Alerte environnement: Appréciée pour son apparence, la morelle jaune, cette plante nuisible et invasive, se transforme à Khénifra en une plante horticole... By- Gherrabi Mohammed
- gherrrabi
- 26 déc. 2025
- 6 min de lecture

Pas besoin d’aller bien loin pour constater à quel point il est facile pour certaines plantes d’envahir des espaces boisés existants. A Khénifra et au plein centre de la ville apparu sur Un petit jardin public, la Solanum elaeagnifolium s'est installée.
Cette plante exotique envahissante, originaire du Mexique, se reproduit rapidement, densément, et détruit la biodiversité qui l'entoure.
Ces espèces exotiques, s'échappent des jardins pour devenir des problèmes écologiques majeurs, transformant des "mauvaises herbes" en véritables menaces pour la biodiversité et les infrastructures.
Plantes Exotiques (ou exogènes/néophytes), elle n’ont rien à voir avec les tropiques ou les plantes d’intérieur, ce terme regroupe en fait toutes les plantes qui ne sont pas indigènes, c’est à dire qu’elles ont été introduites – quasiment exclusivement par l’Homme – récemment au court de l’histoire.

Le mot horticulture provient du latin « hortus » qui signifie jardin. L’horticulture désigne l’art de cultiver les jardins (fleurs, plantes ornementales, fruits et des légumes) mais également la conservation des plantes, la gestion des sols, la conception des paysages et la restauration. Les plantes ornementales, plantes décoratives ou plantes d'agrément, sont des espèces et variétés de plantes cultivées intentionnellement pour leurs qualités d'agrément et leur attrait esthétique, plutôt que pour leur valeur nutritive, médicinale ou industrielle. Elles peuvent servir pour l'ornementation des parcs et jardins publics ou privés, voire le bord des rues et des routes, aussi bien que pour la décoration des intérieurs et des balcons, et pour la confection de bouquets et de couronnes. Elles peuvent aussi servir à d'autres usages, par exemple pour le parfum, l'attraction de la faune sauvage ou la purification de l'air.
La culture des plantes ornementales est très ancienne, remontant aux temps les plus reculés, l'homme ayant probablement cherché à embellir et à rendre plus accueillant son cadre de vie, avant même les temps historiques. C'est ainsi qu'il a causé – volontairement ou non – la dissémination de nombreuses espèces, conduisant à l'hémérochorie.
Appréciée pour son apparence, la morelle jaune, cette plante nuisible et invasive, se transforme à Khénifra en une plante horticole
La morelle jaune (Solanum elaeagnifolium), appelée aussi Chouka, est une mauvaise herbe invasive originaire d'Amérique du Nord, devenue un grave problème agricole au Maroc depuis les années 1950, se propageant rapidement par ses graines (transmises par le vent, le fumier, l'eau, les machines) et ses racines profondes. Elle est toxique pour le bétail, réduit la productivité des cultures et est difficile à contrôler en raison de son système racinaire puissant, mais des méthodes de lutte intégrées existent (mécaniques, chimiques, culturales comme l'alfalfa).

Sensibiliser les citoyens aux risques de semer dans leur jardin des plantes exotiques qui peuvent s'avérer envahissantes.
Si chacun pouvait intervenir, ça pourrait éviter sa propagation. En ce moment, c'est en pleine expansion au Maroc;
Les gens ne savent pas qu'ils multiplient des plantes qui peuvent s’évader et envahir tous les boisés de la ville.
Caractéristiques
Nom commun: Chouka ou Chouka Assafra.
Origine: Sud-ouest des États-Unis et Amérique du Sud, introduite accidentellement au Maroc vers 1949-1950 via des semences de coton.
Description: Plante vivace épineuse, avec des fleurs bleu-violet et des baies qui ressemblent à de petites tomates.
Système racinaire: Très développé, avec des racines profondes pouvant aller jusqu'à 2 mètres et qui produisent de nouveaux plants.
Problématique et propagation au Maroc
Statut: Adventice préoccupante, elle a rapidement colonisé de nombreuses régions, du Tadla au Gharb.
Facteurs de dissémination: Fumier organique, ovins, eau d'irrigation, machines agricoles, vent, semences.
Impact: Réduction des rendements agricoles (jusqu'à 75%), contamination des récoltes, et danger pour le bétail.
Lutte et gestion
Stratégies: Approche intégrée combinant méthodes manuelles, mécaniques (labour profond), chimiques (herbicides) et culturales.
Méthodes culturales: Rotation des cultures, utilisation de cultures de couverture comme l'alfalfa pour concurrencer la morelle.
La morelle jaune (Solanum elaeagnifolium) est originaire du nord du Mexique et du centre et sud-ouest des États-Unis, mais de par ses qualités de plante envahissante, elle a colonisé une partie du Mexique et une grande partie des États-Unis (elle est présente en Alabama, Arizona, Arkansas, Californie, Caroline du Nord, Caroline du Sud, Colorado, État de Washington, Floride, Géorgie, Hawaii, Idaho, Illinois, Indiana, Kansas, Kentucky, Louisiane, Maryland, Mississippi, Missouri, Nebraska, Nevada, Nouveau-Mexique, Ohio, Oklahoma, Oregon, Tennessee, Texas, Utah). Elle a aussi envahi le Guatemala et le Honduras en Amérique centrale et l'île de Porto Rico, et a atteint certains pays d'Amérique du Sud, tels que l'Argentine, le Chili, le Paraguay et l'Uruguay
Mais elle ne s'est pas arrêtée aux continents américains : elle a aussi colonisé toute l'Australie, ainsi que le sud de l'Europe (France, Espagne, Italie, Croatie, Serbie, Monténégro, République de Macédoine, Grèce et Chypre). Selon le projet « DAISIE » (Delivering Alien Invasive Species Inventories for Europe), fondé par le 6e programme cadre de recherche et développement de la Commission européenne, elle aurait aussi envahi la Belgique, les Baléares, le Portugal et la Sardaigne. Elle a aussi envahi certains pays d'Afrique, notamment les pays méditerranéens (Maroc, Algérie, Tunisie), de même que le Zimbabwe, l'Afrique du Sud et le Lesotho. Elle a gagné certains pays d'Asie (une partie de l'Inde et Taiwan) et du Proche-Orient (Égypte, Israël et Syrie)
Elle fait l'objet de campagnes de surveillance et d'éradication aussi bien en Europe de l'Est, en Afrique du Nord, en Australie et en Afrique du Sud, où elle est une adventice dans le sens botanique du terme et invasive ; dans certaines régions des États-Unis, elle est une adventice dans le sens agronomique du terme et envahissante. Cette plante est de plus toxique, piquante et constitue un réservoir à organismes ravageurs.
Plante toxique
Le caractère toxique de cette plante est lié à la présence de glycoalcaloïdes trouvés chez d'autres espèces de Solanaceae toxiques : la solanine et la solasonine.
Ses baies notamment sont toxiques et peuvent provoquer des empoisonnements chez le bétail et chez les enfants. Elles sont cependant consommées par les oiseaux et les rongeurs sans dommage apparent, mais aussi, sans que cela soit pour le moment (2010) expliqué, par le bétail et les antilopes en Afrique du Sud. Les symptômes d'un empoisonnement sévère par cette plante se traduisent par des troubles nerveux tels qu'une apathie, de la somnolence, des tremblements, des difficultés respiratoires voire dans les cas les plus graves une paralysie et une perte de connaissance, et gastro-intestinaux, tels qu'une salivation excessive, des vomissements et diarrhées.
La plante semble de plus avoir des propriétés allélopathiques, notamment vis-à-vis des plants de coton. Selon une étude menée en Afrique du Sud, cette propriété serait liée à un exsudat produit par les poils en étoile qui couvrent la plante ou par les baies.
Reproduction asexuée
Les parties aériennes de la plante meurent et se dessèchent généralement en hiver, les tiges mortes continuant à porter les baies même au cœur de l'hiver. La plante survit grâce à ses capacités de régénération, notamment au niveau des racines. Au printemps suivant, des bourgeons situés à la base des tiges ou au niveau des racines permettront une reprise de la végétation. Les racines pouvant courir sous le sol sur une grande distance, cela permet une dispersion de la plante par multiplication végétative (reproduction asexuée) : de nouveaux individus, des drageons issus de bourgeons situés à l'extrémité de racines secondaires et identiques à leur parent, pourront en effet apparaître à quelques mètres de distance de ce dernier.
Les capacités à drageonner de cette espèce sont remarquables : des fragments de racine profondément enterrés, jusqu'à 50 cm de profondeur, peuvent régénérer un plant. Des fragments de petite taille peuvent produire un drageon, même s'ils ne mesurent qu'un centimètre de longueur. De plus un fragment de racine de 5 cm de long peut survivre jusqu'à 15 mois si le sol est suffisamment humide. Ces racines supportent de fortes sécheresses ; elles sont par contre tuées par un froid trop prononcé ou un sol inondé.
Réservoir à ravageurs
Une étude menée en Californie a montré que Solanum elaeagnifolium pouvait être un des réservoirs à virus de la chlorose de la laitue, transmis par l'aleurode du tabac (Bemisia tabaci). Cette plante serait aussi un hôte secondaire de divers insectes ravageurs tels que Leptinotarsa decemlineata ou Anthonomus eugenii, ou des nématodes Globodera rostochiensis et Globodera pallida. En Tunisie, une étude a montré qu'elle pouvait être un réservoir de virus Y de la pomme de terre.
Les plantes envahissantes sont donc des plantes exotiques, venant d’ailleurs, mais qui ont un développement incontrôlé dans leur nouvelle aire de répartition au point de prendre la place des espèces indigènes. Elles ont été introduites par l’Homme, volontairement ou non. Nous voyons ici que le véritable problème de ces plantes n’est pas tant leur origine comme l’article semble vouloir le faire croire, mais bien leur développement dans les habitats naturels locaux.
Je voudrais pour terminer ouvrir un peu la discussion concernant les plantes exotiques plantées. Je trouverais cela fort dommage que les arbres plantés dans les rues, les plantes des haies ou des massifs soient exactement les mêmes que l’on se trouve en France, aux États-Unis, au Japon ou en Nouvelle-Zélande. Nous observons une sorte d’uniformisation de la végétation des grandes villes aux climats similaires et cela enlève un peu de l’identité visuelle et du charme des différentes régions de la planète.
Je pense qu’il faut créer un ordre pour l’horticulture et interdire complètement la multiplication des plantes envahissantes






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