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Exclusif: Le pape Léon XIV en Algérie: Le retour en force du culte de la personnalité... La «neutralité» des lieux de culte... By- Mohmmed Gherrabi


Depuis 2019, les Algérois observent avec une fierté mêlée de surprise un bâtiment particulier. Djamaa el-Djazaïr, la Grande Mosquée d'Alger, se dresse fièrement sur le front de mer avec son minaret de 265 mètres, érigé par des Marocains et des Chinois. Étant l'une des plus grandes mosquées du monde, elle a été souhaitée par le président Bouteflika comme une affirmation de l'identité nationale et religieuse.

Après Macron, Léon XIV y entrera

En présence du ministère algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, et du recteur de la mosquée, Mohamed Mamoune El Kacimi El Hassini, Emmanuel Macron a déambulé dans les arcanes de ce monument religieux qui fait encore l’objet de critiques pour son coût. Même si le chef de l’État français n’a pas pris la parole à l’issue de cette brève visite, son déplacement dans ce lieu de culte a marqué les esprits.

« Il fallait sortir du cliché Macron islamophobe ou de la France qui se bat contre l’islam, confie l’un des membres de la délégation française. Là encore, son déplacement à la Grande Mosquée est un message de tolérance et une manière d’insister sur le dialogue entre les trois religions monothéistes. »

Le 13 avril au soir, Léon XIV y entrera.... Le retour en force du culte de la personnalité

C'est la première fois qu'un pape visite une mosquée en Algérie. La présence d'un portrait officiel du président controversé et mal élu, Abdelmajid Tebboune, dans la mosquée d'Alger a suscité l'étonnement des internautes et a provoqué une polémique sur les réseaux sociaux.

Ils ont été nombreux à ne pas avoir cru leurs yeux en découvrant l’image tant elle leur paraissait d’une autre époque.

La « neutralité » des lieux de culte est un aspect fondamental en démocratie, et nul, pas même le chef de l'État, ne peut exploiter ce « bien commun » à des fins personnelles.

L’interdiction de la représentation humaine en Islam

Dans l'Islam, l'idolâtrie est strictement interdite et considérée comme l'un des péchés les plus sérieux. Par conséquent, la représentation humaine en tant qu'objet de vénération ou de culte est prohibée dans les lieux de culte, comme les mosquées. Cette interdiction est fondée sur le Coran, où il est clairement affirmé que Dieu est unique et ne peut être représenté sous aucune forme, qu'elle soit humaine ou animale.

En conséquence, la représentation de Dieu, des prophètes ou même des êtres humains est fréquemment évitée. Les artistes musulmans optent plutôt pour des motifs géométriques, floraux ou calligraphiques, qui incarnent la perfection divine et la transcendance de Dieu par rapport aux créatures terrestres.

Des Marocains et des Chinois plutôt que des algériens⁉
Des artisans stucateurs marocains ont décoré la mosquée d'alger et plusieurs autres mosquées et villas algériennes.

L'artisanat marocain est l'un des plus développés du monde et reste intimement lié à l'architecture de ce pays qui n'a jamais laissé péricliter ses anciens métiers.

Le marbre, les stucs, les verreries, les moucharabiehs en cèdre, en ébène et en acajou, les boiseries, les céramiques dignes des anciennes mosquées maghrébines et même les lustres de la mosquée Hassan II sont l'œuvre des 10 000 artisans qui se sont relayés jour et nuit pendant des années sur les façades intérieures et extérieures de la mosquée Hassan II.

L'algérie est loin d'avoir pareils potentiel et savoir-faire en matière d'artisanat, voilà pourquoi la mosquée d'alger a été un énième édifice habillé avec du toc d'importation.

La réalisation de la grande mosquée d’alger a été confiée à la société chinoise China State Construction Engineering Corporation (CSCEC).

Les premières opérations de coulage des fondations en béton ont commencé, après une cérémonie de lancement des travaux. Des centaines d’employés chinois étaient disposés en rang d’oignons, applaudissant les discours du ministre Ghlamallah et du directeur général de l’agence nationale de réalisation de la mosquée (Anagerma), Mohamed Lakhdar Alloui. Côté chinois, l’ambassadeur de l’Empire du Milieu à alger, Liu Yuhe, et le PDG adjoint de CSCEC, Zhou Sheng, étaient également présents.

Comme pour la réalisation de l’autoroute Est-Ouest, des milliers d’ouvriers chinois débarqueront sur le sol algérien pour accomplir les travaux. Au début du projet, Mohammed Lakhdar Alloui avait assuré que la construction de la Grande Mosquée allait «générer 17 000 emplois dont 10 000 pour des Algériens». Il y a quelques jours, alors que les premiers mètres cubes de béton venaient tout juste d’être coulés, le PDG d’Air Algérie a quelque peu nuancé le tableau en inversant le ratio. D’après Mohamed Salah Boultif, la compagnie aérienne nationale aurait en effet passé un accord avec CSCEC pour transporter 10 000 ouvriers chinois jusqu’à alger… Pourtant, le taux de chômage dépasse allègrement les 10% en algérie et un jeune sur quatre «tient les murs», en attendant de trouver un emploi.

Dans cet extrait d’une émission de l’ENTV, qui semble avoir été réalisée lors de la campagne présidentielle, une journaliste posait une question à l’actuel "président" algérien Abdelmadjid Tebboune.

  • La journaliste: "Que répondez-vous à ceux qui disent qu’il aurait mieux valu construire des hôpitaux ou des universités au lieu d’une grande mosquée qui a couté une somme astronomique?"

  • Abdelmadjid Tebboune: " je n’ai pas de réponse."


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