La dépouille de Jose Eduardo dos Santos remise à sa veuve et rapatriée en Angola


Le corps de l’ex-président angolais José Eduardo dos Santos sera remis à sa veuve pour être rapatrié et inhumé en Angola, a décidé un tribunal de Barcelone (nord-est de l’Espagne) dans un arrêt rendu public mercredi 17 août.

Un tribunal espagnol a décidé que le corps de l'ex-président angolais José Eduardo dos Santos, décédé le mois dernier à Barcelone (nord-est de l'Espagne), devait être remis à sa veuve pour être rapatrié et inhumé en Angola.

Le sort de la dépouille de l'ancien chef de l'Etat est au centre d'un bras de fer juridique entre sa veuve Ana Paula Cristovao dos Santos et l'une de ses filles, Welwitschea "Tchizé" dos Santos, 44 ans, depuis son décès le 8 juillet, surtout dans l'optique des élections du 24 août en Angola.

Mais l'avocate de "Tchizé" dos Santos a aussitôt annoncé dans un communiqué que sa cliente ferait appel de cette décision de justice, le tribunal qui a statué n'étant, selon elle, pas compétent pour se prononcer. L'appel sera déposé très prochainement devant le même tribunal qui a pris la décision en faveur de la veuve de l'ex-président.

Dans son arrêt, daté de mardi, le Tribunal supérieur de Justice de Catalogne (TSJC) affirme avoir reçu le même jour les résultats de l'autopsie pratiquée sur la dépouille de José Eduardo dos Santos et indique que celle-ci a confirmé qu'il s'agissait d'une "mort naturelle", due à une "insuffisance cardio-respiratoire chronique".

Pour justifier sa décision de remettre la dépouille à sa dernière épouse, le tribunal souligne notamment que "les dépenses de logement du défunt étaient prises en charge par le gouvernement angolais" et qu'il "avait reçu des visites de responsables angolais alors qu'il se trouvait à Barcelone".

Jose Eduardo dos Santos, qui avait dirigé l'Angola sans partage de 1979 à 2017, était décédé à l'âge de 79 ans dans une clinique de Barcelone, où il avait été hospitalisé après un arrêt cardiaque le 23 juin. Son placement en soins intensifs avait révélé de très vives tensions au sein de la famille entre sa dernière épouse, Ana Paula, une ex-hôtesse de l'air de 18 ans sa cadette, et "Tchizé" dos Santos, 44 ans, née du premier mariage de l'ancien président.

Cette dernière avait ainsi porté plainte en Espagne quelques jours avant le décès de son père pour "tentative d'homicide". Elle accusait le médecin personnel de son père et sa dernière épouse d'être responsables de la détérioration de son état de santé. Jugeant le décès "suspect", elle avait ensuite obtenu de la justice qu'une autopsie soit pratiquée.

"Depuis leur séparation en 2017 et jusqu'au mois d'avril dernier, Ana Paula n'avait pas rendu visite" à son mari à Barcelone, avait également assuré "Tchizé" dos Santos dans un communiqué publié par ses avocats.

Elle était surtout opposée au retour de la dépouille de son père en Angola, affirmant qu'il souhaitait "être enterré dans l'intimité en Espagne", où il vivait depuis 2019, et non dans son pays "avec des funérailles nationales qui pourraient favoriser le gouvernement actuel" du président Joao Lourenço lors du scrutin du 24 août, selon un communiqué de ses avocats.

Joao Lourenço, qui avait été choisi par José Eduardo dos Santos pour lui succéder, briquera un deuxième mandat lors de ce scrutin, qui s'annonce difficile pour lui, selon les experts, beaucoup d'Angolais se montrant déçus par sa politique économique. "Tchizé" dos Santos semble craindre que des funérailles nationales pour son père soient instrumentalisées par le pouvoir.

Bien que choisi par dos Santos pour lui succéder, Joao Lourenço avait lancé dès son arrivée au pouvoir une vaste campagne contre la corruption ciblant la famille de son prédécesseur.La campagne avait notamment visé une sœur de "Tchizé", Isabel, surnommée "la Princesse" et considérée comme la femme la plus riche d'Afrique, mais aujourd'hui traquée par les juges.

"Mon cœur pleure en silence", a commenté Isabel dos Santos sur son compte Instagram en réaction à la décision du tribunal. Mais la bataille juridique n'est apparemment pas terminée.

Né dans un bidonville de la capitale Luanda, José Eduardo dos Santos était soupçonné d’avoir détourné les ressources de son pays en favorisant sa famille et ses proches. Une autre de ses filles, Isabel, est considérée comme la femme la plus riche d’Afrique.


11 vues0 commentaire