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Au Maroc, la notion de martyr a une signification profonde qui va au-delà d'une simple comptabilisation numérique, mettant l'accent sur le témoignage de la foi et le sacrifice ultime pour la nation.

Dernière mise à jour : il y a 15 minutes

Khénifra célèbre le 105e anniversaire du décès de son martyrs avec des célébrations spéciales. Ces célébrations honorent la mémoire des martyrs et leur exemple de foi et de courage.

Khénifra célèbre le 105ème anniversaire de la disparition du martyr Mouha Ou Hammou Zayani  [appartient au puissant clan des Imhazane (tribu Ayt Harkat)], un événement historique marquant la lutte du peuple pour l'indépendance et la défense des valeurs sacrées du Royaume, que le martyr Mouha Ou Hammou Zayani a honoré de façon exemplaire voire héroïque. Cette commémoration, souligne l'importance de la résistance nationale et de la lutte contre le colonialisme. Les célébrations incluent des hommages à la tombe du héros et des événements commémoratifs pour honorer les sacrifices des résistants et transmettre ces valeurs aux générations futures.

Une occasion aussi de se remémorer les épopées héroïques de la lutte pour la liberté et l'indépendance du Maroc, ainsi que de rendre hommage aux héros et martyrs ayant écrit par leur sang des pages glorieuses de l'histoire du Royaume.

Le concept de martyr en Islam est profondément ancré dans la foi et la spiritualité musulmanes. Selon le Coran, les martyrs ne meurent jamais ; ils sont considérés comme vivants auprès de leur Seigneur. Ceux qui meurent pour la cause d'Allah, qu'ils soient tués au combat ou par d'autres causes, sont également considérés comme des martyrs. Le Prophète Muhammad a dit : « Ne dites pas que ceux qui sont tués dans la voie de Dieu sont morts. Non, ils sont vivants ; mais vous ne le comprenez pas » (Coran II. 149). Les martyrs sont au nombre de cinq : celui qui succombe à la peste, celui qui meurt d’une maladie du ventre, celui qui meurt noyé, celui qui meurt sous des décombres et celui qui est tué dans la voie d’Allah. Ce statut souligne l'importance du sacrifice et de la bravoure dans la foi musulmane. 
Khénifra commémore ses martyrs, honore leur sacrifice et leur bravoure

Cette année, le Haut-commissariat aux anciens résistants et anciens membres de l’armée de libération célèbre cette date historique dans la commune d’Aguelmam Azegza (province de Khénifra) par le biais d'une série d'activités qui soulignent le sens profond du militantisme, de la bravoure et du sacrifice de feu Moha Ou Hammou Zayani face à l'armée de l'envahisseur étranger, ainsi que le rôle de la résistance dans le Moyen-Atlas pour libérer le Maroc du joug colonial.

Moha Ou Hammou Zayani est un héros indéniable de la bataille d’El Hri, qui restera à jamais gravée dans la mémoire collective des Marocains, en particulier des tribus Zayanes et des communautés voisines du Moyen Atlas.

L'homme a gravé son nom en lettres d'or dans l'histoire du Royaume en s'opposant aux forces coloniales qui cherchaient à conquérir à tout prix la région du Moyen Atlas, et plus précisément la ville de Khénifra, après avoir établi leur domination sur les plaines et les grandes villes du Royaume en 1914.

Cette région, qui a vigoureusement résisté à l'armée coloniale, a été le théâtre de nombreuses campagnes militaires, toutes infructueuses pour mettre un terme à la résistance menée par Moha Ou Hammou Zayani, une figure emblématique de la lutte armée contre les forces coloniales.

La célébration du 105ème anniversaire de sa disparition offre ainsi une opportunité de se souvenir des exploits et des sacrifices réalisés par les courageux combattants marocains au service de la liberté, de l'indépendance et de l'unité territoriale.

C'est également un geste de reconnaissance et de respect envers les combattants marocains qui sont tombés au champ d'honneur en défendant la patrie, ses valeurs religieuses, ses constantes nationales, ainsi que ses fondements historiques et civilisationnels.

Moha Ou Hammou Zayani est décédé en mars 1921 après avoir dédié une grande partie de sa vie à combattre les ambitions expansionnistes du colonisateur sur le territoire national, encourageant les habitants du Moyen-Atlas à se soulever et à s'unir contre l'occupant étranger.

En 1908, il s'est rendu en Chaouia pour soutenir les tribus dans leur lutte contre les forces coloniales françaises, puis il a pris la direction des plaines du Saïss où il a mené des batailles mémorables, notamment celles de Tafoudeit en avril 1912 dans la région de Zemmour, d’Agourai en mai de la même année au sud de Meknès, ainsi que les batailles de Zhiliga à Zaaer, d’Irane à Sidi Abdessalam (Beni M’tir) en 1912 et d'Ouarghouss en 1913 près de Oued Zem.

L'Histoire se souvient avec grande fierté du martyr Moha Ou Hammou Zayani, qui a réussi à unir de nombreux combattants des tribus Zayane et des régions voisines pour renforcer les rangs de la résistance nationale. Guidés par les valeurs de patriotisme, de dignité, de sacrifice et de devoir, ils ont opposé une résistance exceptionnelle au colonisateur français, qui tentait en vain d'imposer son autorité et sa domination sur Khénifra en 1914.

Cependant, l'exploit le plus remarquable de Moha Ou Hammou Zayani demeure la bataille d'El Hri, au cours de laquelle il a anéanti l'armée du colonel Laverdure et s'est emparé d'une grande partie de son arsenal militaire, comprenant plusieurs canons, mitrailleuses et fusils.

L'administration de la résidence générale du Protectorat français a essayé par tous les moyens de le convaincre, mais en vain. Sa réponse aux nombreux émissaires cherchant à le persuader était sans équivoque : "je ne regarderai les forces de la colonisation qu'à travers le viseur de mon fusil, le doigt sur la gâchette".

Militant dès le début, Moha Ou Hammou Zayani a joué un rôle crucial dans la résistance marocaine contre le colonisateur dans le Moyen-Atlas. Il a mené de grandes batailles sur les plaines et les montagnes de Khénifra ainsi qu'aux abords du fleuve Oum Er-Rbia avant de tomber au champ d'honneur lors de la bataille de Tawjgalt, le 27 mars 1921.

Il a été inhumé à Tamelaket, près de Tawjgalt, pour que sa tombe reste un symbole de ses actes de bravoure et de la lutte des vaillants résistants du Moyen-Atlas.

Pour le 105ème anniversaire de la disparition du martyr Moha Ou Hammou Zayani, la famille de la résistance et de l'armée de libération souligne l'importance de rendre hommage aux figures emblématiques de la lutte pour l'indépendance et contre l'occupation. Il est crucial de transmettre aux jeunes générations les valeurs qui ont inspiré ces figures dans leur dévouement envers la patrie et le peuple marocain, afin qu'elles participent aussi au développement d'un Maroc moderne, démocratique et nouveau.

Moha ou Hammou Zayani, héros de la résistance berbère contre l'armée coloniale française.

Il y a 112 ans, le 13 novembre 1914, l'armée coloniale dirigée par le général Hubert Lyautey a subi une défaite mémorable face aux combattants berbères sous le commandement de Moha ou Hammou Zayani, qui deviendra une figure légendaire. La bataille d'El-Hri est restée gravée dans la mémoire collective comme l'une des épopées les plus marquantes de la résistance berbère.

Tout a débuté par un discours ouvertement belliqueux du général Hubert Lyautey devant ses officiers, le 12 mai 1914 à Taza, près de Fès : « Le pays des Zaïans, dit-il, représente un grand danger pour les positions françaises. Il est de notre devoir d’éliminer les Zaïans installés sur la rive droite de l’oued Oum Errbiaa. ». Un « plan d’action » élaboré par Lyautey est confié au général Prosper Henrys. Un mois plus tard, trois colonnes dirigées par le lieutenant-colonel René Philippe Laverdure se dirigent vers Khénifra, dans le Moyen-Atlas central.

La riposte des résistants berbères est presque immédiate ce vendredi 13 novembre. Depuis les montagnes de Bou Guergour et de Bouzzal (connue sous le nom de la Montagne de Fer), les Berbères des Aït Adekhsal, Arouggou, Aït Bouhaddous et Aït Ichqirn émergent des forêts et se précipitent sur les plaines d’El-Hri, où Laverdure a déjà commencé à établir un camp. L'armée coloniale est anéantie en quelques heures : 33 officiers — dont le lieutenant-colonel Laverdure — et 650 soldats sont tués, et près de 180 blessés. Lyautey prononcera des mots sévères après cette défaite :

"Si le colonel Laverdure n’avait pas trouvé la mort dans l’affaire d’El-Hri, il méritait d’être traduit devant un conseil de guerre et condamné au châtiment le plus sévère."

Suite à cette défaite, les Français se limitent à utiliser Khénifra comme avant-poste. Cependant, Lyautey refuse de permettre que cet événement serve d'exemple à d'autres tribus. Sa nouvelle approche va au-delà de l'aspect militaire. Pour affaiblir la résistance berbère de l'intérieur, il n'hésite pas à employer tous les moyens nécessaires.

La bataille d’El Hri, une leçon de militantisme et une source d’inspiration pour les générations montantes
  • Au Maroc: La bataille d’El Hri, une leçon de militantisme et une source d’inspiration pour les générations montantes

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La défaite cuisante de l’armée de l’occupation française à El Hri a été qualifiée de vrai désastre par le Général Guillaume, un des officiers qui ont pris part à l’assaut sur le Moyen Atlas. Dans son ouvrage intitulé “les berbères marocains et la pacification de l’Atlas Central (1912-1933)’’, il écrit qu’il s’agit de la plus grande débâcle de l’armée française durant toute sa campagne en Afrique du Nord.

La bataille d’El Hri qui restera ancrée à jamais dans les annales de la mémoire nationale, est l’une des plus illustres épopées menées par les valeureux résistants du Moyen Atlas, avec à leur tête le valeureux combattant, Feu Moha Ou Hammou Zayani contre les autorités du protectorat.

Menée par Moha Ouhammou Zayani figure illustre de la lutte nationale en compagnie des habitants de Zayane et des autres tribus avoisinantes, la bataille d’El Hri reflète les valeurs de patriotisme, de bravoure et de sacrifices au service de la patrie, dont ont fait preuve les valeureux combattants marocains pour faire face aux visées expansionnistes sur le territoire national.

Les soldats survivants, blessés au combat, et les combattants qui les accompagnaient de la compagnie envoyée à Khénifra entrèrent dans la ville vers midi, légèrement devant les Berbères qui les poursuivaient, qui s'arrêtèrent pour piller les corps des Français morts. Au total, 176 (171 soldats et 5 officiers) blessés et 431 (426 soldats et 5 officiers) soldats sont revenus de la bataille en pleine préparation au combat. Les combattants restants, 623 personnes (590 soldats et 33 officiers) ont été tués. Les assaillants ont perdu au moins 182 hommes. Par branche de service, les Français ont perdu 218 tiraliers algériens et tunisiens et 125 tiraliers sénégalais, 37 hums marocains, ainsi que 210 soldats français et 33 officiers français tués. Ce fut la perte la plus grave pour les officiers de l'armée française de toute la guerre - 90% des officiers d'un groupe mobile, y compris son commandant, ont été tués ou blessés; quatre des cinq officiers blessés étaient de la cavalerie. Il s'est également avéré être le pourcentage de pertes le plus élevé de toute la guerre: les Français ont perdu 65% des troupes participant à la bataille tuées et blessées, et ont également été contraints d'abandonner 4 mitrailleuses , 630 armes légères, 62 chevaux , 56 mules , toute l'artillerie, l'équipement de marche et la plupart des effets personnels. La majeure partie a été prise par les troupes de Hamou après leur retrait dans les montagnes du Moyen Atlas. A cause de cette bataille, après avoir été qualifiée de désastre par le commandement de Lyauté et Henri, le capitaine Pierre Croll devient l'officier supérieur français de la garnison. Il compte désormais trois compagnies de tirailleurs (dont l'une est composée de soldats survivants et suffisants pour continuer le combat, de la colonne Laverdure. Ayant organisé la défense de la ville, il envoie aussitôt un télégramme à Lyot et Henri pour les informer de ce qui s'était passé; auparavant, ils n'avaient même pas deviné d'être attaqués par Laverdure. Lyauté, choqué par ce qui s'était passé, a exprimé l'opinion que cette défaite pourrait entraîner la perte de tout le Maroc.

La rente mémorielle: Les "5 630 000" martyrs algériens sont ressuscités pour voter Tebboune... L'Emir Abdelkader en personne

La guerre d’Algérie, aussi connue sous le nom de Révolution algérienne ou guerre de libération nationale, a opposé des groupes nationalistes algériens, principalement le Front de Libération Nationale (FLN), à la France, qui tenait l’Algérie comme un de ses départements depuis 1830.

Concernant les estimations des pertes humaines, elles fluctuent selon les critères utilisés pour les calculer. Les archives françaises et algériennes, ainsi que les travaux des historiens, offrent des perspectives différentes :

  • Les chiffres officiels français évoquent souvent environ 400 000 morts, incluant civils et militaires des deux côtés.

  • En Algérie, les estimations sont généralement plus élevées, avec des chiffres souvent cités jusqu’à 1,5 million de morts, bien que ce nombre soit parfois contesté par des chercheurs comme excessif et insuffisamment documenté.

Il est également important de prendre en compte les victimes civiles, qui ont souffert des effets des combats et des répressions massives. Les déplacements de populations et les exactions ont aussi laissé des séquelles profondes dans la société algérienne.

En somme, la guerre d’Algérie reste un conflit marquant de l’histoire contemporaine par son intensité et ses répercussions humaines et politiques longues. L’établissement d’un bilan précis est compliqué par le manque d’archives accessibles et les différences de méthodologie dans les recherches historiques.

Depuis plus de soixante ans, l’Algérie gouverne à travers le souvenir sacralisé de la guerre de libération. Cette rente mémorielle sert d’outil politique pour étouffer les critiques, nourrir l’hostilité envers l’extérieur et détourner l’attention des crises internes.

En octobre 2021, le président français Emmanuel Macron avait déclenché la colère d’Alger après des propos accusant le système «politico-militaire» algérien d’entretenir une «rente mémorielle» en servant à son peuple une «histoire officielle» qui «ne s’appuie pas sur des vérités». M. Macron avait questionné l’existence d’une nation algérienne avant la colonisation française. Il a également contesté l’existence d’une Nation algérienne avant l’arrivée de la colonisation française en 1830, s’interrogeant « Est-ce qu’il y avait une nation algérienne avant la colonisation française ? » 

Macron a prétendu qu’il « y avait une colonisation avant la colonisation française » de l’Algérie, allusion faite à la présence ottomane dans le pays entre 1514 et 1830.

Et le président français de poursuivre ses allégations : « Moi, je suis fasciné de voir la capacité qu’a la Turquie à faire totalement oublier le rôle qu’elle a joué en algérie et la domination qu’elle a exercée. Et d’expliquer qu’on est les seuls colonisateurs, c’est génial. Les Algériens y croient. »

Pour le président algérien Abdelmadjid Tebboune, les «déclarations de Macron constituent une atteinte inacceptable à la mémoire de 5 6OO OOO martyrs qui ont consenti le sacrifice suprême, à travers une résistance courageuse contre la colonisation française

C’est l’estimation la plus élevée à ce jour, mais sans doute la plus fantaisiste, alors que les Algériens avancent le plus souvent le nombre de 1 5OO OOO, ou un million, jamais une donnée intermédiaire. Le régime algérien a imposé ce nombre sans s’en expliquer, comme s’il s’agissait d’une évidence. L’historien français Guy Pervillé, spécialisé dans les questions algériennes, a opté par exemple pour un nombre compris entre 3OO OOO et 4OO OOO victimes.

Toutes ces données statistiques permettent une imposante conclusion : les historiens connaissant les conditions du déroulement de la guerre d’algérie (actions combatives d’importance limitée, faibles effectifs mobilisés par les algériens, l’ampleur peu considérable des conflits signalés), il est absolument impossible d’admettre le nombre d’un million de victimes (et a fortiori un million et demi), et même un nombre approchant. Encore moins le chiffre propagandiste de 5 63O OOO martyrs.

Cependant;, serrer la réalité de beaucoup plus près en s’appuyant sur des données statistiques réclame d’avancer qu’il n’existait aucun dénombrement officiel de la population algérienne avant le référendum de 1962 et les recensements de 1966 et 1977. Aussi, les données chiffrées démontrent que les effectifs de l’armée de libération n’ont jamais dépassé 49 OOO hommes, donnée extraite d’ouvrages historiques français, confirmée par les sources officielles. Les historiens estiment que les pertes totales algériennes ne peuvent dépasser 3OO OOO, un chiffre confirmé par le leader historique du FLN assassiné en 1970, Krim Belkacem, ainsi que le spécialiste Bernard Droz.

L’inflation victimaire: de 1 500 000 martyrs à 5 630 000 martyrs... Une marge d'erreur plus étroite indique une estimation plus précise, tandis qu'une marge d'erreur plus large indique une estimation moins précise.

L'algérien , l'émir Abdelkader, l'homme le plus décoré de l'histoire de France. La comptabilité des décorations Françaises accrochées sur la poitrine de L'émir Abdelkader atteint la dizaine, dépassant largement ainsi le Maréchal Lyautey.

Les algériens souffrent de dyscalculie, troubles neurodéveloppementaux (TND) et de dysfonctionnement des connexions neuronales chargées du langage numérique…

II s’agit d’un énorme problème d’appréciation numérique. Les dignitaires algériens continuent d’avancer des nombres très différents sur les pertes algériennes lors de la colonisation française sans les justifier, sans tenir compte des travaux de recherches effectués, arraisonnés de conclusions répondant à une idée préconçue.

Le président algérien a adressé «1,5 million de félicitations» à la sélection algérienne après sa victoire contre le Maroc lors de la Coupe des nations, samedi 11 décembre. Un chiffre qui fait référence à celui du Front de libération nationale (FLN), mouvement nationaliste radical devenu parti dictatorial, lequel revendique 1,5 million de «martyrs». Les historiens français parlent de 5OO OOO morts et du fait que l’algérie indépendante n’a existé que le 5 juillet 1962. Tout historien de ce pays est conscient que les chiffres du régime sont inspirés par la propagande de guerre qui continuent de circuler, sans rencontrer de sérieuses contradictions.

La mémoire comme fondement du pouvoir

Depuis 1962, l’État algérien a placé la guerre d’indépendance au cœur de son identité politique. Le régime se présente comme l’héritier exclusif des « martyrs » et de la lutte anticoloniale, conférant une légitimité historique qui remplace souvent la légitimité démocratique. Cette appropriation du récit national empêche toute remise en question de l’autorité centrale, transformant la mémoire en un instrument de contrôle politique.

Une stratégie pour neutraliser le débat intérieur

La rente mémorielle sert aussi à occulter les crises internes : chômage massif, déficit économique, dépendance aux hydrocarbures, absence de diversification industrielle, et un système politique verrouillé. En focalisant l’opinion sur « l’ennemi extérieur » ou la « menace coloniale », le pouvoir détourne l’attention des revendications sociales et institutionnelles.

Toute critique interne est facilement désignée comme « atteinte aux constantes nationales », ce qui ferme la porte à un véritable débat démocratique.

L’hostilité envers les voisins comme prolongement du récit historique

Le recours constant aux tensions régionales, notamment envers le Maroc, n’est pas anodin. Il s’agit d’un prolongement direct de la rente mémorielle. Entretenir une perception de menace extérieure permet de fédérer artificiellement une population frustrée par l’immobilisme économique. Cette stratégie empêche aussi la comparaison naturelle entre les trajectoires de développement du Maghreb.

Un pays prisonnier d’un passé figé

Alors que la plupart des nations utilisent l’histoire pour avancer, l’Algérie, elle, semble enfermée dans une narration figée qui empêche toute projection vers l’avenir. La jeune génération, qui n’a pas connu la guerre d’indépendance, exprime de plus en plus son rejet de cette instrumentalisation. Le Hirak a révélé une rupture profonde entre la société civile et un pouvoir qui continue de gouverner en regardant dans le rétroviseur.

Vers une nécessaire transition mémorielle

Pour que l’Algérie entre dans une nouvelle ère, il faudra dépasser la rente mémorielle et construire une vision tournée vers le futur : transparence politique, diversification économique, réformes institutionnelles et réconciliation avec une histoire plurielle. Tant que le passé sera utilisé comme une arme politique, l’avenir du pays restera suspendu.

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