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Algérie, le pays de l'absurde: une justice irrationnelle et. Voici quelques-uns des procès les plus absurdes... By- Mohammed Gherrabi

L'arrestation controversée de Boualem Sansal
Boualem Sansal est un critique acharné du pouvoir algérien

L’auteur de 75 ans, qui a obtenu cette année la nationalité française, a été arrêté samedi à l’aéroport d’Alger, en provenance de France, a confirmé l’agence de presse publique algérienne. Les raisons de son arrestation ne sont pas connues. Selon l’hebdomadaire Marianne, il ne donne «plus de nouvelles à ses proches depuis son arrivée à Alger».

  • Prix du Premier roman français et le prix Tropiques.

  • Le Grand Prix RTL,

  • Le Prix du roman arabe,

  • En 2013, l’Académie française lui a décerné le Grand prix de la francophonie.

Juste après avoir condamné le Polisario, l’écrivain franco-algérien, Boualem Sansal, a été arrêté à l’aéroport d’Alger et serait d'après @LePoint accusé «d’intelligence avec l’ennemi».

Ces événements interviennent dans un contexte diplomatique tendu entre la France et l’Algérie, après la reconnaissance française de la marocanité du Sahara et son appui au plan d’autonomie marocain fin juillet.

L’arrestation brutale de l’écrivain algérien Boualem Sansal à l’aéroport d’Alger, suivie de sa disparition inquiétante, projette une lumière crue sur la dérive autocratique du régime d’Abdelmadjid Tebboune. Ancien haut fonctionnaire et intellectuel de renom, Sansal, 75 ans, incarne une opposition ferme à l’obscurantisme et à la répression, ce qui semble avoir scellé son sort dans une Algérie où la liberté d’expression est muselée.

Boualam Sansal serait un bâtard selon Tebboune
La mafia militaro-politico-financière algérienne, arme sa presse "vert kaki” et ses "mouches électroniques"

La mafia militaro-politico-mediatico-financière algérienne s’emploie par tous les moyens pour attaquer et diaboliser⁎ l'éditeur de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal

La France redécouvre les corsaires d’Alger

L’affaire Boualem Sansal, malgré sa tristesse pour le concerné d’abord et pour la liberté d’expression ensuite, est avantageuse pour notre pays. Le kidnapping puis l’emprisonnement de cet écrivain talentueux reconnu mondialement en raison de ses propos sur les frontières historiques du Royaume et sur la vacuité du Polisario en tant que cause factice inventée par le régime algérien, révèle aux yeux du monde, et de la France en particulier, la véritable nature de ce régime malfaisant qui a longtemps profité d’une certaine connivence de la part d’une partie de la classe politique et médiatique française.

Le chantage mémoriel entretenu et exercé sans vergogne par les dirigeants algériens sur leurs homologues français, conjugué à l’entrisme politique, culturel et médiatique via des relais binationaux bien établis, ainsi qu’à l’activisme socioreligieux des services de renseignement algériens parmi les basses strates d’une diaspora algérienne volatile et très inflammable, ont permis à Alger de continuer à s’acharner sur le Maroc depuis plus d’un demi-siècle, sans essuyer les conséquences politiques, juridiques et médiatiques que ses nombreuses exactions contre le Maroc et ses concitoyens auraient normalement dû générer en France. Une France pourtant réputée très à cheval sur les questions des droits de l’Homme, mais également très au fait des rouages historiques du contentieux territorial concernant son Sahara....

Libre ! Libre enfin Boualem Sansal

Après un an d’acharnement, d’humiliation et de mensonges, le régime d’Alger finit par libérer le grand écrivain Boualem Sansal. Ainsi en a décidé la présidence algérienne ce mercredi 12 novembre. Non pas par grandeur, ni par justice, mais par nécessité, contrainte et calcul. Tout ça pour ça.

Il n’aura fallu qu’un communiqué officiel du président allemand pour que le pouvoir algérien, à bout de souffle, accepte enfin de relâcher celui qu’il a transformé en otage politique. Une décision arrachée à Abdelmadjid Tebboune par son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier, qui a plaidé, lundi, la grâce du grand écrivain franco-algérien «pour raisons humanitaires», n’hésitant pas à faire miroiter l’état de santé du même Tebboune, un habitué des hôpitaux allemands, pour mettre de la pression. Aujourd’hui, l’Algérie dit accepter la demande de l’Allemagne de gracier et de transférer l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal dans ce pays pour qu’il puisse y être soigné, a indiqué un communiqué de la présidence algérienne mercredi.

Aujourd’hui, sa libération précipitée, maladroite, presque embarrassée, en dit plus long que tous les communiqués officiels. Le régime n’a pas relâché Sansal par clémence, mais parce qu’il a compris que son arrestation avait déclenché un séisme diplomatique. En voulant réduire au silence une voix dissidente, il a remis au centre du débat international un dossier qu’il voulait effacer, celui du Sahara oriental marocain et des vastes territoires que la France coloniale a détachés du Maroc historique pour les rattacher administrativement à l’Algérie.

Ce geste forcé marque un tournant. Il signifie que l’ère du silence imposé est terminée et qu’une nouvelle phase commence: l’internationalisation du dossier des frontières non délimitées entre le Maroc et l’Algérie, un dossier longtemps gelé, désormais mûr pour revenir sur la scène internationale avec la force du droit et de l’Histoire.

Car les régions évoquées par Sansal ne relèvent ni du symbole ni de la polémique, mais de la géographie et de l’histoire. Il s’agit de territoires parfaitement identifiés: Tindouf, Béchar, Hassi Beïda, Tidikelt, Colomb-Béchar, Aïn Sefra, El Kénadsa, Tlemcen frontalière, Touat, Tédikelt, Ouargla, la façade saharienne orientale, l’immense région de Tidikelt, et de vastes espaces du Touat longtemps liés par des relations d’allégeance aux souverains marocains. Autant de zones que les cartes françaises, les correspondances administratives et les documents de souveraineté situent sans ambiguïté dans l’aire historique du Maroc.

Libre ! Libre enfin Boualem Sansal, ce grand écrivain franco-algérien au regard aussi doux que la voix ! C’est un immense soulagement pour tous ceux qui admirent son talent, son courage et son parler franc, de savoir qu’enfin il a pu quitter la prison algérienne dans laquelle il était incarcéré depuis un an.

Boualam Sansal serait un bâtard selon Tebboun. Au pied du mur après l’annonce de la reprise du Hirak, le président algérien est obligé de libérer l’écrivain franco-algérien Boualam Sansal, emprisonné de manière abusive. Mais avec quand même une petite fanfaronnade pour le petit peuple. L’insulte et le dénigrement de l’écrivain qu’il qualifie de bâtard. Et c’était lors d’un discours au Parlement. Sansal ne mérite pas ce traitement de la part de celui qui se considère comme le fils des chouhadas alors que les Algériens affirment que ses ascendants n’ont jamais tiré une balle contre les Français.

C’est à l’Allemagne et à son président Frank-Walter Steinmeier qui, en début de semaine, avait officiellement formulé une demande de grâce auprès du président algérien Abdelmadjid Tebboune, que Sansal doit d’avoir été libéré mercredi 12 novembre.

C’est en Allemagne que l’écrivain, atteint d’un cancer de la prostate, sera soigné. C’est notamment le résultat des bonnes relations entre Alger et Berlin, où le président Tebboune, atteint de la Covid, s’était fait soigner à plusieurs reprises depuis 2020. Pour l’Algérie, l’Allemagne est «un pays ami» dans lequel Tebboune envisage de se rendre au début de l’an prochain. Malgré les apparences, l’Algérie souffrirait en effet de son isolement sur la scène diplomatique et souhaite rétablir des relations avec l’Europe. Mais il ne pouvait être question de visite officielle à Berlin si Boualem Sansal était toujours en prison.


L'écrivain Boualem Sansal, en prison en Algérie, élu à l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique

«De tous ces peuples, les Belges sont les plus courageux» Jules César

Près d'un an après son emprisonnement par Alger, Boualem Sansal élu académicien en Belgique. Victime collatérale des tensions entre Paris et Alger, Boualem Sansal avait été arrêté par les autorités antiterroristes algériennes le 15 novembre 2024, alors qu'il se rendait au salon du livre d'Alger. Il est emprisonné depuis, sa condamnation à 5 ans de prison étant devenue définitive en juillet. Il avait d'abord disparu fin novembre 2024, avant que les autorités algériennes ne confirment son arrestation.

Il y succède à feu Michel del Castillo et occupera désormais le fauteuil 37.

Boualem Sansal, 80 ans, a été condamné à cinq ans de prison pour "atteinte à l'unité nationale" en Algérie. Il est incarcéré depuis la mi-novembre 2024 en Algérie.

Le pouvoir algérien aurait mal pris des déclarations de M. Sansal au média français Frontières, réputé d'extrême droite, reprenant la position du Maroc selon laquelle le territoire du pays aurait été tronqué sous la colonisation française au profit de l'Algérie.

L'écrivain est atteint d'un cancer de la prostate, selon ses proches, et fait l'objet d'une âpre lutte diplomatique entre l'Algérie et la France.

Assassinats, intimidations, kidnapping, arrestations et détentions arbitraires... des Journalistes. Le cas de Christophe Gleizes n'est qu'une goutte dans l'océan...

Retenu sous contrôle judiciaire avec interdiction de quitter le pays depuis plus d’un an en Algérie, le journaliste français spécialiste de football Christophe Gleizes a été injustement condamné à sept ans de prison ferme pour n’avoir fait que son travail.

Etre Journaliste est un métier qui peut s'y révéler dangereux... L'impunité des crimes commis contre des journalistes reste la règle. Attaqués, intimidés et même assassinés, les journalistes s'exposent quotidiennement à des risques et des menaces graves pour avoir fait leur travail : informer le public.

Ce collaborateur de So Foot et Society est retenu dans le pays depuis dix-neuf mois et a déjà été condamné en première instance à sept ans de prison ferme pour "apologie du terrorisme". La France a "vivement regretté" la confirmation de la condamnation.

Le journaliste français Christophe Gleizes a été jugé en appel ce mercredi devant la cour de justice de Tizi Ouzou, en Algérie, pour "apologie du terrorisme " et "possession de publications dans un but de propagande nuisant à l’intérêt national".

Le verdict rendu, sept ans de prison, confirme donc la peine prononcée en première instance.

L'accusation a pourtant requis des peines plus lourdes, dix ans. "L'accusé n'est pas venu en Algérie pour accomplir un travail journalistique, mais (pour commettre) un acte hostile", a déclaré un procureur, qui a également réclamé une amende de 500 000 dinars algérien, soit environ 3 300 euros.

Appelé à la barre, le reporter a demandé "pardon", reconnaissant avoir fait "beaucoup d'erreurs journalistiques malgré (ses) bonnes intentions", selon un journaliste de l'AFP présent dans la salle d'audience.

Le ministère français des Affaires étrangères a "regretté vivement" le verdict dans un communiqué publié mercredi soir tout en "déplorant" que la pleine coopération de la France avec les autorités algériennes et les explications fournies par sa défense n’aient pas suffi à changer le verdict.

Le quai d'Orsay appelé à la libération du journaliste et s'est dit espérer "une issue favorable afin qu’il puisse rapidement retrouver ses proches".

"Anéanti, abasourdi, on se demande comment c'est possible quand on connaît Christophe et qu'on pense qu'il est accusé d'apologie du terrorisme, lui qui allait là-bas pour s'occuper de foot, ça paraît incroyable", a réagi après le verdict final sur France Inter l'ex-entraîneur de football Claude Leroy.

Il connaît bien le football africain et devait préfacer le livre que devait publier Christophe Gleizes sur le football algérien.

"Je pensais que les autorités algériennes allaient le libérer. Il faut penser à lui, il souffre beaucoup de la séparation avec sa famille. Il va falloir tout actionner maintenant pour que les gens se rendent compte" que l'Algérie "condamne un vrai innocent", ajoute Claude Leroy.

Le 29 juin dernier, Christophe Gleizes avait été condamné en première instance à sept ans de prison ferme.

Ce collaborateur des magazines So Foot et Society, âgé de 36 ans, avait été arrêté le 8 mai 2024, alors qu'il effectuait un reportage sur le football algérien dans années 1980.

Dans le cadre d'une enquête sur la mort du joueur camerounais Albert Ebossé, il avait rencontré le responsable du club de la Jeunesse Sportive de Kabylie (JSK) et ancien cadre du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie, organisation classée "terroriste" par l'Algérie depuis 2021 et est poursuivi pour ce lien.

«Il n'y a pas de crime parfait, il y a des crimes impunis»

Cette phrase est souvent utilisée dans les discussions médiatiques sur des affaires criminelles non résolues ou celles qui sont résolues tardivement, pour souligner que l'enquête a toujours fini par découvrir des failles.

  • Assassinat des moines de Tibhirine;

  • Assassinat du président Mohamed Boudiaf;

  • Assassinat d'Albert Ebossé;

  • Assassinat du journaliste Mohamed Tamalt...

Etre Journaliste est un métier qui peut s'y révéler dangereux... L'impunité des crimes commis contre des journalistes reste la règle. Attaqués, intimidés et même assassinés, les journalistes s'exposent quotidiennement à des risques et des menaces graves pour avoir fait leur travail: informer le public.
Christophe Gleizes, collaborateur des magazines So Foot et Society, âgé de 36 ans, avait été arrêté le 8 mai 2024, alors qu'il effectuait un reportage sur le football algérien dans années 1980.

Dans le cadre d'une enquête sur la mort du joueur camerounais Albert Ebossé, il avait rencontré le responsable du club de la Jeunesse Sportive de Kabylie (JSK) et ancien cadre du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie, organisation classée "terroriste" par l'Algérie depuis 2021 et est poursuivi pour ce lien.

L'assassinat d'Albert Ebossé, footballeur camerounais de la JS Kabylie, a eu lieu en août 2014 en Algérie, après un match perdu : la thèse officielle évoque un projectile lancé par des supporters, mais une contre-autopsie camerounaise, à la demande de la famille, a conclu à un tabassage violent et un poly-traumatisme crânien dans les vestiaires, avec des blessures révélant une lutte, suggérant un assassinat et une tentative de dissimulation, loin de l'accident initial.

Le quotidien sportif L’Equipe est taxé par l’agence de presse algérienne d’être à la solde du Maroc. «L’Equipe, un quotidien sportif sous influence de la perfidie marocaine», écrit l’APS. A l’origine de cette accusation sans preuve, un reportage publié par le média français consacré à la sélection de football de la Kabylie, créée en 2014 par le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK).

Pourquoi une telle polémique? Deux dates phares sont à retenir!!!
  1. La sélection de football de la Kabylie, créée en 2014 par le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK).

  2. Albert Ebossé Bodjongo, surnommé B91, mort le 23 août 2014 à Tizi Ouzou.

Albert Ebossé Bodjongo, victime d’un infâme complot pour salir le Mak et les Kabyles. Albert Ebossé Bodjongo – JS Kabylie – Tizi Ouzou
Un bouc émissaire: Pendant longtemps, la mafia militaro-politico-financière algérienne, cherche à fabriquer un lien entre le MAK et terrorisme.

Le Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie (MAK) né en juin 2001, devenu Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie, depuis la réunion de son conseil national le 4 octobre 2013 au village d’Ath Hamdoune, est un mouvement kabyle. Il est né à la suite des événements qu’a connus la Kabylie et la contestation de la population contre le régime algérien et pour la justice sociale pendant le Printemps noir de Kabylie en 2001. Ce mouvement se réclamant pacifique, a lutté dans un premier temps (avant 2013) pour une autonomie avant de prôner l’organisation d’un référendum d’autodétermination en Kabylie incluant comme option son indépendance.

Le président Tebboune gracie un historien pour qui «l’amazighité est un projet idéologique sioniste-français»
Le 7 octobre, la Cour d’appel d’Alger avait condamné cet historien à cinq ans de prison dont trois ans ferme et deux ans avec sursis, pour «atteinte à l’unité nationale» et «incitation à la haine raciale».

Mohamed Amine Belghit, professeur de sciences islamiques de 68 ans, a été condamné à 5 ans de prison ferme et à une amende de 500 000 dinars pour ses déclarations controversées sur l'identité amazighe.

Cette sentence reste inférieure aux réquisitions du parquet qui réclamait 7 ans de prison ferme et 700 000 dinars d'amende. L'universitaire était poursuivi pour “incitation à la haine et à la discrimination via les technologies de communication”, “diffusion volontaire de fausses informations susceptibles de porter atteinte à l'ordre public”, et “atteinte à l'unité et à la sécurité nationale.”

L'affaire remonte à une intervention télévisée sur Sky News Arabia qui avait provoqué une vive polémique. Lors de cet entretien, Mohamed Belghit avait qualifié la langue amazighe de “projet franco-sioniste” et nié l'existence de la dimension berbère de l'Algérie. Ces propos avaient immédiatement déclenché un tollé sur les réseaux sociaux.

L'universitaire avait également affirmé que “les Amazighs n'existent pas” et que “les Berbères sont Arabes”, remettant en question une composante officielle de l'identité nationale algérienne. La vidéo de l'entretien avait largement circulé, amplifiant la controverse.

Les autorités algériennes avaient réagi rapidement à ces déclarations. Dès son retour au pays, Mohamed Belghit avait été arrêté et placé en détention provisoire à la prison d'El Harrach en mai 2025. Il y est resté incarcéré pendant plus de deux mois en attendant son procès.

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a gracié lundi l'historien habitué des polémiques Mohamed Amine Belghit, accusé d'avoir remis en cause l'identité amazighe, et condamné en appel à trois ans de prison ferme.

«Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a signé aujourd'hui un décret présidentiel accordant la grâce totale pour le reste de la peine à la personne condamnée définitivement, dénommée Mohamed Amine Belghit», a indiqué la présidence algérienne.

L’universitaire suscite des polémiques pour ses propos hostiles à l’identité amazighe

Mohamed Amine Belghit avait été condamné une première fois le 3 juillet à cinq ans de prison ferme, après avoir déclaré sur une télévision arabe que l'identité amazighe (ou berbère, le peuple autochtone d'Afrique du nord) était une «création franco sioniste».

Il avait été écroué le 3 mai dernier après la diffusion sur les réseaux sociaux d'une interview donnée à la chaîne émiratie Sky News Arabia, dans laquelle il affirmait que «la langue amazighe (était) un projet idéologique de création franco sioniste» .

Ses propos avaient provoqué une vague d'indignation en Algérie. Le tamazight a été reconnu comme langue officielle en 2016 en Algérie. L'universitaire, se présentant comme un spécialiste du Maghreb, suscite régulièrement des polémiques pour ses propos hostiles à l'identité amazighe et des positions révisionnistes sur l'identité algérienne

Fidèle à la ligne définie au moment de l’indépendance de 1962 par Abderrahmane Ben Hamida, ministre algérien de l’Éducation nationale, pour qui «les Berbères sont une invention des Pères Blancs», Mohamed El Amine Belghit ne cessa jamais d’être un ardent défenseur de la thèse de l’inexistence de la berbérité.

Au moment où le MAK a proclamé l’indépendance de la Kabylie, sa grâce par le président Tebboune ne manque pas d’interroger.

Le 1er mai dernier, Mohamed El Amine Belghit, historien officiel et docile porte-parole de l’institution militaire algérienne, déclara sur la chaîne émiratie Sky News Arabia que «l’amazighité est un projet idéologique sioniste-français par excellence» car les Berbères n’existent pas puisque ce sont en réalité des Arabes (!!!).

En disant cela, Mohamed El Amine Belghit était dans la ligne officielle suivie par les idéologues du courant «arabo-islamo-conservateur» algérien depuis 1962. Pour ces derniers, la diversité ethnique algérienne s’est fondue dans le nationalisme arabo-musulman, puisque l’islamisation aurait marqué la fin de l’histoire des Berbères. Leur conversion à l’Islam, il y a quatorze siècles, les aurait en effet inscrits de façon irréversible dans l’aire culturelle de l’arabité.

Arrivés au pouvoir durant l’été 1962, après un coup d’Etat qui leur permit d’évincer le GPRA (Gouvernement provisoire de la république algérienne), les «arabo-islamo-conservateurs» supprimèrent donc la chaire de kabyle de l’université d’Alger. Pour eux, la revendication berbère était en effet une conspiration séparatiste dirigée contre l’islam et contre l’arabité. Comme l’amazighité affirmait la double composante du pays, berbère et arabe, le parti FLN parla donc de dérive «ethnique», «raciste» et «xénophobe» menaçant de détruire l’Etat. Résultat, les Kabyles et les Chaoui qui avaient mené la guerre contre la France se retrouvèrent donc citoyens d’une Algérie algérienne arabo-musulmane niant leur identité.

Fidèle à la ligne définie au moment de l’indépendance de 1962 par Abderrahmane Ben Hamida, ministre algérien de l’Education nationale, pour qui «les Berbères sont une invention des Pères Blancs», Mohamed El Amine Belghit ne cessa jamais d’être un ardent défenseur de la thèse de l’inexistence de la berbérité. Pour lui, l’amazighité est même un mythe colonial puisque la conscience culturelle et politique kabyle serait née avec la colonisation française…

Ce docile porte-parole de la ligne officielle algérienne avait «colonnes ouvertes» dans le très officiel El Moudjahidine, ainsi que dans toutes les courroies de transmission médiatiques de l’institution militaire. À chaque anniversaire, il ne manquait jamais de confirmer le mythe du million de «martyrs» morts au combat contre l’armée française– sur une population de 9 millions d’habitants!–, ou celui des 45.000 morts lors de l’insurrection de Sétif en 1945.

Enfin, «cerise sur le gâteau» missionné par le «Système» alors aux abois, il fut en pointe dans la dénonciation du Hirak qu’il définissait comme un «complot kabylo-français».

C’était donc fidèle à ce qui fut longtemps la ligne officielle algérienne que le 1er mai 2025, répondant aux questions d’une journaliste de Sky News Arabia, Mohamed El Amine Belghit déclara en toute bonne foi que «l’amazighité est un projet idéologique sioniste-français par excellence» car les Berbères n’existent pas.

Or, pour de complexes questions de jeu d’équilibre et de rapports de force entre les clans composant le «Système» algérien, cette déclaration provoqua un séisme politique. La Présidence décida alors de faire accroire qu’elle ne badinait pas avec l’unité nationale. Dans le communiqué officiel qui fut alors publié, il était écrit que la déclaration de Mohamed El Amine Belghit «constitue une violation, une atteinte à une composante essentielle de l’identité nationale, ainsi qu’une offense flagrante à l’unité nationale».

Emprisonné le 3 mai, Mohamed Amine Belghit fut condamné le 3 juillet à cinq ans de prison ferme. Le 7 octobre, la Cour d’appel d’Alger le condamna à cinq ans de prison dont trois ans ferme et deux ans avec sursis, pour «atteinte à l’unité nationale» et «incitation à la haine raciale».

Lundi 15 décembre, le président algérien lui a accordé une «grâce totale pour le reste de la peine». Au moment où le MAK a proclamé l’indépendance de la Kabylie, cette insolite grâce présidentielle ne manque pas d’interroger.

Accusé de « porter atteinte aux symboles de la Révolution », un célèbre journaliste algérien en prison
L’arrestation du journaliste Saad Bouakba, 79 ans, accusé d’avoir porté atteinte aux symboles de la Révolution, relance en Algérie le débat sur la liberté d’expression et la sacralisation de l’histoire.

C'est le choc. Saad Bouakba, 79 ans, un des doyens de la presse algérienne, a été mis sous mandat de dépôt à la suite d'une procédure de comparution immédiate, jeudi 27 novembre, et le podcast YouTube où il s'était exprimé lors d'une série d'interviews a été scellé et fermé.

Célèbre pour ses chroniques dans les médias arabophones, le journaliste algérien Saad Bouakbail est poursuivi pour « insulte et diffamation des symboles de la Révolution » à la suite d’une plainte de la fille de l’ancien président Ahmed Ben Bella. Dans une émission, le journaliste évoquait l’affaire dite du « trésor du FLN ». Pour la fille de Ben Bella, c'est une «atteinte à l’encontre de son père, un des symboles de l’État algérien». Il a été incarcéré le 27 novembre, à la prison d’el-Harrach à Alger.

Le journaliste a été arrêté et placé en détention provisoire jeudi dernier, 27 novembre. L’émission en question, diffusée sur la chaîne Web Vision TV, « a contenu de fausses informations, inexactes et diffamatoires, insultant les symboles de l’État et de la Révolution », a expliqué le parquet dans un communiqué, Bouakba ayant soutenu que « les dirigeants de la révolution avaient illégalement réparti les fonds du FLN et les avaient déposés sur leurs comptes personnels. »

Le parquet requiert 5 ans de prison contre Saâd Bouakba

Le journaliste est de ce fait poursuivi pour «insulte et de diffamation des symboles de la Révolution par le biais des technologies de l’information et de la communication, publication et de diffusion intentionnelles de fausses nouvelles ou d’informations malveillantes auprès du public par quelque moyen que ce soit, conformément aux articles 148 bis 1, 333 bis 6 et 196 bis du Code pénal».

Le procès du journaliste s’est déroulé ce jeudi devant le tribunal de Bir Mourad Raïs. Selon le quotidien El Khabar, le représentant du parquet a requis 5 ans de prison ferme contre Saâd Bouakba assortis de 2 millions de dinars d’amende, et 2 ans de prison ferme pour le directeur de la chaîne Vision TV.

Selon la même source, la défense de la plaignante a réclamé un dinar symbolique et s’est dite disposée à retirer la plainte si les accusés présentent des excuses pour les propos tenus.

Âgé de 79 ans, Saâd Bouakba est considéré comme le doyen de la presse algérienne. En octobre 2023, il a été condamné par le tribunal de Dar El Beïda à une année de prison, dont six mois fermes, à la suite de propos jugés insultants pour les habitants de la wilaya de Djelfa. Il n’a toutefois pas été incarcéré.

Souvent au centre de polémiques

Au cours de cet entretien, le journaliste avait avancé qu'après l'indépendance en 1962, certains dirigeants du FLN - parmi lesquels Ahmed Ben Bella - auraient pris le contrôle d'une partie de ces fonds. Le gérant de Vision TV, Abderrahim Harraoui, a écopé d'un an de prison avec sursis, «outre fermeture définitive de la chaîne et saisie du matériel de diffusion» selon l'agence APS.

Saad Bouakba, 79 ans, est considéré comme l'un des doyens de la presse algérienne. Il a commencé sa carrière dans la presse publique algérienne avant de devenir chroniqueur pour des médias privés comme El Khabar et Echourouk. Bouakba a souvent été au centre de polémiques et a déjà été mis en cause pour diffamation. Il avait été condamné en octobre 2023 à six mois de prison ferme.

Celui qui enseigne le bien aux autres, sans le faire, est semblable à l'aveugle qui porterait une lanterne.
Tribune rédigée par notre fidèle chroniqueur Daniel Salvatore Schiffer à quatre mains avec Elie Chouraqui.

Ils ont embarqué avec eux 62 intellectuels et artistes majeurs, ce qui en fait aujourd’hui la mobilisation la plus importante au monde à ce douloureux sujet.

Il n’y a pas là, dans ces quelques mots, de politique, Monsieur le Président. Non ! Il n’y a pas là, dans notre cri, de jugement porté contre votre pays ni contre quiconque en Algérie. Il n’y a pas de colère, pas de haine, pas d’appel à la brutalité, ni de véhémence. Pas de souvenir d’un passé ressassé, lointain qui laisse de chaque côté de notre Méditerranée le goût de la tristesse et du gâchis. Il n’y a là, ni appel à la sécession, ni de vociférations. Il n’y a là, ni cris de haine ou de flatterie indécente. Non ! Il n’y a là que quelques mots que nous, artistes, écrivains, philosophes et intellectuels français, espérons que vous entendrez.

Des journalistes convertis en treillis et rangers...
Des journalistes convertis en treillis et rangers...
«Le journalisme n’est pas un crime»
Le journaliste indépendant Khaled Drareni condamné à trois ans de prison ferme

Tout en adoptant la posture de «garant » des principes éthiques du journalisme, celui qui était lui -même journaliste, est chargé aujourd’hui, de mater ses anciens confrères.			
Quand Abdelmadjid Tebboune et Ammar Belhimer se contredisent!Entre carte de presse  et légitimité

« Khaled Drareni n’a jamais été détenteur de la carte de presse professionnelle prévue par l’article76 de la loi organique 12-05 relative à l’information du 12 janvier 2012. », a osé le ministre de la communication, dans un communiqué diffusé, ce jeudi 13 août, sur le site officiel de son département. Il enchaîne: « Aucun organe ni institution indépendante ayant diffusé ses couvertures et commentaires n’a sollicité des autorités compétentes la délivrance de l’accréditation préalable requise à l’effet de l’employer, en application de l’article 81 de la loi organique (12-05). »

Ammar Belhimer a ainsi poursuivi son matraquage contre le désormais « ennemi numéro Un » du pouvoir, Khaled Drareni, allant jusqu’à le déposséder de son statut de Journaliste.

Ammar Belhimer et l’échec des révolutions arabes 19h Info de Khaled Drareni

Au delà du fait qu’il s’exprime en sa qualité de ministre de la communication, la ficelle Tebounienne est un peu grosse. Elle vise à faire croire que l’indignation et la colère de l’opinion publique au lendemain de la condamnation de Khaled Drareni à trois ans de prison, est injustifiée, voire manipulée à des fins politiciennes ou pire, à décrédibiliser l’instance judiciaire, mais à faire croire surtout que Khaled Drareni n’est pas en prison en tant que journaliste.

«Les voies de recours, cadre idoine et exclusif d’un traitement juste du dossier, permettent à la défense de faire appel de la décision prononcée en première instance, loin de toute ingérence, de toute politisation et de toute manipulation d’une affaire qui, selon les qualifications retenues des faits, ne relève pas du libre exercice du métier de journaliste», déclare le ministre.

Piètre manœuvre, car les faits sont là: Depuis son intronisation, Abdelmadjid Tebboune n’a eu de cesse de susciter des réactions hostiles au sein de la corporation, quelques médias indépendants s’entend. Lui qui disait vouloir rompre avec les pratiques de son prédécesseur le président déchu, Abdelaziz Bouteflika, provoqua l’effet contraire. Il creusera, davantage, le fossé avec les journalistes lors de sa deuxième rencontre avec ces derniers, le 2 mai 2020. Ce jour là, il s’en prend, sans le nommer, à Khaled Drareni en le qualifiant de «Khabardji (espion).»

Abdelmajid Tebboune Ministre de l’Habitat dans le 19h INFO de Khaled Drareni

«Un journaliste qui a été interrogé, pour ensuite aller dans une ambassade pour leur donner un point sur la situation » , a-t-il affirmé, avant d’enchaîner : « Il a donné les noms des personnes qui l’ont interrogé. Vous n’êtes pas loin de l’informateur. C’est de notre droit de défendre notre souveraineté». Ce jour là, le «magistrat suprême » pèsera de tout son poids sur le pouvoir judiciaire, pour que Khaled Drareni- à qui il reconnaissait son statut de journaliste, pourtant- soit lourdement condamné.

Depuis, il ne passe pas une semaine sans que ses relais, le ministre de la communication en tête de file, n’attaquent les médias indépendants en général, Khaled Drareni en particulier. La dernière estocade en date remonte à la veille même du verdict dans le procès de ce dernier.

« Certains journalistes s’installent comme correspondants de fait – non accrédités selon les procédures en vigueur – d’organes étrangers, et entretiennent une sorte de loi du fait accompli qui les expose à plusieurs risques dont le premier, et non des moindres, est qu’ils ne sont pas reconnus comme correspondants », a -t- il déclaré comme pour annoncer la couleur de ce qu’allait être la sentence: trois ans de prison ferme!

A travers ses multiples sorties médiatiques, Ammar Belhimer apparaît comme le bourreau des journaliste. Tout en adoptant la posture de «garant » des principes éthiques du journalisme, celui qui était lui -même journaliste, est chargé aujourd’hui, de mater ses anciens confrères. Ce qui lui attirera les railleries de la corporation qui n’a pas manqué de rappeler que les médias lourds dits officiels, l’agence de presse et la télévision nationale en l’occurrence, reconnaissaient à Khaled Drareni son statut de journaliste.

On lui rappellera également que la carte de presse professionnelle qu’il s’évertue de défendre aussi éhontément, était délivrée à titre provisoire jusqu’à l’installation de la commission paritaire autonome dite la Commission de la carte nationale de journaliste professionnel ( CCNJP) et dont les membres sont élus. Or, celle-ci n’a jamais été installée, et que par conséquent, le fichier national de journalistes établi par Hamid Grine, alors ministre de la communication, ne répond à aucune norme légale. Conclusion: Aucun journaliste exerçant dans les médias privés ou publics, en Algérie, n’est en possession d’une carte de presse nationale valide, sauf si Ammar Belhimer entend par là une carte d’assujettissement au pouvoir!



Le Comité pour la protection des journalistes (Committee to Protect Journalists, CPJ), une ONG basée aux Etats-Unis, a appelé ce lundi à « libérer immédiatement » le journaliste Khaled Drareni, en détention depuis son arrestation le 7 mars dernier alors qu’il couvrait les manifestations populaires contre le pouvoir.

Affaire France 24: la réponse de Paris à AlgerLa gifle française pour l’Algérie

La France a réagi, ce mercredi 1er avril, à la convocation hier de son ambassadeur en Algérie, Xavier Driencourt, après un sujet de la chaîne France 24 sur la gestion du coronavirus en Algérie.

Interrogé lors du point de presse hebdomadaire sur la réponse apporté par l’ambassadeur lors de sa convocation, la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères a répondu: « L’ambassadeur a rappelé que l’ensemble des organes de presse jouissent d’une totale indépendance rédactionnelle en France, protégée par la loi ».

Algérie : des experts de l’ONU demandent la libération du journaliste algérien « Khaled Drareni » 

Des experts des droits de l’homme de l’ONU ont condamné, ce mercredi, la peine de prison prononcée en appel à l’encontre d’un journaliste algérien, Khaled Drareni, et demandé sa libération. 

«Nous condamnons avec la plus grande fermeté cette peine de deux ans de prison infligée à un journaliste qui ne faisait que son travail, et nous appelons les autorités algériennes à l’annuler et à libérer M. Drareni », ont relevé dans un communiqué ces experts indépendants mandatés par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU.

Cette peine «est encore grossièrement inappropriée car les accusations portées contre lui constituent une violation flagrante de la liberté d’expression, de la réunion pacifique et d’association», ont dénoncé les experts de l’ONU.

Condamné pour incitation à attroupement non arme, Khaled Drareni avait été arrêté en aout 2020 alors qu’il couvrait une marche du hirak a Alger.

Après avoir passé 11 mois en prison, il a été gracie par le président algérien Abdelmadjid Tebboune et libéré en février 2021.

Jeudi, la cour d’appel d’Alger a réduit la peine du fondateur du site d’information Casbah Tribune grâce à une requalification des faits. L’amende de de 50.000 dinars algériens a été maintenue.

Khaled Drareni est également correspondant pour la chaine de la télévision TV5 Monde et l’ONG Reporters sans frontières (RSF).

Les autorités lui ont également reproché d’avoir travaillé pour un média étranger sans accréditation

Selon la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme, plusieurs journalistes algériens sont en prison, après des condamnations ou dans l’attente de leur jugement.

« C’est un verdict très lourd pour Khaled Drareni. Trois ans ferme. On est surpris. Le dossier est vide », a déclaré l’avocat aussi président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH).


Amira Bouraoui arrêtée à Tunis...

La militante politique et animatrice de l’émission café presse politique (CPP) de Radio M, Amira Bouraoui a été arrêtée ce vendredi à l’aéroport international de Tunis, au moment où elle allait embarquer sur un vol à destination de Paris.

Placée sous interdiction de sortie du territoire national depuis quelques mois, et interdite que voyage, sans décision judiciaire depuis près de deux ans, la militante a tenté de se rendre à Paris en transitant par la Tunisie. Au moment de l’embarquement, la militante a été arrêtée munie de son passeport français. Elle a été placée en garde à vue avant d’être présenté devant le procureur de la République près le tribunal de Tunis, ce lundi 6 février. Le parquet avait ordonné sa remise en liberté. Dès sa sortie du tribunal, Amira Bouraoui a été de nouveau arrêtée et conduite à l’aéroport de Tunis afin d’être extradée vers l’Algérie.



Des ONG de défense des droits de l’Homme se sont mobilisées pour geler cette extradition qui, selon des sources proches du dossier, n’est pas motivée par une décision de la justice tunisienne. Certaines de ces ONG tentent de faire valoir le fait qu’elle soit munie d’un passeport français et que si extradition il y a, elle devrait se faire vers la France. Contactée, Me Zoubida Assoul explique que l’extradition et les conditions de son application relèvent des accords bilatéraux entre l’Algérie et la Tunisie. « Mais dans toutes les situations, l’extradition ne devrait pouvoir se faire sans une décision judiciaires », conclut l’avocate.

Les ONG de défense des droits de l’Homme ont alerté le Quai d’Orsay, afin que les autorités consulaires françaises en Tunisie interviennent pour la ressortissante française. Mais le consul général de France à Tunis n’a donné aucun signe de vie.

Que risquait Mme Bouraoui ?

S’il s’avère que la militante a traversé les frontières algériennes de manière illicite afin de se rendre en Tunisie pour tenter de rejoindre Paris, elle tombe sous le coup de l’article 175 bis 1 du code pénal algérien, qui prévoit une peine de 2 à 6 mois de prison assorti d’une amende.

Article 175 bis 1 : « Sans préjudice des autres dispositions législatives en vigueur, est puni d’un emprisonnement de deux (2) mois à six (6) mois et d’une amende de 20.000 DA à 60.000 DA ou de l’une de ces deux peines seulement, tout algérien ou étranger résident qui quitte le territoire national d’une façon illicite, en utilisant lors de son passage à un poste frontalier terrestre, maritime ou aérien, des documents falsifiés ou en usurpant l’identité d’autrui ou tout autre moyen frauduleux, à l’effet de se soustraire à la présentation de documents officiels requis ou à l’accomplissement de la procédure exigée par les lois et règlements en vigueur. La même peine est applicable à toute personne qui quitte le territoire national en empruntant des lieux de passage autres que les postes frontaliers ».

Déjà condamnée pour plusieurs chefs d’accusation, dont «atteinte à la personne du président», la médecin gynécologue de 45 ans, activiste de longue date, a de nouveau été condamnée en appel, le 18 octobre 2021, à deux ans de prison notamment pour « offense » à l’islam.Amira Bouraoui dit connaître tous les commissariats d’Alger, tant cette femme, médecin gynécologue de 45 ans, est victime d’un harcèlement judiciaire depuis une dizaine d’années. Le 18 octobre, la cour de Tipaza, à l’ouest de la ville, l’a condamnée en appel à deux ans de prison ferme pour « offense » à l’islam pour des propos tenus sur sa page Facebook.

Connue pour ses critiques de la politique, de la religion et de l’oppression des femmes, Amira Bouraoui avait également déjà été condamnée en mai 2021 à deux ans de prison pour «atteinte à la personne du président » et « diffusion d’informations susceptibles d’attenter à l’ordre public » (les peines ne sont toutefois pas cumulables). Elle n’a pour l’heure pas été incarcérée.

Dès 2011 elle réclame « la fin du système »

« Elle a été condamnée par contumace. Pourtant, Amira Bouraoui n’a jamais fui la justice, elle s’est toujours présentée à ses procès. Mais savait-elle seulement que celui-ci avait lieu ? », interroge Said Salhi, vice-président de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme.

En février 2011, après la chute des présidents tunisien et égyptien Ben Ali et Moubarak dans un monde arabe en ébullition, Amira Bouraoui sort aussi dans les rues d’Alger pour réclamer «la fin du système ». Ce qui lui vaut de premiers séjours dans les commissariats d’Alger.

Mais c’est en 2014 qu’elle apparaît comme l’une des figures de la contestation contre le quatrième mandat du président Abdelaziz Bouteflika. Elle est alors l’une des leaders du mouvement Barakat (« Ça suffit ! »). Au moment de l’élection en avril 2014, elle confie au magazine Jeune Afrique :« Nous sommes des citoyens, que certains pensaient morts ; nous n’étions qu’en convalescence d’une période douloureuse. Nous réapprenons à marcher, nous apprendrons à courir pour le bien de notre pays. »

À nouveau, elle participe activement au Hirak, le mouvement contre le cinquième mandat, qui a finalement raison de vingt ans de règne du président Bouteflika au printemps 2019. Elle est arrêtée en juin 2020 et reconnue coupable de six chefs d’inculpation qui lui valent d’être condamnée à un an de prison ferme. Incarcérée le 21 juin, elle est finalement remise en liberté provisoire le 2 juillet dans l’attente d’un nouveau jugement. En novembre 2020, elle est condamnée à trois de prison.

5 femmes parmi les 222 détenus d’opinion

D’après le décompte du comité national pour la libération des détenus, 222 détenus d’opinion purgent leur peine dans les prisons algériennes ou y restent souvent de longs mois en détention provisoire en attente de jugement. Parmi eux, cinq femmes, quatre activistes et la présidente du Congrès mondial amazigh (berbère), toutes incarcérées ces derniers mois.« Nous vivons une période du tout-sécuritaire, avec un durcissement des peines, le peuple ne va pas pouvoir continuer à subir cette pression », s’inquiète Said Salhi. Aucune manifestation n’a pu se tenir ces derniers mois. Pas même, pour la première fois de l’histoire, pour célébrer le soulèvement du 5 octobre 1988.


  • Pour la énième fois, Alger rappelle son ambassadeur en France

  • Le ministre Tunisien des Affaires étrangères, Othman Jerandi, limogé par le président

La militante franco-algérienne Amira Bouraoui échappe à une extradition vers Alger depuis la Tunisie après l’intervention de la France

Une tentative avortée de l’enlèvement en Tunisie de la journaliste Amira Bouraoui. Arrêtée en Tunisie alors qu’elle tentait de prendre l’avion pour Paris, la militante franco-algérienne risquait d’être expulsée vers l’Algérie, où elle fait l’objet d’une interdiction de sortie du territoire. Elle a finalement pu décoller pour l’Hexagone.

Selon le quotidien français Le Monde, elle a été "accueillie quelques heures à l'ambassade de France" avant d'obtenir "du président tunisien Kaïs Saïed l'autorisation de rejoindre la France".

L’intervention coordonnée de ses avocats tunisien (Maître Hashem Badra) et français (François Zimeray), mais aussi de certaines associations des droits humains, a fait réagir l’ambassade de France à Tunis, qui a placé la journaliste sous sa protection. Selon le journal Le Monde, Amira Bouraoui «a dû à sa nationalité française la protection diplomatique de Paris qui, après l’avoir mise en sécurité quelques heures à l’ambassade de France à Tunis, a obtenu du président tunisien, Kaïs Saïed, l’autorisation de la laisser rejoindre la France au lieu de l’extradition vers Alger à laquelle elle semblait condamnée».

Pour la énième fois, Alger rappelle son ambassadeur en France

L'Algérie a annoncé mercredi le rappel pour consultations de son ambassadeur en France, accusant des diplomates d'avoir procédé à "l'exfiltration clandestine et illégale" via la Tunisie de la militante et journaliste algérienne Amira Bouraoui.

Cette polémique illustre une énième fois la nature volatile des relations en Alger et l’ancienne puissance coloniale.
  • Début avril 2020, l’ambassadeur de France en Algérie, Xavier Driencourt, avait été convoqué aux Affaires étrangères après des déclarations tenues par un intervenant sur la chaîne internationale France 24, à propos de l’aide médicale chinoise, propos qui avaient fortement déplu aux autorités algériennes.

  • L’Algérie a décidé ce mercredi 27 mai 2020 de rappeler “immédiatement” pour consultations son ambassadeur en France, à la suite de la diffusion la veille de documentaires télévisés sur le mouvement de contestation antirégime, dans un climat de défiance à l’encontre des médias étrangers.

  • L’Algérie a décidé, samedi 2 octobre 2021, de rappeler « pour consultations » son ambassadeur à Paris, Mohamed Antar Daoud, a annoncé la télévision publique en citant un communiqué officiel de la présidence algérienne et en précisant qu’un autre communiqué explicatif suivrait. L’Algérie a justifié ce rappel par son « rejet de toute ingérence dans ses affaires intérieures ». Sa décision fait suite aux « déclarations attribuées » au président français, Emmanuel Macron....

Le ministre Tunisien des Affaires étrangères, Othman Jerandi, limogé par le président Kaïs Saïed

Une décision prise par le président tunisien au lendemain d’une crise diplomatique impliquant Tunis, Alger et Paris.

C’est par un court communiqué diffusé sur les réseaux sociaux que les Tunisiens ont appris qu’Othman Jerandi, jusqu’ici ministre des Affaires étrangères, était démis de ses fonctions par le président Kaïs Saïed. Il est remplacé par Nabil Ammar, auparavant ambassadeur de la Tunisie auprès de l'Union européenne.

L'annonce semble avoir surpris le ministre lui-même qui, quelques minutes auparavant, partageait encore ses dernières actualités officielles sur Twitter. «Mes fonctions de ministre des Affaires étrangères ont pris fin après 3 ans dans une circonstance délicate, ma seule boussole était l'intérêt suprême de la Tunisie », a réagi sur Twitter M. Jerandi, ajoutant que : «Où que je sois, je resterai au service de ce pays. Nous sommes tous de passage et la Tunisie reste le témoin de ceux qui l'ont aimée et qui lui ont été fidèles ».

Ce renvoi intervient au lendemain d’un bras de fer tendu entre Tunis, Alger et Paris autour du cas d’Amira Bouraoui. Cette opposante au régime algérien de nationalité algérienne et française s’était réfugiée en Tunisie, d’où elle souhaitait s’envoler pour la France. Les Algériens demandaient aux Tunisiens de la renvoyer instamment mais les autorités françaises ont réussi à obtenir, à la dernière minute, qu’elle quitte le territoire tunisien pour la France.

Alors que la Tunisie a opéré un rapprochement remarqué avec Alger ces dernières semaines, cet incident diplomatique vient brouiller les relations avec l'Algérie.

Bête noire du régime algérien

Cette journaliste à Radio-M, média privé, animait jusqu’à récemment une émission de débat politique intitulée «CPP» (Café politique presse), au cours de laquelle elle a l’habitude de décortiquer, avec ses invités, les dérives répressives des dirigeants de «l’Algérie nouvelle». Radio-M diffuse actuellement ses émissions sur le web depuis l’emprisonnement de son patron et fondateur, le journaliste Ihsane El Kadi, et la mise sous scellés de ses locaux en décembre dernier.

Amira Bouraoui, médecin de formation âgée de 46 ans, s'est fait connaître en 2014 avec son engagement dans le mouvement 'Barakat' qui a mené une campagne contre le quatrième mandat du président défunt, Abdelaziz Bouteflika. Elle a tenté plusieurs fois de quitter l'Algérie ces derniers mois pour rendre visite à son fils établi en France, mais en vain, selon le site du média algérien radio M où elle animait depuis septembre une émission politique.

La maman de la militante politique Amira Bouraoui a été transférée ce dimanche d’Alger vers la gendarmerie nationale de la wilaya de Annaba. Leur domicile familial, sis à Oued Roumane, à Alger, a été perquisitionné tôt le matin.

"Je répète où est ma mère ?" Wafa Bouraoui

La mère Khadija Bouraoui et la sœur Wafa Bouraoui de Amira Bouraoui ont été arrêtées chez elles samedi soir par les services de la gendarmerie de El achour. Après plusieurs heures, Wafa Bpouraoui a été libérée vers 5h du matin, tandis que sa mère Khadidja Bouraoui «âgée de plus de 70 et malade a été transférée par route vers la gendarmerie de la wilaya de Annaba», ont précisé ces sources. Peu avant, les services de la gendarmerie ont procédé à la perquisition du domicile familial, sis à Oued Roumane, ajoutent des sources.

Vendredi, Wafa Bouraoui avait dénoncé sur les réseaux sociaux ce qu’elle a qualifié de «pressions» des services de sécurité sur sa famille ici à Alger.

« (…) Nous envoyer deux jours de suite, tard dans la nuit, des agents en civil pour nous mettre sous pression avec une mère âgée et malade est juste inadmissible. Je comprends mieux pourquoi ma sœur a préféré partir », a écrit Wafa Bouraoui.

D’après des sources, un autre membre de la famille de Amira Bouraoui, à savoir son cousin, résidant à Annaba, a été lui aussi arrêté dans le cadre de cette affaire.

Interdite de quitter le territoire national, Amira Bouraoui a rejoint la France à travers la Tunisie. Elle a pu quitter ce pays après l’intervention des services consulaires français. Une affaire qui a provoqué un incident diplomatique entre Alger et Paris.

Voilà comment a rejoint la Tunisie

Pour rappel, Amira Bouraoui avait rejoint la Tunisie la semaine passée afin de prendre un vol vers la France où vit son fils. Arrêtée puis présentée par-devant le procureur de la République près le tribunal de Tunis, puis remise en liberté provisoire, après une garde à vue de 72 heures, la militante avait été arrêtée une seconde fois et transférée dans les locaux de la direction générale des frontières et des étrangers afin d’être extradée vers l’Algérie. Mais après plusieurs heures d’attente, Mme Bouraoui a finalement été relâchée, suite à l’intervention des autorités françaises.

Un lynchage médiatique orchestré contre Amira Bouraoui
Les Tunisiens humiliés et leur achats en Algérie saisis après l'affaire Amira Bouraoui

Aussitôt l’opposante algérienne Amira Bouraoui exfiltrée par le consulat de France en Tunisie, aussitôt l’Algérie a répliqué avec violence contre la Tunisie. Les réponses sont allées des pressions politiques à des violences contre de simples touristes en Algérie.


Le retour de Chakib Khelil...

Chakib Khelil, né le 8 août 1939 à Oujda, une ville située au nord-est du Maroc, avait contribué à faire de Sonatrch une précieuse source de renseignements de Halliburton sur les programmes de développement de l’industrie pétrolière algérienne et de la CIA sur des questions de défense nationale.

Comment pouvait-il d’ailleurs en être autrement sachant que cet individu ne faisait après tout que défendre les intérêts de sa patrie, la vraie, les Etats-Unis d’Amérique, et non pas ceux de l’Algérie, un pays dont il a été le ministre de l’Energie, dans lequel il n’a été que de passage durant quelques années et qu’il n’a découvert qu’à l’âge de 34 ans ? Car, contrairement à ce qu’il clame, il est bel et bien citoyen américain.

Chakib Khelil a passé plus de dix ans aux États-Unis. Arrivé chez l’Oncle Sam en 1960, il y poursuivra ses études jusqu’à l’obtention d’un master en mines et pétrole à l’Ohio State University puis d’un doctorat en ingénierie pétrolière à la Texas A&M University en 1968. Après avoir travaillé quelques années pour les compagnies Shell, Phillips Petroleum et D.R. McCord & Associates à Dallas, il rentrera à Alger en 1971.

Son passeport américain en témoigne. Voilà donc le cadeau empoisonné que la junte militaire veulent offrir aux algériens, avec la bénédiction de ceux qui sont censés veiller aux intérêts du pays mais qui, en réalité, voient en Chakib Khelil une formidable couverture pour les ravages causés par les années de règne d’Abdelmajid Tebboune.

Le mandat d’arrêt international contre Chakib
Le mandat d’arrêt international contre Chakib Khelil retirée par la même autorité judiciaire qui l’a émise. 
Chakib Khelil reconnaît avoir transféré près de 1 million de dollars (873 000 euros) de ses comptes américains vers la Suisse afin d’échapper à l’impôt.

Selon la justice « injustice » algérienne, qui, en août 2013, avait lancé contre lui un mandat d’arrêt international – retiré depuis – dans le cadre du scandale Sonatrach 2, l’ancien ministre possède non pas un, mais cinq comptes en Suisse. Il avait d’ailleurs eu recours à un cabinet d’avocats helvétique pour s’opposer à la communication de ses données bancaires à l’Algérie dans le cadre d’une commission rogatoire internationale. À en croire Khelil, ses comptes à Genève sont désormais fermés. L’argent a de nouveau été transféré vers les États-Unis, où une Green Card lui a été octroyée.

Chakib Khelil, le « Boutef’ boy »: L’affaire « Sonatrach 2 »

En 2005, son projet de réforme du secteur des hydrocarbures pour ouvrir davantage le pétrole algérien aux groupes étrangers est annulé par Abdelaziz Bouteflika, réélu une année plus tôt à la tête de l’État. La liquidation de BRC (Broot Root & Codor, filiale entre Sonatrach et la société de services pétroliers américaine Haliburton), suite à une enquête du DRS (services secrets) à laquelle Chakib Khelil avait toujours refusé de se soumettre, porte un nouveau coup à ses ambitions.

Mais Monsieur Énergie conserve de l’influence et commence alors à tremper dans des affaires de corruption impliquant des milliards de dollars. Avec la complicité de son ami, Farid Bedjaoui, Khelil octroyait des contrats juteux aux groupes étrangers parmi lesquels Saipem, filiale du groupe énergétique italien ENI. C’est ce que la justice algérienne baptisera « l’affaire Sonatrach 2 ». En 2008, Saipem avait décroché plusieurs contrats d’un montant supérieur à huit milliards de dollars. Suite aux révélations faites par la presse italienne, début 2013, sur les pots de vin versés par Saipem pour décrocher des contrats en Algérie, Khelil subit les premières perquisitions de la police judiciaire. Inquiété, il quitte le pays et se voit visé – ainsi que sa femme et ses deux enfants – par un mandat d’arrêt international pour corruption.

L’épouse de Chakib Khelil épinglée par les « Panama Papers »

 La famille de Chakib Khelil éclaboussée par des scandales financiers. Najat Arafat, son épouse, a été citée, dans de nouvelles révélation dans le cadre de l’affaire des «Panama papers». Malgré ses efforts pour se placer en victime, l’ex-ministre de l’Energie Chakib Khalil a été rattrapé par les des faits. Après avoir certifié à plusieurs reprises que ni lui ni sa famille ne sont impliqués dans des scandales financiers, de nouvelles révélations ont été faites, par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), impliquent Mme Khelil dans des affaires de blanchiment d’argent par le truchement de sociétés-écrans. En effet, les documents révèlent que Najat Arafat était, en 2005, à la tête de deux sociétés offshore, Carnelian Group Inc. et Parkford Consulting Inc., basées au Panama. Ces deux sociétés fictives servaient de paravent à des opérations de blanchiment d’argent en Suisse. Ces sociétés-écrans ont été cédées en 2007, à Omar Habour, un franco-algérien connu pour être un ami proche de la famille Khelil. 

Selon les Panama papiers, révélés le 9 mai par l’Icij, Najat Arafat Khelil, l’épouse de l’ancien ministre de l’Énergie et des Mines, Chakib Khelil, possédait deux sociétés écrans au Panama ayant servi à l’ouverture de deux comptes en Suisse. Un nouvel élément qui vient expliquer certains aspects toujours obscurs du scandale de la Sonatrach.

C’est une affaire qui tombe mal pour l’ancien ministre de l’Énergie et des Mines Chakib Khelil. Au moment où celui-ci cherche à redorer son image en Algérie, le Consortium international des journalistes d’investigation (Icij) révèle, le 9 mai dans sa dernière parution des « Panama papers », que son épouse, Najat Arafat, a disposé en 2005 de sociétés offshores domiciliées au Panama qui ont servi à dissimuler des comptes bancaires en Suisse.

Comptes cachés

« Alors que son époux entamait sa cinquième année à la tête du névralgique secteur de l’Énergie et des Mines, Najat Arafat, officiellement sans activité à l’époque, a recouru aux services du cabinet panaméen Mossack Fonseca pour créer deux sociétés offshores : Carnelian Group Inc., en mai 2005, et Parkford Consulting Inc., en octobre de la même année », révèle le journal en ligne ledesk.ma, membre de l’Icij.

Deux ans plus tard, les 26 et 27 novembre 2007, ces deux sociétés ont été cédées à Omar Habour, un Franco-Algérien de 77 ans, cité dans la sulfureuse affaire Sonatrach II, où Chakib Khelil, son épouse et leurs deux enfants sont mis en cause par la justice algérienne. Le transfert a été effectué par la société Multi Group Finance, basée en Suisse et agissant pour le compte de Najat Arafat, selon les documents publiés par ledesk.ma.

La nébuleuse affaire Sonatrach

Ces nouveaux éléments viennent compléter le puzzle de l’affaire dite de Sonatrach qui a éclaté en 2009 et dans laquelle la justice algérienne tente de tracer un vaste réseau de corruption entre la société pétrolière de l’État et des entreprises privées qui ont bénéficié de ses marchés, en particulier la société d’ingénierie et d’exploitation Saipem, filiale du géant pétrolier italien ENI, qui a remporté près de 8 milliards d’euros de contrats auprès de la compagnie nationale algérienne en contrepartie d’une somme de 200 millions d’euros de pots de vin.

Saipem aurait versé cette coquette somme à la société Pearl Partners Ltd, domiciliée à Hong Kong et appartenant à Farid Bedjaoui, un proche de Chakib Khelil, pour qu’il la redistribue à son tour à des lobbyistes algériens et à des responsables de Saipem. Le nom de l’épouse de Chakib Khelil, Najat Arafat, a été cité en tant que bénéficiaire de ces versements, via ses comptes en Suisse.

L’enquête judiciaire algérienne a aussi révélé que Chakib Khelil, au cœur de ce système de corruption, avait 5 comptes en Suisse. Voyant l’étau se resserrer sur lui, ce dernier avait tenté en vain d’empêcher la justice fédérale suisse de transmettre à Alger des documents bancaires l’impliquant, se disant victime de machinations politiques en raison de ses liens rapprochés avec Abdelaziz Bouteflika.

Najat, la patronne

Ces nouvelles révélations viennent donc confirmer le rôle prépondérant joué par Najat Arafat aux côtés de son mari dans l’affaire Sonatrach. D’origine palestinienne naturalisée américaine, elle a toujours été une femme d’influence. Lorsque son mari était aux commandes du ministère de l’Énergie, elle avait son mot à dire sur la gestion de toutes les institutions relevant de sa compétence, y compris la compagnie pétrolière nationale, dont elle supervisait même les travaux de rénovation.

Sonatrach / Scandale du Liban

Après le démenti formel, adressé par Sonatrach à l’agence gouvernementale APS pour affirmer que l’entreprise n’a aucun représentant au Liban, voilà que l’enquête menée par la justice de ce pays dévoile de nouveaux éléments accablants sur le vaste trafic du fuel destiné à la société locale de l’électricité.

La télévision libanaise a même exhibé une correspondance de SPC-BVI, la filiale londonienne de Sonatrach, citant le nommé Tarek Fawal comme étant le représentant au Liban de l’entreprise, chargé de toutes les démarches concernant les remises des documents relatifs aux cargaisons de fuel.

Par le démenti qu’elle a adressé à l’opinion, la direction de Sonatrach a commis un acte grave, consistant à dissimuler des faits graves de gestion et surtout une tentative de taire un crime de corruption dans lequel sont impliqués des employés et des partenaires de l’entreprise.

Au lieu de passer un temps précieux à mobiliser le « doubab » pour soigner son image et défendre sa piètre prestation, le patron de Sonatrach aurait du constituer une commission d’inspection pour vérifier la véracité des accusations de la justice libanaise. Non, rien de cela. Il fait passer passivement le communiqué de l’APS, diffusé au nom de SPC, qui avait pour seul objectif, disculper Rafik Demak, le responsable de SPC-BVI.

L’affaire du carburant défectueux au Liban ne cesse de livrer de nouveaux secrets qui risquent d’épingler de plus en plus, l’entreprise nationale Sonatrach et plusieurs de ses collaborateurs. Jeudi dernier, c’est la députée Paula Yacoubian, membre du Parlement libanais issue de la société civile, qui a dénoncé « le secret intrigant » entourant le contrat passé entre l’Etat libanais et l’entreprise publique algérienne.

Les scandales de corruption ne semblent plus en finir avec le géant pétrolier algérien. L’affaire du carburant défectueux qui ébranle le Liban depuis quelques jours, prend l’allure d’un véritable scandale impliquant Sonatrach. La presse libanaise cite la société algérienne et sa filiale londonienne SPC-BVI, comme partie prenante.

S’expriment jeudi dernier, lors d’une conférence de presse au Parlement, Paula Yacoubian indique que « le dossier du carburant défectueux est un énorme scandale, documenté par de nombreux rapports », dénonçant au passage certaines parties qui « commencent à œuvrer pour l’enterrer. » Paula Yacoubian a émis des soupçons sur la nature du contrat classé « secret » depuis 2005, entre Sonatrach et l’Etat libanais. Elle mentionne que ce fameux contrat est renouvelable chaque 3 ans. La filiale londonienne, Sonatrach Pétrolier Corporation (PSC BVI) a été largement citée dans ce scandale qui risque de livrer tous ses secrets.

L’affaire, selon les enquêtes que les médias libanais ont divulguées certains de ses détails, concernaient un contrat conclu en 2005 entre l’État libanais et les autorités algériennes. Ce contrat se renouvelle automatiquement par le conseil des ministres libanais sans passer par les procédures légales mise en place pour l’octroi de contrats en passant par un appel d’offres. Cependant, l’aspect grave de l’affaire est que le contrat a été signé avec la société algérienne Sonatrach en guise de façade en échange de la prise de sa commission, tandis que le carburant contrefait est importé d’un pays étranger autre que l’Algérie, dont le nom n’a pas été divulgué. Des sources libanaises ont confirmé l’arrestation de plusieurs personnes dans le cadre de cette affaire, dont l’agent exclusif de la société Sonatrach au Liban, dont l’identité n’a pas été révélée. Ce scandale vient confirmer que la corruption dans le règne des généraux est devenue Internationale. De ce fait, une enquête doit être ouverte concernant tous les contrats et transactions commerciales à l’étranger, en particulier pour les responsables qui ont offert leurs filles aux Libanais et font fuir l’argent du peuple en contrebande de l’Algérie au Liban.

Liban: graves révélation d’une députée sur la corruption à Sonatrach (vidéo)
L’ombre de Chakib Khalil et Farid Bedjaoui

La députée indépendante a notamment ciblé Farid Bedjaoui qui avait été naturalisé libanais en 2018 alors qu’il était impliqué dans plusieurs dossiers de corruption dans l’affaire Sonatrach – Saipem. « Il y a un mandat d’arrêt qui a été lancé à son encontre. Il est poursuivi en Algérie et en Italie et je ne sais pas s’il l’est aussi dans d’autres pays. Il a bénéficié de la nationalité libanaise en 2018 et il se dit que la sûreté générale a informé la présidence de la République que cet homme est sous le coup de poursuites, qu’il y a un mandat d’arrêt lancé contre lui, et malgré cela on a insisté pour sa naturalisation », a-t-elle déclaré.

لكي يكون اللبنانيون على نور هذا هو مضمون العقد الموقع بين لبنان وشركة سوناتراك والذي وقع تحت مسمى »سري »!@daou_rimane لمتابعة الحلقة كاملة على هذا الرابط:https://t.co/cgPnTUsPsJ pic.twitter.com/kYdRe8Nqei — سالم زهران (@salemzahran05) May 6, 2020

Paula Yacoubian fait aussi référence à Chakib Khalil, ancien ministre algérien de l’Energie. «En 2002 et 2003, il (Farid Bedjaoui, Ndlr) était ici au Liban, l’ancien ministre de l’Énergie algérien Chakib Khelil était lui aussi ici. En 2005 le contrat entre Sonatrach et VI a été signé, le contrat est resté secret », a précisé la députée.


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