La 70e cérémonie du Ballon d’Or: Dans les régimes dictatoriaux qualifiés de 'Rogue State', les étrangers qui y entrent sont vus comme des otages... By- Mohammed Gherrabi

Il propose un billet gratuit pour l'Algérie et les gens refusent même gratuit. Pourquoi ?
Lors d'une brève interview, un homme interroge des passants dans la rue en leur proposant un voyage gratuit en Algérie, billet d'avion inclus.
«États voyous - Rogue State»
À sa grande surprise, plusieurs personnes rejettent catégoriquement l'offre, certaines allant même jusqu'à exprimer des propos particulièrement hostiles.
«Qu’est-ce que tu veux que j’aille faire en Algérie?», répond notamment un passant.
D’autres affirment qu’ils n’iraient « pour tout l’or du monde ».
Des réactions extrêmement vives face à une simple offre de découvrir un pays avec tous les frais couverts.
L’Algérie et la Corée du Nord sont les deux faces d’une même monnaie
Les rapports de l’État concernant l’indice de la liberté de la presse fournissent des données et des faits objectifs plutôt que des émotions, des slogans ou une agitation nationaliste excessive. Parmi les 180 pays de cet indice, l'Algérie se classe parmi les derniers, se trouvant six positions avant la Corée du Nord. Toutefois, pour les régimes en Algérie et en Corée, ces indicateurs n'ont aucune importance, car depuis des années, les outils de discours idéologique, qu'ils soient écrits ou visuels, sont employés pour promouvoir l'ignorance et la haine envers les citoyens opprimés et d'autres nations. Les dirigeants algériens s'efforcent constamment de montrer leur puissance et de se positionner comme les meilleurs, tout en accusant d'autres pays de conspirer contre eux.
La 70e cérémonie du Ballon d’Or dédiée en direct à Christophe Gleizes, journaliste français détenu en Algérie
Lors de la 70e cérémonie du Ballon d'Or, qui se tient le 26 octobre à Londres, Christophe Gleizes a été mis à l'honneur. Juste avant d'annoncer les noms des meilleurs joueurs de l'année, devant des millions de téléspectateurs dans le monde entier, les présentateurs Kate Scott et Thierry Henry ont exprimé leur soutien au journaliste sportif français, détenu en Algérie depuis juin 2025. Une séquence hautement symbolique, visant à transformer l'un des événements les plus regardés du football mondial en un moment de mobilisation pour la libération de Christophe Gleizes et pour la liberté de la presse.
Alors que l'attention mondiale est focalisée sur la cérémonie, les co-organisateurs du Ballon d’Or, le magazine France Football et l'Union des associations européennes de football (UEFA), ont décidé de dédier un moment important de cet événement à Christophe Gleizes. Juste avant l'annonce du vainqueur, cette intervention a offert une visibilité internationale à la situation du journaliste, soulignant que, par-delà le sport, la liberté d'informer est un droit essentiel.
Christophe Gleizes, collaborateur des magazines français So Foot et Society, a été condamné en appel en décembre 2025 à sept ans de prison en Algérie pour avoir simplement exercé son métier de journaliste: un reportage sur le club de foot JS Kabylie (JSK). Sa détention pour “apologie du terrorisme” suscite une mobilisation importante en France et dans le monde du sport. En lui dédiant cette séquence, le Ballon d’Or contribue à faire connaître son cas au-delà des cercles habituels de défense de la liberté de la presse, auprès d’un public mondial uni par sa passion pour le football.
Une tribune mondiale pour la liberté de la presse
Lors de l'annonce des lauréats, Kate Scott et Thierry Henry ont déclaré : “Le moment est enfin venu de dévoiler au monde entier qui sont le meilleur joueur et la meilleure joueuse de l’année, choisis par un jury international de journalistes. Étant donné que nous parlons de journalisme, la famille du Ballon d’Or France Football souhaite profiter de cette occasion pour dédier cette cérémonie à Christophe Gleizes, un journaliste indépendant français arrêté en Algérie et actuellement incarcéré depuis un an, trois mois et 27 jours, pour avoir simplement tenté d’exercer son métier. Reporters sans frontières organise un match pour sensibiliser à sa cause, le 11 novembre. Nous espérons revoir Christophe bientôt parmi nous, avec sa famille et ses collègues.”
La dimension internationale du Ballon d’Or offre une occasion unique de sensibiliser le grand public à sa situation et de renforcer le soutien pour sa libération.
Un match solidaire le 11 novembre pour marquer les 500 jours de détention
Dans le cadre de cette mobilisation, Reporters sans frontières (RSF) organise un match solidaire le 11 novembre pour marquer les 500 jours de détention de Christophe Gleizes. Journalistes, personnalités publiques et figures du monde du sport sont invités à se réunir pour demander sa libération et rappeler que le journalisme n’est pas un crime. Parmi les premiers participants annoncés figurent Robert Pirès, champion du monde 1998, et Vikash Dhorasoo, ancien international français, aux côtés d’Emmanuel Grégoire, maire de Paris.
Dans les régimes dictatoriaux, les étrangers qui y résident sont maintenant considérés comme des otages.
Des régimes autoritaires «États voyous - Rogue State» comme l'Algérie, la Corée du Nord et l'Iran... sont critiqués à l'échelle internationale pour la détention arbitraire de ressortissants étrangers, une pratique appelée « diplomatie des otages ».
Gianni Infantino, le président de la FIFA, a exprimé son soutien à Christophe Gleizes, un journaliste français emprisonné en Algérie, lors de la conférence de presse d'ouverture de la Coupe du Monde 2026. Il a déclaré qu'il y avait un siège vide dans la salle de conférence pour Gleizes, le seul journaliste sportif détenu au monde, et a espéré que le journaliste obtienne une grâce présidentielle pour pouvoir assister à la Coupe du Monde.En droit international, un otage est une personne capturée et détenue illégalement pour forcer un tiers (tel qu'un État, une organisation ou une personne) à réaliser ou à ne pas réaliser un acte. Bien que certains régimes autoritaires aient parfois recours à la "diplomatie des otages" en arrêtant arbitrairement des personnes ayant une double nationalité ou des étrangers pour les utiliser comme monnaie d'échange, cela ne s'applique pas de façon généralisée à tous les résidents étrangers.
L'arrestation de Boualem Sansal a eu lieu le 16 novembre 2024, à son arrivée à l'aéroport d'Alger. Il a été arrêté pour des accusations de «atteinte à l’unité nationale » et de « outrage à corps constitué». Son arrestation a été un acte de protestation contre les frontières actuelles de l'Algérie avec le Maroc, selon ses déclarations faites dans le média français d'extrême droite Frontières. Sansal a été placé sous mandat de dépôt dans une unité pénitentiaire d'un hôpital d'Alger et a été condamné à une peine de cinq ans de prison ferme et à une amende de 500 000 dinars. Son arrestation a également intensifié la crise diplomatique entre Alger et Paris.Arrestation de 61 Marocains en Algérie: des interrogations sur les accusations d’Alger
L'arrestation de 61 citoyens marocains en Algérie soulève de nombreuses questions concernant les circonstances de l'affaire et les arguments avancés par les autorités algériennes. Annoncée le 11 octobre 2026 par la Direction générale de la Sûreté nationale, l'opération est décrite comme le démantèlement d'un réseau criminel international suspecté de préparer des actes de sabotage à Oran.
L’Algérie met en avant un «réseau criminel» sans pouvoir présenter de cible, d’arme, ni de commanditaire
Selon le communiqué officiel, les personnes arrêtées seraient entrées en Algérie depuis la Tunisie, en empruntant des passages montagneux et des chemins forestiers isolés dans la région d’El Kala. Elles auraient ensuite rejoint Oran, dans l’ouest du pays. Les autorités mentionnent également la présence d’un ancien militaire marocain parmi les suspects.
Toutefois, le communiqué ne précise ni la date exacte des arrestations ni la nature des actes qui auraient été préparés. Les éléments rendus publics évoquent des passeports marocains et des sommes en dirhams et en euros. Aucune arme n’est mentionnée dans cette présentation officielle. Ces informations ne permettent pas, à elles seules, d’établir la réalité des accusations portées contre les personnes interpellées.
Cette affaire intervient dans un climat de fortes tensions entre le Maroc et l’Algérie. Les relations diplomatiques entre les deux pays sont rompues depuis août 2021, sur fond de désaccords politiques et régionaux. Depuis, les accusations mutuelles et les restrictions de déplacement ont contribué à creuser davantage le fossé entre les deux voisins du Maghreb.
En juillet 2026, les autorités algériennes avaient déjà annoncé l’arrestation de six personnes présentées comme membres du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), dont quatre ressortissants marocains. Elles les soupçonnaient de vouloir perturber les élections législatives. Un mois plus tard, la télévision publique avait diffusé des déclarations présentées comme des aveux.
Une journaliste de la télévision allemande (DW) met en avant la difficulté de recenser les accusations d’Alger envers le Maroc. Difficile ? Presque impossible : selon Alger, chaque problème interne semblerait avoir pour origine… le Maroc.La récente arrestation de citoyens marocains suscite de nouveau des inquiétudes quant à leur statut juridique et aux conditions dans lesquelles les procédures seront menées. Les individus concernés doivent avoir accès aux garanties légales, notamment le droit à un avocat, à un procès équitable et, conformément aux règles en vigueur, à une assistance consulaire marocaine.
L'affaire se déroule également dans un contexte politique délicat en Algérie. Les problèmes économiques, l'augmentation du prix de certains produits alimentaires et les tensions concernant l'approvisionnement en eau nourrissent les inquiétudes d'une partie de la population. Les données officielles mentionnées dans le débat public indiquent également une participation de 20,79 % aux élections législatives du 2 juillet 2026.
Sur le front migratoire, les données de Frontex mentionnées dans les informations publiées font état de 7 910 ressortissants algériens détectés en situation irrégulière aux frontières de l’Union européenne entre janvier et août 2026. Ces départs illustrent les difficultés auxquelles une partie de la jeunesse algérienne est confrontée, notamment en matière d’emploi et de perspectives économiques.
Un autre enjeu se profile à la fin du mois d’octobre, avec l’examen attendu par le Conseil de sécurité des Nations unies d’une nouvelle résolution sur le Sahara. La résolution 2797, adoptée en 2025, constitue un élément important du cadre diplomatique autour du dossier. La proximité de cette échéance nourrit les interrogations sur les répercussions politiques possibles de l’affaire des 61 Marocains, sans qu’un lien direct soit établi à ce stade.
Pour le Maroc, la priorité demeure la protection de ses ressortissants et le respect de leurs droits. L’évolution du dossier dépendra des éléments présentés par la justice algérienne, des conditions de détention et des garanties accordées aux personnes arrêtées. À ce stade, les accusations relayées par les autorités algériennes restent à examiner dans le cadre d’une procédure judiciaire.
Algérie: la chasse aux migrants marocains établie en Algérie est lancée
Les plâtriers marocains « très présents » en Algérie, malgré les difficultés. La fermeture des frontières terrestres entre le Maroc et l’Algérie n’a pas entravé la présence significative de travailleurs marocains dans le pays voisin, selon le site d’information allemand DW.com, qui s'interroge sur les conditions de vie de ces travailleurs dans un contexte de tensions entre les deux pays.
Les artisans marocains en situation irrégulière en Algérie éprouvent des difficultés à rentrer au Maroc. Ils sont confrontés à des « mafieux » qui les exploitent à leur guise, leur promettant de les aider à atteindre une hypothétique rive européenne. D'après un artisan marocain qui a réussi à retourner au Maroc, ses collègues sont exploités sur des chantiers où ils doivent travailler dans des conditions inhumaines. Ces déclarations sont confirmées par Brahim Al Ghouti, un chercheur et expert du patrimoine marocain.
La situation des artisans marocains légalement établis en Algérie est loin d'être enviable. Sollicités par des hommes d'affaires algériens, des personnalités et des responsables sécuritaires, ils sont exploités dans les résidences luxueuses d'Alger, dont ils s'occupent de la décoration. Ces artisans marocains sont « dénigrés et surexploités ; et, dans plusieurs cas, leurs papiers et passeport leur sont confisqués jusqu'à la fin du chantier », où ils sont mobilisés et subissent des « menaces d'emprisonnement », selon d'autres témoignages recueillis par le quotidien "Assabah".



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