Exclusif: Le nom de l'algérienne Djamila Bouhired supprimé d'une des écoles syriennes... Les Syriens ont ainsi coupé tout lien avec la junte algérienne... By- Mohammed Gherrabi
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- il y a 7 heures
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Les Syriens ont ainsi coupé tout lien avec la junte algérienne
Dans le monde arabe, tous les établissements scolaires dans le monde (des écoles, collèges et lycées publics) ont un nom officiel, généralement celui d'une personnalité. La majorité de ces établissements portent le nom d'une personnalité.
Voici le texte intégral (traduit de l’arabe) de la Circulaire émanant du Gouvernorat d'Ar-Raqqa sur les noms supprimé et les changements des noms des écoles
"Les noms vous sont soumis conformément à la circulaire ministérielle incluant le renforcement de l'identité nationale et en accord avec les orientations de l'État visant à surmonter les effets de l'étape précédente et à supprimer les noms liés aux symboles de l'ancien régime."

Djamila Bouhired adoube la dictature militaire algérienne
Alors que le régime militaire algérien vient des pas vers le totalitarisme en allant jusqu'à dissoudre la Ligue Algérienne des droits de l'homme (LAADH). s'affichant publiquement avec le mal élu et décrié Abdelmajid Tebboune. Une façon d'adouber une junte militaire qui persécute plus que jamais la presse et les organisations de défense des droits humains.
Les événements des dernières années ont terni l'image de Djamila Bouhired
Le fait de cautionner le pouvoir de la junte militaire algérienne a gravement terni l'image et le militantisme de Djamila Bouhired

Appel de Djamila Bouhired à la jeunesse algérienne en lutte : Ne les laissez pas voler votre victoire !
Mes chers enfants et petits enfants.
Je voudrais d'abord vous dire tout mon bonheur d'être parmi vous, pour reprendre ma place de citoyenne dans ce combat de la dignité, dans une communion fraternelle.
Je voudrais vous dire toute ma gratitude pour m'avoir permis de vivre la résurrection de l'Algérie combattante, que d'aucuns avaient enterrée trop vite.
Je voudrais vous dire toute ma joie, toute ma fierté de vous voir reprendre le flambeau de vos aînés. Ils ont libéré l'Algérie de la domination coloniale ; vous êtes en train de rendre aux Algériens leurs libertés et leur fierté spoliées depuis l'indépendance.
Alors que les Algériens pleuraient leurs chers disparus dans la liesse et la dignité retrouvée, les planqués de l'extérieur avaient déclaré une nouvelle guerre au peuple et à ses libérateurs pour s'installer au pouvoir.
Au nom d'une légitimité historique usurpée, une coalition hétéroclite formée autour du clan d'Oujda, avec l'armée des frontières encadrée par des officiers de l'armée française, et le soutien des "combattants" du 19 mars, a pris le pays en otage.
Au nom d'une légitimité historique usurpée, ils ont traqué les survivants du combat libérateur, et pourchassé, exilé, assassiné nos héros qui avaient défié la puissance coloniale avec des moyens dérisoires, armés de leur seul courage et de leur seule détermination.
Plus d'un demi siècle après la victoire sur la domination coloniale et l'accession du pays à l'indépendance, le système politique installé par la force en 1962 tente de survivre par la ruse, pour continuer à opprimer les Algériens, détourner nos richesses, et prolonger la tutelle néocoloniale de la France pour bénéficier encore de la protection de ses dirigeants. Ceux qui, au nom d'un patriotisme de bazar, exigeaient la "repentance" de la France, ont fini par tomber les masques. Combien de dirigeants, à la retraite ou encore en activité, combien de ministres, combien de hauts fonctionnaires, combien d'officiers supérieurs de l'armée, combien de chefs de partis, se sont repliés sur l'hexagone, leur patrie de rechange, le refuge du fruit de leurs rapines ?
Dernier signe révélateur de ces liens pervers de domination néocoloniale, le soutien du président français au coup d'Etat programmé de son homologue algérien est une agression contre le peuple algérien, contre ses aspirations à la liberté et à la dignité. Au nom de quelle conception bien singulière de la démocratie, au nom de quelles valeurs universelles peut-on voler au secours d'un régime autoritaire, pour prolonger, hors de toute base légale, le pouvoir d'un autocrate, de sa famille, de son clan et de leurs clientèles, massivement rejetés par la volonté du peuple algérien ?
Dans son long combat libérateur, le peuple algérien ne s'est jamais trompé de cible. Si notre génération a combattu le système colonial, elle a su apprécier à sa juste valeur la solidarité active du peuple français, notamment de son avant-garde progressiste.
Mes chers enfants et petits enfants.
Par ce rappel historique, je voudrais attirer votre attention, vous la jeunesse algérienne en lutte, sur les dérives qui menacent votre combat.
En renouant le fil de l'histoire interrompu en juillet 1962, vous avez repris le flambeau qui va éclairer le chemin de notre beau pays vers son émancipation, dans la dignité retrouvée et dans les libertés à reconquérir. Là où ils se trouvent, je suis convaincue que nos martyrs, qui avaient votre âge lorsqu'ils avaient offert leur vie pour que vive l'Algérie, ont, enfin, retrouvé la paix de l'âme.
Par votre engagement pacifique qui a désarmé la répression, par votre civisme qui a suscité l'admiration dans le monde, par cette communion fraternelle tapie dans nos cœurs et qui resurgit chaque fois que la patrie est en danger, vous avez ressuscité l'espoir, vous avez réinventé le rêve, vous nous avez permis de croire de nouveau à cette Algérie digne du sacrifice de ses martyrs et des aspirations étouffées de son peuple. Une Algérie libre et prospère, délivrée de l'autoritarisme et de la rapine. Une Algérie heureuse dans laquelle tous les citoyens et toutes les citoyennes auront les mêmes droits, les mêmes devoirs et les mêmes chances, et jouiront des mêmes libertés, sans discrimination aucune.
Après des semaines d'une lutte pacifique, exemplaire dans l'histoire et de par le monde, votre mouvement est à la croisée des chemins ; sans votre vigilance, il risque de sombrer dans le catalogue des révolutions manquées.
Tapis dans l'anonymat et la clandestinité, des manipulateurs déguisés en militants, des agents-provocateurs en service commandé, des serviteurs zélés du système fraîchement repentis, tentent de détourner votre combat, pour le mener vers une impasse, dans le but de donner un sursis aux usurpateurs et de maintenir le statu quo. Des listes de personnalités confectionnées dans des laboratoires occultes circulent depuis quelques jours pour imposer, dans votre dos et contre votre volonté, une direction fantoche à votre mouvement.Mes chers enfants et petits enfants.
En quelques semaines, vous avez révélé au monde, surpris, ce que le peuple algérien avait de plus beau, de plus grand, malgré des décennies d'oppression pour vous imposer le silence.
Il vous appartient à vous qui luttez dans les universités pour une formation de qualité, dans les entreprises pour imposer vos droits syndicaux, dans les tribunaux pour faire reculer l'arbitraire, dans les hôpitaux pour exiger des soins de qualité pour tous ; il vous appartient à vous les journalistes, qui traquez la vérité pour démasquer le mensonge et la manipulation, et dont certains d'entre vous l'ont payé de leur vie ; il vous appartient à vous les artistes, qui mettez de la lumière dans l'obscurité de notre quotidien, il vous appartient à vous qui résistez contre la déchéance pour imposer de l'éthique ; il vous appartient à vous tous de dessiner votre avenir, et de donner corps à vos rêves.
Il vous appartient à vous, et à vous seuls qui luttez au quotidien, de désigner vos représentants par des voies démocratiques et dans une totale transparence.
Notre génération a été trahie ; elle n'a pas su préserver son combat contre le coup de force des opportunistes, des usurpateurs et des maquisards de la 25e heure qui ont pris le pays en otage depuis 1962. Malgré la colère du peuple qui l'a rejeté, leur dernier représentant s'accroche encore au pouvoir, dans l'illégalité, le déshonneur et l'indignité.
Ne laissez pas ses agents, camouflés dans des habits révolutionnaires, prendre le contrôle de votre mouvement de libération.
Ne les laissez pas pervertir la noblesse de votre combat.
Ne les laissez pas voler votre victoire…
Djamila Bouhired
Journal El Watan, édition du 13 mars 2019.
Djamila Bouhired, née en juin 1935 à Alger, est durant la guerre d'Algérie (1954-1962) une militante du Front de libération nationale (FLN), collaboratrice de Yacef Saâdi, chef de la Zone autonome d'Alger.
Arrêtée en 1957 au cours de la bataille d'Alger, elle fait partie des six femmes du FLN condamnées à mort pour avoir participé aux attentats de 1956-1957. Une campagne est organisée par son avocat, Jacques Vergès, et par l'écrivain Georges Arnaud, pour protester contre cette condamnation. Elle est graciée par le général de Gaulle en 1959 et libérée de prison à la suite des accords d'Évian (19 mars 1962).
Après l'indépendance, elle épouse Jacques Vergès en 1965, puis divorce durant la période où celui-ci disparait mystérieusement (1970-1978).
Dans les années récentes, elle participe au mouvement de protestation contre le système politique en place en Algérie, prenant notamment part à deux manifestations à Alger en 2019.
Djamila Bouhired naît en juin 1935 à Alger, principale ville de l'Algérie française, dans une famille de la classe moyenne, d'un père algérien et d'une mère tunisienne.
Elle est scolarisée à l'école française, l'Algérie étant alors un département français ( le 91 )
Djamila Bouhired rejoint le FLN alors qu'elle est étudiante.
Elle devient ensuite agent de liaison, puis entre dans le « réseau bombes » de la Zone autonome d'Alger dirigé par Yacef Saâdi, dont elle devient l'assistante personnelle. En 1956, une vague d'attentats est lancée par Yacef Saadi.
Le 30 septembre 1956, Djamila Bouhired dépose dans le hall du Maurétania une bombe qui n'explose pas, car le branchement avait été mal effectué par Rachid Kouache, l'artificier.
Elle recrute Djamila Bouazza, qui le 26 janvier 1957, dépose une bombe au café Le Coq Hardi, avec cette fois des effets meurtriers.
Elle recrute aussi une certaine Zoulikha, responsable de l'attentat de la rue Colonna-d’Ornano.
Face à ces attentats, les autorités décident de donner les pouvoirs de police dans la zone Alger-Sahel au général Massu et à ses troupes, notamment les parachutistes de la 10e DP.
Arrestation (9 avril 1957), hospitalisation et interrogatoires
Le 9 avril 1957, arrêtée par la 4e compagnie du 9e régiment de Zouaves du capitaine Sirvent, cantonnée au palais Dar El Souf place Henry-Klein (basse Casbah), Djamila Bouhired est blessée par Yacef Saadi dans la fusillade qui s'ensuit.
Elle est conduite à l'hôpital Maillot, où les médecins constatent que la balle a traversé l'épaule sans toucher la clavicule, mais en effleurant le poumon.
Suzanne Massu lui rend visite à l'hôpital et obtient de son époux qu'elle soit interrogée par un officier de son service de renseignement plutôt que transférée dans un centre d'interrogatoire.
Mais comme elle est porteuse de documents prouvant qu'elle est en contact avec Yacef Saadi, les services spéciaux la torturent pour lui faire avouer où il se cache. Elle ne livre que des adresses sans importance et des informations déjà révélées par les documents saisis[5].
Mal remise de son interrogatoire, lorsque le capitaine Jean Graziani lui demande ce qu'elle a fait, elle répond : « Fumier ! » Elle reçoit une gifle en retour, mais Graziani n'insiste pas et la fait soigner.
Le 17 avril, elle est transférée au QG de la division parachutiste du général Massu. Le 20 avril, elle révèle à Graziani des caches contenant treize bombes et des armes.
Condamnation à mort (13 juillet 1957) et suites
Inculpée pour sa participation aux attentats, elle est condamnée à mort le 15 juillet 1957, ainsi que Djamila Bouazza.
Cette condamnation est à l'origine d'une intense campagne médiatique menée par son avocat, Jacques Vergès, et par l'écrivain Georges Arnaud, auteurs du manifeste Pour Djamila Bouhired, publié la même année aux Éditions de Minuit. Ce manifeste est avec La Question d'Henri Alleg, un des textes qui alertent l'opinion publique sur les mauvais traitements et les tortures infligées par l'armée aux combattants du FLN. Soutenue par une intense campagne internationale, elle est graciée en 1959 par le président de la République, Charles de Gaulle, mais reste en prison.
Elle est libérée en 1962 dans le cadre des accords d'Évian.Après la guerre : épouse de Jacques Vergès (années 1960 et 1970)
Après sa libération, Djamila Bouhired travaille pour Révolution africaine, un magazine centré sur les révolutions nationalistes africaines, aux côtés de Jacques Vergès, qu'elle épouse en 1965.
Après la naissance de deux enfants, Meriem et Liess, Jacques Vergès disparaît pendant huit ans de 1970 à 1978, abandonnant femme et enfants. La disparition reste aujourd'hui encore inexpliquée.
Djamila Bouhired divorce de Jacques Vergès.Événements récents (2015-2019)
En novembre 2015, des rumeurs circulent à propos de son décès. Une prière mortuaire (fatiha) est même récitée en sa mémoire au Parlement tunisien.
Le 1er mars 2019, à Alger, Djamila Bouhired se joint sous les acclamations des personnes présentes à une manifestation de protestation contre la candidature d'Abdelaziz Bouteflika à l'élection présidentielle d'avril suivant.
Le 19 avril 2019, elle participe à une autre manifestation pour rejeter le système politique algérien et exiger un changement de constitution pour la République algérienne.
Postérité (cinéma)
Sa vie a été adaptée au cinéma par Youssef Chahine dans le film Djamilah, sorti en 1958. Chahine se rend en Algérie en pleine guerre d'indépendance, pour la rencontrer, sans y parvenir.
Son parcours est aussi évoqué dans la première partie du film L'Avocat de la terreur, consacré à Jacques Vergès.
En 2017, elle s'oppose par une déclaration publique à tout nouveau film qui lui serait consacré, craignant une instrumentalisation par le pouvoir en place.


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