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Diplomatie portuaire: entre soft power et stratégies de rayonnement économique... Le génie royal... [Analyse] By - Mohammed Gherrabi

La diplomatie portuaire repose sur un double levier:

  • séduire les investisseurs par la performance;

  • imposer un narratif positif dans la compétition globale des hubs maritimes.

Une composante importante du soft power

Les ports et les aéroports sont donc des éléments clés de la stratégie nationale, contribuant à la dynamisation de la croissance économique et à la promotion des activités liées aux ressources maritimes. Ils sont également des pôles de développement qui soutiennent le développement économique, social et industriel régional.

Dans un monde où 90 % du commerce transite par voie maritime, les ports ne sont plus de simples infrastructures logistiques. Ils sont devenus des instruments de puissance, des vitrines diplomatiques et des leviers d’influence économique. À travers le concept de diplomatie portuaire, les grandes nations maritimes projettent leur image, séduisent les investisseurs et imposent leur place dans les chaînes de valeur mondiales.

Les ports et aéroports jouent un rôle crucial dans la représentation de l'image d'un pays. Ils sont souvent considérés comme des portes d'entrée et de sortie pour le pays, facilitant l'accès et la sortie des territoires. Ils sont également des véteaux de la mondialisation, polarisant les flux et permettant d'accéder du proche au lointain. Les aéroports, en particulier, sont des vecteurs de circulation humaine à l'échelle planétaire, témoignant de l'importance de l'aéromobilité dans les pratiques et normes des mobilités mondialisées. Les ports, quant à eux, sont des infrastructures de transport qui facilitent les opérations de chargement, déchargement, ravitaillement et réparations, et qui peuvent également servir de lieu de séjour.

Une identité visuelle inspirée du patrimoine marocain

Le nouveau logo de l’ONDA se veut le reflet d’une double aspiration : incarner la modernité tout en honorant l’héritage culturel national. Inspiré du zellige traditionnel et des quatre points cardinaux, il symbolise à la fois l’ouverture sur le monde et l’ancrage dans le territoire. La typographie contemporaine, les lignes épurées et une palette chromatique empruntée au bleu du ciel et à l’ocre de la terre marocaine traduisent un équilibre subtil entre tradition et innovation.

Historiquement, les ports étaient considérés comme de simples zones de transit des marchandises. Mais dans la compétition mondiale contemporaine, ils sont devenus de véritables plateformes stratégiques. Rotterdam, Singapour, Tanger Med ou Shanghai ne se contentent pas de drainer des millions de conteneurs : ils incarnent la prospérité et le prestige de leurs nations. Au fil des années, deux dimensions se sont accrues inexorablement.

  • Le hard power logistique, qui repose sur la taille des infrastructures, la fluidité des corridors, la profondeur des canaux et la capacité à absorber des flux massifs

  • Le soft power portuaire, qui s’exprime par le rayonnement, l’image de marque, la capacité à attirer les grands armateurs et investisseurs grâce à une communication et une diplomatie proactive.

Quand les quais deviennent diplomates

La diplomatie portuaire dépasse largement le cadre du commerce pour s’inscrire dans des enjeux de géopolitique, d’innovation et d’image nationale. Aujourd’hui, les ports ne sont plus seulement des terminaux maritimes : ce sont des scènes de pouvoir, où se négocient alliances régionales, corridors logistiques et récits stratégiques.

Tanger Med (Maroc) illustre la capacité d’un port à se positionner comme plateforme géopolitique neutre. Ce hub relie des économies concurrentes (Europe, Afrique et Moyen-Orient) et devient un espace de médiation économique. Il attire les multinationales par une stratégie de “neutralité logistique”: absence de barrières idéologiques, fiscalité attractive, et garanties de sécurité maritime. Ce port fonctionne comme une “zone franche diplomatique”, où la fluidité des échanges prime sur les tensions géopolitiques. En définitive, le port devient une véritable scène diplomatique mondiale. En combinant ces dimensions ( institutions, innovation, coopération neutre) le port devient des lieux de mise en scène du prestige national. Accueillir des conférences internationales, signer des accords de transit, inaugurer des terminaux verts ou lancer des projets high-tech ne sont pas de simples actes économiques. Il s’agit d’actes diplomatiques destinés à affirmer une position dans la hiérarchie mondiale. La diplomatie portuaire repose finalement sur un double levier: séduire les investisseurs par la performance et imposer un narratif positif dans la compétition globale des hubs maritimes.

Sa Majesté le Roi Mohammed VI préside une réunion de travail sur le projet du port de Nador West Med.

Sa Majesté le Roi Mohammed VI a présidé, ce mercredi 28 janvier 2026, au palais royal de Casablanca, une réunion de travail consacrée au suivi de l’avancement des travaux du nouveau complexe portuaire et industriel de Nador West Mediterranean. Cette démarche s’inscrit dans la stratégie royale visant à renforcer la connexion permanente de l’économie du Royaume avec les chaînes de valeur mondiales en établissant des infrastructures portuaires modernes.

Lors de la réunion, le président du conseil d’administration du projet, M. Fouad El Brini, a présenté à Sa Majesté un exposé détaillé sur l’avancement des travaux et les réalisations accomplies jusqu’à ce jour, affirmant la préparation du projet pour un lancement opérationnel au cours du dernier trimestre de cette année.

Le projet de Nador West Mediterranean complétera le succès du port de Tanger Med, devenu le premier centre portuaire d’Afrique et de la Méditerranée. L’objectif est de construire un système portuaire national intégré, renforçant la compétitivité de l’économie nationale et contribuant à la création d’emplois ainsi qu’au développement équilibré des régions.


Ce complexe portuaire comprend un projet intégré alliant un port de nouvelle génération à une vaste plateforme industrielle, logistique et énergétique. À ce jour, le projet a attiré des investissements publics et privés s’élevant à un montant total de 51 milliards de dirhams. Les infrastructures de base du port comprennent 5,4 kilomètres de brise-lames, 4 kilomètres de quais et 4 centres énergétiques. De plus, deux contrats de concession ont été signés pour les terminaux à conteneurs, qui commenceront à fonctionner progressivement cette année.

Le complexe accueillera un port de l’énergie abritant la première station de gaz naturel liquéfié du Royaume, avec une capacité annuelle de 5 milliards de mètres cubes, ainsi qu’une station de carburants, renforçant la souveraineté énergétique du Maroc. Une fois achevé, le port aura une capacité annuelle de 5 millions de conteneurs et 35 millions de tonnes de marchandises, avec la possibilité d’augmenter cette capacité à 12 millions de conteneurs et 15 millions de tonnes de marchandises liquides à l’avenir.

Le projet inclut également la création de nouvelles zones industrielles s’étendant sur 700 hectares, où les premières installations pour les acteurs internationaux se sont déjà installées, avec des investissements privés confirmés atteignant 20 milliards de dirhams, ce qui reflète la confiance des investisseurs dans le secteur maritime et industriel du Maroc.

À l’issue de la présentation, Sa Majesté le Roi a donné des instructions aux intervenants pour prendre toutes les mesures nécessaires afin d’assurer le bon démarrage du projet et de mettre en œuvre des programmes de formation spécialisés pour accompagner les investisseurs, faciliter l’intégration des jeunes, et renforcer leurs opportunités d’emploi. De plus, il a souligné l’importance d’assurer que les régions avoisinantes bénéficient des avantages du projet, par le biais de programmes d’amélioration urbaine et d’un plan d’action multidimensionnel garantissant le développement durable du port.

Ont assisté à cette réunion de travail, le ministre de l’Intérieur, M. Abdelouafi Laftit, la ministre de l’Économie et des Finances, Mme Nadia Fettah, le ministre de l’Équipement et de l’Eau, M. Nizar Baraka, le ministre de l’Industrie et du Commerce, M. Ryad Mezzour, la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Mme Leila Benali, ainsi que le président du conseil d’administration de Nador West Mediterranean, M. Fouad El Brini.

La guerre des puissances portuaires

La «guerre portuaire» est la compétition stratégique et économique entre ports pour attirer le trafic maritime, impliquant des investissements dans les infrastructures, des stratégies commerciales et une concurrence pour le contrôle des flux de marchandises.

Un roi, dynamique, stratège et lucide, aussi bien que nanti d'une verve humaniste et conciliante.

Dans un contexte ou le transport maritime est un enjeu stratégique mondial, ou les infrastructures portuaires sont décisives en termes de développement et de puissances économiques, le port Tanger Med multiplie les actions contribuant au renforcement de son développement et son influence.

Le génie royal

Sa Majesté le Roi Mohammed VI, est inéluctablement un grand leader politique qui a su changer le visage et la physionomie d'un pays en une décennie, et qui est en train de retransmettre une notoriété internationale au Continent.

Il est sans équivoque le chef de file d'une poignée de chefs d'états africains qui appellent au sursaut, à l'union et à l'émergence, toutes les volontés du continent, avec une philosophie de règne et un idéal distingué, celui de mettre le citoyen marocain et le citoyen africain, au devant de toutes les priorités !

Tanger Med, Nador West Med, Dakhla Atlantique... cap sur une puissance portuaire intégrée

À l’instar d’autres chantiers stratégiques du Royaume, les ports disposent, eux aussi, de leur Feuille de route, en vigueur depuis 2010. La stratégie portuaire à l’horizon 2030 ambitionne de positionner le Maroc sur le marché du transbordement en Méditerranée et de capter toutes les opportunités offertes par la région. L’ambition est aussi de structurer des zones logistiques modernes pour un ancrage croissant dans l’espace atlantique africain.

Tanger Med constitue une réussite exemplaire à dupliquer. Le port, de par son rôle stratégique sur les plans logistique et maritime, notamment en matière de connectivité, a permis au Maroc de se hisser à la quatrième place mondiale. Ce succès s’explique par la Vision Royale qui l’a porté, ainsi que par la mise en œuvre d’une réforme intégrée dans les domaines portuaire, logistique et industriel. Cette réforme a permis, selon le ministère de tutelle, de créer quelque 100.000 opportunités d’emploi et d’attirer, grâce à une connectivité renforcée, de nombreux investisseurs dans la région nord. Le Royaume développe actuellement d’autres hubs portuaires d’envergure, notamment Dakhla Atlantique et Nador West Med. Pour les pouvoirs publics, les défis à venir du secteur concernent principalement la durabilité et la digitalisation logistique.

L’importance du secteur du transport maritime, levier essentiel du développement économique du Maroc, a été soulignée lors d’une réunion sur l’«Opération Marhaba 2024». En effet, 96% des échanges commerciaux internationaux du Royaume se réalisent par voie maritime. Le trafic a connu une progression significative entre 2006 et 2022, passant de 67 millions de tonnes en 2006 à plus de 195 millions de tonnes en 2022. Le transport maritime demeure, également, le moyen privilégié par les Marocains résidant à l’étranger (MRE) pour rejoindre leur pays durant la saison estivale. Pour l’«Opération Marhaba 2024», quelque 29 navires ont été mobilisés, opérés par 7 compagnies, assurant plus de 535 traversées hebdomadaires. La capacité maximale hebdomadaire était estimée à 500.000 passagers et 130.000 voitures.

Durant la période du 5 juin au 15 septembre 2024, plus de 3 millions de passagers ont transité par les ports marocains, dont 70% de MRE, ainsi que 705.000 voitures. Cela représente une augmentation de 6% pour les passagers et de 10% pour les véhicules par rapport à 2023.

Nador West Med : accélérateur de l’Est

Inscrit dans la Stratégie portuaire nationale 2030, le complexe portuaire stratégique de Nador West Med (NWM) a pour objectifs de renforcer la compétitivité logistique du Maroc, de sécuriser les approvisionnements stratégiques et de stimuler le développement socio-économique de la région de l’Oriental. Le port devrait accueillir son premier navire à la mi-2026, selon la direction du projet.

Appuyé par la Banque africaine de développement (BAD) et financé en partie par des institutions internationales, NWM vise à intégrer la région Est du Royaume dans les circuits économiques nationaux et internationaux. Il est conçu pour attirer des investissements dans les secteurs industriels et logistiques. Des mesures environnementales ont été intégrées au projet, notamment une étude d’impact environnemental et social conforme aux normes internationales. Le port prévoit, également, d’accueillir des activités liées aux énergies renouvelables, en particulier l’éolien. Le terminal à conteneurs Est du port aura une capacité de traitement de 3,4 millions d’EVP (Équivalent vingt pieds) à pleine capacité, positionnant Nador West Med comme un acteur concurrentiel dans la région méditerranéenne. Le projet générera des milliers d’emplois directs et indirects, accompagnés de programmes de formation destinés à renforcer les compétences locales. Nador West Med s’inscrit dans la stratégie nationale visant à optimiser la chaîne logistique et à promouvoir un développement régional équilibré. La réussite du chantier dépendra aussi des infrastructures connexes. En août dernier, l’Office national des chemins de fer (ONCF) lançait une consultation pour la réalisation des travaux routiers et ouvrages d’art dans le cadre de la desserte ferroviaire du port. L’appel d’offres pour la construction d’une infrastructure ferroviaire reliant Selouane au NWM a été officiellement lancé en janvier dernier. Le coût du chantier est estimé à 504 millions de dirhams.

Dakhla Atlantique: Le Maroc trace sa voie au Sud

Dakhla Atlantique progresse activement et sûrement. Selon les informations disponibles, le taux d’avancement des travaux atteint un peu plus de 27%. Cette année 2025, une enveloppe de 2,16 milliards de DH est mobilisée pour la réussite de ce chantier ambitieux. L’investissement global s’élève ainsi à 13,61 milliards. Le port, situé à environ 40 km au nord de la Perle du sud du Royaume, comprend la construction d’un pont maritime de 1,3 km et de digues de protection s’étendant sur 6,7 km. Il sera doté de plusieurs installations avec une technologie de pointe, telles qu’un terminal pétrolier pour le commerce, un port de pêche côtier et hauturier avec une capacité de transbordement de près d’un million de tonnes de vpoissons et de fruits de mer, ainsi qu’un port de réparation navale. En plus des infrastructures portuaires, Dakhla Atlantique comprend également la construction de liaisons terrestres, notamment une jetée et une route de 7 km reliant le port à la Route nationale 1. Les travaux devraient s’achever en 2028.

Le plus grand port du Sahara, c’est aussi un savoir-faire 100% marocain érigé en véritable fierté nationale. Il emploie environ 1.600 personnes sur une surface de 1.650 hectares. Le port, qui engendrera une transformation économique de la zone sahélienne, se veut également une traduction concrète dans les faits de l’Initiative Royale Atlantique.

Tan-Tan, futur moteur du développement portuaire dans les provinces du Sud

À l’horizon 2027, le port de Tan-Tan ambitionne de devenir un modèle de développement portuaire durable. Un ambitieux programme de modernisation de 128 millions de dirhams a été lancé dans cette infrastructure stratégique de la région de Guelmim-Oued Noun à l’occasion du 49e anniversaire de la Marche Verte. Point d’orgue du projet : une station de déminéralisation des eaux saumâtres, pour un investissement de 47,7 millions de dirhams. Cette transformation, qui se poursuivra jusqu’en 2027, reflète la volonté du Royaume de faire des provinces du Sud un modèle de développement durable, en renforçant leur autonomie énergétique et hydraulique. Tan-Tan s’affirme ainsi comme un futur hub maritime moderne, tourné vers l’avenir. Cette modernisation, qui s’inscrit dans la stratégie portuaire nationale à l’horizon 2030, prévoit notamment la possibilité d’implanter un chantier naval régional.

Le port se positionne ainsi comme un catalyseur du développement régional, alliant performance économique et responsabilité environnementale. La modernisation du port de Tan-Tan représente plus qu’un simple projet d’infrastructure. Le port de Tan-Tan se prépare à devenir un centre clé pour l’exportation de l’hydrogène vert en Europe.

Marsa Maroc s’ancre à Nador West Med avec une nouvelle concession

En février 2025, Marsa Maroc avait annoncé l’obtention de la concession du terminal à conteneurs Est auprès de la Société Nador West Med. La plateforme disposera de 1.440 mètres linéaires de quai, fondés à une profondeur de 18 mètres, et sera réparti en 2 sections : une première de 900 mètres dédiée à l’activité conteneurs et une seconde de 540 mètres pour le traitement des marchandises diverses. La nouvelle plateforme couvrira sur une superficie de 60 hectares et sera équipée, à terme, de 8 portiques de quai (STS), de 24 portiques de parc (RTG) et de 4 grues mobiles de dernière génération. La société mobilisera, avec ses partenaires, un investissement estimé à 280 millions d’euros pour la réalisation de la première phase de ce terminal dont la mise en service est prévue à partir de 2027. Avec ce nouveau projet, Marsa Maroc dispose, désormais, dans son portefeuille de concessions de 3 terminaux de transbordement des conteneurs sur la façade méditerranéenne, renforçant ainsi son positionnement sur ce marché. La mise en service du terminal Ouest devra porter la capacité de traitement du trafic conteneurisé de Marsa Maroc à 9 millions d’EVP (Équivalent vingt pieds), dont près de 7 millions d’EVP dédiés au transbordement des conteneurs. Cette nouvelle concession s’inscrit dans la nouvelle vision stratégique du groupe qui ambitionne de renforcer sa position en Méditerranée tout en se positionnant comme partenaire portuaire, maritime et logistique intégré à l’international. L’opérateur public domine actuellement la carte nationale de gestion des terminaux puisqu’il opère 25 plateformes dans 11 ports du Royaume. Il gère ainsi un trafic total dépassant les 60 millions de tonnes.

Connecté à la Méditerranée et à l’Afrique, le Maroc redéfinit son avenir maritime

3.500 km de côtes. 75.000 km de zones maritimes territoriales. 1,2 million de kilomètres carrés de zone économique exclusive. 14 ports (sur un total de 43) ouverts au commerce extérieur. Le Maroc aspire à être une nation maritime de premier plan. Conscient de l’importance de l’économie bleue, la stratégie du pays – miser sur les ports – a payé. Il se hisse au 20e rang mondial en termes de connectivité maritime. Un autre attend le Royaume: intégrer le cercle fermé du marché international du transport maritime.

L’an dernier, le Maroc commandait une étude pour la constitution d’une flotte nationale de la marine marchande au cabinet Boston Consulting Group (BCG). Elle s’inscrit dans le cadre des Hautes Instructions de Sa Majesté le Roi contenues dans Son Allocution à l’occasion du 48e anniversaire de la Marche Verte. Les principaux objectifs étaient alors déclinés : «Renforcer le secteur maritime comme pilier essentiel de l’économie et du commerce extérieur» et «doter le Maroc d’une souveraineté maritime et alimentaire», lisait-on dans un communiqué de l’Association marocaine des exportateurs (Asmex), qui avait pris part à une réunion avec ledit cabinet.

L’étude qu’il conduit vise aussi à capitaliser sur les infrastructures existantes ou en chantier : les ports Tanger-Med, Nador West Med et Dakhla Atlantique. Il s’agit aussi «de développer les relations entre le Maroc et les pays de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel, sans oublier l’Europe du Sud et la Méditerranée de l’Est». L’Asmex a livré quelques détails sur les moyens de réaliser ces objectifs. Parmi eux, «la création de corridors intelligents de transport international avec le pavillon marocain entièrement dématérialisé à destination des pays africains et tenant compte du fort potentiel de l’Accord de libre-échange continental (Zlecaf)». La confédération des exportateurs recommande par ailleurs de «créer des plateformes logistiques dans certains pays de l’Afrique de l’Ouest à fort potentiel pour assurer le stockage, la transformation et la distribution des produits marocains sous douane».

Libéraliser le secteur, encourager les investissements

L’étude BCG a fait l’objet d’une réunion consacrée à son état d’avancement en janvier dernier, tenue sous la présidence du ministre du Transport et de la logistique. Abdessamad Kayouh avait alors appelé à la nécessité d’élargir les concertations avec les départements concernés et de prendre en considération les observations formulées par les ministres pour assurer le succès de ce chantier qui concerne un nombre de secteurs économiques.

Dans un contexte où «le marché international du transport maritime connaît une concentration et un contrôle par un petit nombre de compagnies maritimes», expliquait la tutelle lors de l’annonce du lancement de cette étude, le but est d’abord de créer des conditions propices à encourager les investissements dans le secteur de la flotte de commerce maritime. Dans le détail, elles sont 25 compagnies internationales spécialisées dans le transport de conteneurs. Elles contrôlant «92% de la capacité mondiale disponible pour le transport de conteneurs, dont 10 compagnies détenant 83% de la part de marché de ce type de transport».

L’étude en cours doit se pencher dans un premier temps sur «le diagnostic de la situation actuelle de la navigation commerciale afin de l’adapter aux meilleures pratiques internationales». Selon les chiffres déclinés par le ministère, le Maroc compte 9 compagnies maritimes nationales. Elles exploitent 16 navires, dont «6 pour le transport de conteneurs» en Méditerranée. Ils étaient au nombre de 66 en 1989. À ce jour, selon les derniers chiffres disponibles (2022), la flotte maritime nationale n’assure que 5% du commerce extérieur.

Orientations Royales

A l’occasion de son discours adressé à la Nation à l’occasion du 48e anniversaire de la glorieuse Marche Verte, Sa Majesté le Roi Mohammed VI avait appelé à renforcer la flotte nationale. «Si, par sa façade méditerranéenne, le Maroc est solidement arrimé à l’Europe, son versant atlantique lui ouvre, quant à lui, un accès complet sur l’Afrique et une fenêtre sur l’espace américain. C’est la raison pour laquelle Nous sommes déterminé à entreprendre une mise à niveau nationale du littoral, incluant la façade Atlantique du Sahara marocain», avait affirmé Le Souverain, tout en soulignant: «Nous sommes également attaché à ce que cet espace géopolitique fasse l’objet d’une structuration de portée africaine». S.M. le Roi avait poursuivi : «Nous nous attachons à mettre à disposition les moyens de transport et les stations logistiques nécessaires. Cela inclut aussi de réfléchir à la constitution d’une flotte nationale de marine marchande, forte et compétitive».

Quelques semaines après, le ministère du transport et de la logistique avait annoncé qu’il planchait sur la préparation d’une étude stratégique concernant la constitution d’une flotte nationale de commerce maritime forte et compétitive.

Transport aérien et portuaire 2025 : près de 36,4 millions de passagers et un dynamisme record au Maroc

L’économie marocaine du transport a brillé en 2025 avec des performances qui confirment une dynamique robuste après les turbulences des dernières années. Porté par un trafic aérien de passagers historique, une activité portuaire consolidée et une croissance soutenue de la valeur ajoutée du secteur, le Royaume illustre sa résilience ainsi que son attractivité croissante sur les marchés internationaux. Retour sur des chiffres qui interpellent et des implications économiques pour le Maroc.

Transport aérien et portuaire 2025 : près de 36,4 millions de passagers et un dynamisme record au Maroc

En 2025, l’activité de transport aérien marocain a dépassé toutes les prévisions : près de 36,4 millions de voyageurs ont été enregistrés, soit une progression d’environ +11,2% par rapport à 2024, selon les dernières données de la Direction des études et des prévisions financières (DEPF). C’est un record historique qui dépasse largement les niveaux d’avant‑pandémie.

Cette montée en puissance n’est pas un hasard isolé. Elle s’inscrit dans un contexte d’ouverture accrue, de retour du tourisme international et d’une demande intérieure soutenue pour les déplacements aériens. À titre d’exemple, le trafic international s’est envolé de +10,8% en 2025, avec des hausses notables vers l’Europe (+9,9%), le Moyen et l’Extrême‑Orient (+16,4%), l’Amérique (+24,9%) ou encore l’Afrique (+11,4%).

Sur le front domestique, la mobilité interne s’est elle aussi renforcée significativement, avec une croissance de +13,9% des voyages aériens nationaux. Cela montre que les Marocains, jeunes actifs comme familles, utilisent plus fréquemment l’avion pour se déplacer à l’intérieur du Royaume, soulignant ainsi une amélioration de l’accessibilité et des services régionaux.

Du côté du fret aérien indispensable pour l’économie exportatrice et l’intégration dans les chaînes logistiques mondiales l’augmentation a été plus modérée, mais positive, à +5,3%. Cela traduit une reprise progressive des échanges de marchandises, même si ce segment reste soumis aux caprices de l’économie mondiale.

Ports et croisières : une autre face du dynamisme logistique

Le secteur portuaire marocain ne se contente pas d’être en soutien du transport aérien. Sous la houlette de l’Agence Nationale des Ports (ANP), les activités commerciales ont également progressé : 95,6 millions de tonnes de marchandises ont été manutentionnées à fin novembre 2025, soit une augmentation de +5,7%. Cette progression est portée par les importations (+4,6%), les exportations (+4,6%) et surtout par le cabotage, qui affiche une performance spectaculaire de +45,8%.

Côté passagers maritimes, près de 2,3 millions de voyageurs ont transité par les terminaux portuaires, une hausse de +4,5% qui s’ajoute à un secteur croisière en pleine effervescence : avec 341 481 croisiéristes, l’activité croisière progresse de +51%, signe que la façade atlantique comme la Méditerranée séduisent de plus en plus d’itinéraires mondiaux.

Valeur ajoutée du secteur transport : ralentissement ou stabilisation ?

Malgré ces performances impressionnantes en volume, la contribution économique du transport et de l’entreposage à la croissance nationale a modéré son rythme. La valeur ajoutée de ce secteur a progressé de +3,5% au troisième trimestre 2025, portant l’augmentation moyenne à +3,9% au titre des neuf premiers mois de l’année, contre +7,3% l’année précédente.

Cette décélération relative peut surprendre au regard des chiffres de trafic. Elle reflète cependant des défis structurels : coûts logistiques élevés, concurrence internationale accrue, et une transition vers des modèles plus durables qui pèsent temporairement sur les marges. Néanmoins, elle n’enlève rien à la dynamique générale du secteur, qui reste un pilier de l’économie marocaine.

Enjeux et perspectives

Les chiffres de 2025 confirment plusieurs éléments clés : une reprise du tourisme mondial après les perturbations de ces dernières années, une stratégie d’amélioration des infrastructures notamment sous l’impulsion de plans comme Aéroport 2030 et une attractivité continue du Maroc comme plateforme logistique.

Pour les acteurs économiques, ces données invitent à poursuivre les efforts d’optimisation du transport, à renforcer les liaisons régionales et internationales, et à mieux intégrer les segments aérien et maritime dans une chaîne logistique unifiée. L’enjeu est de taille pour un pays qui veut jouer pleinement son rôle de hub entre l’Afrique, l’Europe et au‑delà.

En fin de compte, 2025 n’est pas seulement une année de chiffres records pour le transport au Maroc elle est la preuve que les infrastructures, le tourisme et la stratégie nationale convergent vers un même objectif : celui d’une économie plus ouverte, compétitive et durable. Pour les Marocains de toutes générations, cette trajectoire porte en elle des promesses d’opportunités, d’emplois et de connexions globales renforcées.

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