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Khénifra: Atteindre un Objectif "Zéro artificialisation des sols" [Part-1]... By- Mohammed Gherrabi

"Chaque problème a une famille de solutions dont l'une est la meilleure." ~ Hugues Daniel Joseph
L'artificialisation des sols

La rareté des terrains constructibles est un aspect essentiel dans tous les rapports et discours concernant le logement. Il est crucial, en introduction, de bien distinguer, d'une part, le marché de la ressource foncière, le «foncier brut», aussi appelé «gisement foncier», qui a plusieurs usages (agricoles, forestiers, espaces bâtis, etc.), et, d'autre part, le marché des terrains à bâtir, qui sont créés après des aménagements ou le recyclage des «terrains bruts».

Très diverse selon les régions, cette ressource rare est l'objet d'une forte concurrence entre différents usages et projets. Les tentatives pour limiter l'artificialisation des sols et augmenter la densité de l'habitat rencontrent des oppositions locales, des prévisions démographiques et un manque de perspective à long terme.

La croissance rapide de la population urbaine s'est accompagnée d'une urbanisation qui consomme des terres fertiles. Cependant, des espaces interstitiels, difficiles à construire, subsistent entre les zones bâties et abritent encore des exploitations agricoles.

Située entre quatre grandes montagnes, Bamoussa à l'ouest, Akllal à l'est, Bouhayati au nord et Jbel Lahdid (ou Bouwazal : montagne de fer en berbère) au sud. La ville est traversée par le fleuve Oum Errabiaa ou Oum Erebia.

Au début du XIXe siècle, la ville était une petite bourgade au cœur d'une région agro-pastorale. Elle s'est développée autour du pont et de la casbah de Mouha Ou Hammou sur la rive gauche La rivière Oum Errabia et celle de son neveu Oulaidi sur la rive droite, après l'occupation de Khénifra en 1914, la ville a perdu une partie de son pittoresque.

La ville est devenue une conglomération en proie à l’urbanisation sauvage. Le centre commercial de Khénifra évoluait autour de l'ancienne gare routière connue sous le nom de «garage Bakouch» et de la rue de "Bir Anzarane". Aujourd’hui, confrontée à un exode massif en provenance des zones rurales, ce phénomène social avait conduit à une prolifération anarchique d'habitations insalubres dans les zones périurbaines.

Zéro artificialisation des sols
La notion d’artificialisation des sols a été officiellement définie en droit pour la première fois en 2021, grâce à la loi Climat et résilience. Avant cela, le terme faisait référence au processus d’urbanisation, où des espaces naturels, agricoles ou forestiers (ENAF) sont transformés pour des usages résidentiels, économiques, industriels, etc.

L'artificialisation des terres est un enjeu majeur pour la communauté internationale, notamment pour l'ONU, qui a mis en place des mesures et des objectifs pour lutter contre ce phénomène. La France, par exemple, a fixé l'objectif d'atteindre le «zéro artificialisation nette des sols» d'ici 2050, avec un objectif intermédiaire de réduction de moitié de la consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers sur la décennie 2021-2031. Cette initiative vise à préserver les sols naturels pour leurs bénéfices à l'être humain, tels que la biodiversité et l'infiltration des eaux de pluie. La loi Climat et résilience de 2021 a introduit deux changements majeurs :

  • Une définition de l’artificialisation qui se fonde sur la modification des fonctions écologiques des sols, dépassant ainsi la vision simplement surfacique et restreinte aux changements d’usages (consommation d’espaces naturels, agricoles ou forestiers (ENAF)).

  • Un objectif de Zéro artificialisation nette est fixé pour 2050, avec une réduction de moitié de la consommation d'espaces naturels, agricoles ou forestiers (ENAF) entre 2011-2021 et 2021-2031.

Ces objectifs sont fixés dans un contexte où les surfaces artificialisées ont augmenté de 80 % au cours des quarante années précédant la loi, soit quatre fois plus rapidement que la croissance de la population.

À Khénifra, des milliers d'hectares de terres agricoles disparaissent chaque année, mettant en évidence la pression foncière croissante.

En même temps que la diminution des terres agricoles, on observe une tendance vers la spécialisation et l'agrandissement des exploitations. L'arboriculture fruitière et le maraîchage sont supplantés par des monocultures intensives, souvent vendues à distance via des plateformes d'échanges éloignées des consommateurs. Cela entraîne non seulement une uniformisation du paysage, mais aussi une déconnexion des citadins avec les conditions d'une production alimentaire de qualité, qu'ils semblent pourtant souhaiter retrouver.

Une ceinture vivrière

Cette méthode est fondamentalement connectée à la perspective d'une ceinture vivrière. En effet, cette dernière constitue un espace de ressources crucial pour le développement de la biodiversité fruitière, maraîchère… et la sauvegarde du patrimoine régional.

Les espaces cultivables à Khénifra se maintiennent en dépit de l’urbanisation rapide

Les principaux avantages de l'agriculture périurbaine incluent, d'une part, la création de paysages verdoyants et dégagés qui améliorent le bien-être des habitants des villes et augmentent l'attrait touristique de ces zones, et d'autre part, l'engouement récent des citadins pour des produits de qualité proposés en circuit court.

Deux souks hebdomadaires dans la même ville

Le jour du souk est un rituel ancien pour tous les adultes. Aucun ne peut manquer sa visite. Les tribus de la région se rassemblent pour échanger leurs produits.

Le souk offre aux agriculteurs, artisans et commerçants l'opportunité de vendre leurs produits et de partager des informations. Il est essentiel pour l'économie locale, fournissant des denrées alimentaires, des vêtements et d'autres biens indispensables aux résidents.

Le souk est perçu comme un lieu de sociabilité pour la population, favorisé par les rencontres réelles. Cela s'exprime par la communication entre les personnes, car les villageois vivent dispersés sur les flancs des montagnes et n'ont l'occasion de se rencontrer que le jour du souk. C'est là que les gens s'informent et échangent des nouvelles des autres tribus. Ils y débattent des sujets d'intérêt commun. Le souk représente donc une opportunité de négocier et de se retrouver, et il ne se limite pas à la vente de produits.

Un seul souk hebdomadaire suffira
Jadis, rendez-vous incontournable pour une grande majorité de la population rurale et urbaine, les souks hebdomadaires se déclinent de plus en plus dans les villes au profit de l’urbanisation.
  • Souk hebdomadaire de Khénifra dans la zone urbaine qui s'étend sur une superficie de 16 hectares


  • Souk Moha Ouhamou Ezzayani dans la zone périurbaine

Pour répondre à la pression foncière, plusieurs solutions peuvent être envisagées; Parmi: La restructuration du souk hebdomadaire de Khénifra

La transformation du souk hebdomadaire de Khénifra, couvrant une superficie de 16 hectares, en lotissement. Cette initiative aidera à :

  • Améliorer de l'organisation urbaine et la gestion des espaces de vie,

  • Répondre aux défis de l'urbanisation et de la gestion des espaces publics,

  • Protéger l'environnement et l'esthétique urbaine de la ville de Khénifra..

  • Corriger les dysfonctionnements urbains, ...

L'avis de l'expert

"La restructuration du souk hebdomadaire de Khénifra qui s'étend sur une superficie de 16 hectares permettra de créer entre 500 à 600 logements en lots de 100 mètres carrés en plein centre de Khénifra". Selon l'expert en la matière, qui nous a fourni des éclairages techniques: 👇

  • 10%: Pourcentage des espaces destinés aux équipements collectifs et installation d'intérêt général correspondant aux besoins du lotissement tels que (commercial, mosquée, hammam, four, établissement scolaire, dispensaire, et es destinés aux activités sportives à créer conformément aux dispositions de l'" 62 de la loi n° 06 - 87 relative à l'éducation physique et aux sports, promu par le dahir n° 1 - 88 - 172 du l3 chaoual 1409 (19 mai 1989).

  • 7 %: Pourcentage global d'espace vert pour l'ensemble du lotissement, qui peut être réparti entre espaces communs et privatifs dans chaque lot.

  • 50%: Pourcentage des voies, ainsi que les emplacements réservés au stationnement.

  • 50%: Plan de partage, structurant le morcellement des terrains en lots de 100 mètres carrés.

Terres agricoles : l’État veut sanctuariser le foncier de la région Béni Mellal-Khénifra

Le département de l’Agriculture redémarre le projet des cartes agricoles régionales, en se concentrant cette fois sur Béni Mellal-Khénifra. L'objectif est de mieux identifier, classer et protéger les terres agricoles grâce à un système d’information géographique intégré, afin de réguler l’urbanisation et de guider les décisions d’aménagement dans une région soumise à une forte pression foncière.

Une étude sera initiée le 21 mai prochain avec un budget de plus de 4 millions de dirhams pour commencer l'élaboration de cette Carte. L'objectif de la consultation est de recenser et analyser les données, procédures et systèmes d'information actuels, en complétant les informations manquantes, afin de créer un tableau de bord régional pour le suivi de l'état des terres agricoles, basé sur des indicateurs de surface et d'activité.

En plus du diagnostic, le projet a pour objectif de fournir à l'administration agricole un véritable outil d'aide à la décision. L'enjeu est notamment de ralentir la diminution progressive des terres agricoles due à l'urbanisation, un phénomène considéré comme de plus en plus préoccupant, et d'améliorer la gestion des décisions concernant l'aménagement du territoire.

La future Carte permettra de combiner les données agricoles avec les documents d’urbanisme actuels, tels que les Schémas directeurs d’aménagement urbain (SDAU), les plans d’aménagement et les Plans de développement agricole régional (PDAR), afin de prévoir les zones de conflit et de guider les décisions publiques.

En pratique, le dispositif s'appuiera sur l'implémentation d'un Système d'information géographique (SIG) centralisé, capable de rassembler et de superposer une large gamme de données : ressources en eau, zones irriguées, projets agricoles, occupation des sols, propriétés foncières et dynamiques d'investissement. L'objectif est de créer une plateforme évolutive, accessible tant aux services centraux qu'aux acteurs locaux, permettant des requêtes précises, des mises à jour régulières et une visualisation à différentes échelles du territoire.

Au centre du projet, la classification des terres agricoles établira une hiérarchisation claire des terres en trois catégories. Les terres à fort potentiel seront désignées comme zones à protéger, formant la base stratégique de la production agricole régionale. Les terres à potentiel moyen seront classées en zones de sauvegarde, où l'activité agricole devra être préservée. Enfin, les terres à faible potentiel pourront être destinées à l'urbanisation ou à d'autres usages, dans une logique d'optimisation de l'espace.

Cette segmentation, basée en particulier sur les caractéristiques des sols, la disponibilité en eau et les niveaux de productivité, constituera une référence pour les décisions futures concernant les investissements et la planification territoriale.

La création de cette Carte agricole reposera sur une approche progressive divisée en quatre phases. La première étape consistera à analyser la situation actuelle et à identifier les besoins, en collectant et consolidant les données auprès des divers acteurs institutionnels. Elle sera suivie d'une phase de cadrage méthodologique visant à déterminer les outils, les scénarios techniques et les méthodes de production des données manquantes.

La troisième phase concernera la création effective de la Carte ainsi que le développement du SIG, intégrant les recherches sur le terrain indispensables, surtout dans les zones dépourvues de données pédologiques. Pour finir, une phase de soutien garantira l'adoption de l'outil par les équipes, grâce à des sessions de formation et à la fourniture de guides d'utilisation.

Les autorités locales, les Agences urbaines, les services techniques, ainsi que plusieurs départements ministériels seront impliqués tout au long du processus, depuis les ateliers de lancement jusqu'à la restitution finale. Cette approche participative est considérée comme essentielle pour assurer l'appropriation de l'outil et son intégration effective dans les mécanismes de planification territoriale.

À long terme, cette Carte agricole régionale est destinée à devenir un référentiel structurant, capable de guider les politiques publiques, de sécuriser le foncier agricole et de soutenir les dynamiques d’investissement dans une région reconnue comme l'un des principaux bassins de production agricole du pays.

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