotidiennement sur les réseaux sociaux.

Compétition acharnée pour émerger entre égos hypertrophiés... Les classements d’influenceurs : le piège à vanité

Les réseaux sociaux regorgent donc de ces profils dominants – qu’on retrouve aussi très souvent parmi les influenceurs, puisqu’il faut bien parler souvent pour avoir une chance d’émerger.

Cependant, une autre catégorie d'acteurs émerge également sur les réseaux sociaux : ceux qui cherchent à tirer parti des influenceurs et à utiliser leur aura à leur propre bénéfice. Cela inclut certaines marques, agences de communication ou de relations publiques, et surtout une multitude de "wannabies [Personne qui aspire à être quelqu'un ou à accomplir quelque chose, mais qui manque des qualités ou du talent nécessaires.]" qui convoitent le gâteau du «personal branding».

Le "personal branding" est une pratique délibérée visant à influencer la perception des autres en communiquant de manière cohérente vos compétences, valeurs, personnalité et expertise dans les espaces publics et numériques. Cela aligne votre identité avec votre présentation, aidant à établir la confiance, la visibilité et la crédibilité professionnelle dans un environnement concurrentiel.

Elle est particulièrement efficace sur les réseaux sociaux, qui sont le terrain principal de cette quête d'attention. Les réseaux sociaux sont les endroits privilégiés de cette lutte intense pour se démarquer parmi des égos surdimensionnés.

La mise en scène de soi

Les plateformes incitent chaque utilisateur à jouer le rôle de metteur en scène de sa propre existence, favorisant ainsi le narcissisme et la quête d'admiration. Les "j'aime", les partages et le nombre d'abonnés activent directement le circuit de la récompense, reliant l'estime de soi à des indicateurs quantitatifs de popularité. L'exposition à des vies idéalisées affaiblit l'identité et nourrit un sentiment constant d'insatisfaction ou de décalage.

L'ego en tant qu'instrument de manipulation

Les algorithmes encouragent les égos démesurés et la quête excessive de visibilité, transformant l'espace en une compétition où chacun veut surpasser les autres. En quête de réconfort externe pour pallier un manque de confiance en soi, l'individu devient prisonnier de la validation numérique.

Les effets sur le lien social

Bien que nous bénéficions d'une connectivité mondiale inégalée, le sentiment d'isolement et le repli sur soi atteignent des niveaux inédits. La communication ne vise plus à interagir avec autrui, mais à s'observer à travers le miroir que renvoie la communauté.

L'influenceur, un acteur économique à part entière... Le cadre juridique flou de l'influence en ligne

Au Maroc, le statut légal des influenceurs n'est pas encore bien défini. Tantôt considérés comme des travailleurs autonomes, tantôt comme des micro-entrepreneurs, ils évoluent dans un cadre flou. Cette incertitude engendre des problèmes, surtout en matière de fiscalité.

Dans l'univers scintillant des réseaux sociaux, les influenceurs règnent en maîtres. Mais derrière les filtres et les sourires se cache une réalité juridique complexe.

Les influenceurs ne se contentent plus d'être de simples utilisateurs des réseaux sociaux. Ils sont désormais de véritables entrepreneurs dont l'activité principale est de promouvoir des produits ou services auprès de leur audience. Cette transformation s'accompagne d'une responsabilité juridique accrue, notamment en ce qui concerne le droit commercial et le droit de la consommation.

France - Les obligations légales des influenceurs en matière de publicité

La transparence est essentielle dans les collaborations commerciales des influenceurs. La législation exige que le caractère publicitaire d'une publication soit clairement indiqué. Bien que l'utilisation de hashtags tels que #ad ou #sponsorisé soit devenue courante, cela n'est pas toujours jugé suffisant par les autorités.

Le manquement à cette obligation peut conduire à des sanctions strictes. L'Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité (ARPP) ainsi que la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) surveillent attentivement et n'hésitent pas à imposer des amendes importantes aux contrevenants.

La responsabilité de l'influenceur en cas de produits défectueux

Que se passe-t-il si un produit promu par un influenceur est défectueux ou dangereux? Cela soulève la question de la responsabilité liée aux produits défectueux. Même si l'influenceur n'est pas habituellement le fabricant, il peut être vu comme un intermédiaire dans la chaîne de distribution.

La jurisprudence n'est pas encore établie sur ce sujet, mais certaines décisions suggèrent que l'influenceur pourrait être considéré comme responsable s'il a activement participé à la promotion du produit, notamment en louant des qualités inexistantes ou en réduisant l'importance de risques connus.

France - Dérives des influenceurs

La DGCCRF a relevé des infractions chez la moitié des célébrités contrôlées, et certaines pourraient faire l'objet de poursuites. Parmi plus de 300 influenceurs examinés entre 2022 et 2023, la DGCCRF a identifié des anomalies chez la moitié d'entre eux, allant de pratiques commerciales trompeuses à des infractions plus graves, pouvant mener à des poursuites pénales.

Face aux abus des influenceurs, la répression des fraudes affirme prendre des mesures. Dans un rapport publié, la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF) indique avoir vérifié plusieurs centaines d'influenceurs sur les réseaux sociaux entre 2022 et 2023, découvrant des « anomalies » chez la moitié d'entre eux.

En 2022, 98 influenceurs ont été contrôlés, et ce chiffre est monté à 212 en 2023. Cette augmentation coïncide avec la multiplication des polémiques durant cette période et l'adoption de la loi sur les influenceurs, qui réglemente plus strictement les pratiques commerciales des célébrités du net. «Petit à petit, nous montons en compétences sur ces enjeux-là, et nous avons intensifié nos contrôles», déclare Marie Suderie, porte-parole de la DGCCRF, au Parisien.

La DGCCRF a essentiellement observé des « pratiques commerciales trompeuses », où les créateurs de contenu n'ont pas indiqué le caractère commercial de leurs publications ou n'ont pas clairement identifié les marques avec lesquelles ils travaillaient.

L'encadrement de l'influence commerciale

Depuis juin 2023, une législation régule l'influence commerciale sur les réseaux sociaux afin de prévenir les abus des influenceurs. Elle exige notamment la transparence concernant les partenariats, interdit certaines pratiques risquées, telles que la promotion de régimes dangereux, et rend obligatoire la mention des images retouchées.

Plusieurs acteurs, tels que le Collectif Meer et le syndicat des influenceurs (UMICC), réclament des mesures additionnelles. "Il est essentiel que les créateurs traitent les questions de protection de l'enfance avec responsabilité et transparence", souligne Bénédicte de Kersauson, déléguée générale de l'UMICC.

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