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La série des féminicides: Le concept de «féminicides» est institutionnalisé en algérie. Des militantes réclament la fin des «clauses de pardon». [Analyse] By- Mohammed Gherrabi

Des cris. Des coups. Une porte fermée à clé. La violence. L’impuissance. Le crime.

La série des féminicides en Algérie s’alourdit une nouvelle fois avec l’assassinat d’Asmaa Oumaima, une adolescente de 16 ans, survenu fin janvier dans la commune de Sidi Akkacha, relevant de la wilaya de Chlef. Ce drame, d’une violence extrême, a provoqué une onde de choc au sein de la population locale et suscité une vive indignation à l’échelle nationale.

Le féminicide d’Oumaïma, 16 ans, nouvelle illustration des violences de genre en Algérie

Le drame, largement médiatisé, de cette adolescente morte sous les coups de son père, fin janvier, près de Chlef, à 200 km à l’ouest de la capitale, relance les accusations d’inaction des institutions face aux violences faites aux femmes.

Le profil du suspect brossé par les témoignages est celui d’un homme aux convictions extrémistes, déjà connu pour des faits de violence grave: il avait purgé six mois de prison l’année dernière pour avoir torturé une autre de ses filles.

Selon les informations rapportées par l’Organisation Féminicides Algérie, la jeune lycéenne aurait été mortellement agressée à l’aide d’une fourche par son propre père. Les éléments recueillis indiquent que ce meurtre serait l’aboutissement tragique d’un long cycle de violences subies par la victime au sein du domicile familial. Malgré de multiples alertes adressées à son entourage, à son établissement scolaire, ainsi que le dépôt d’une plainte, aucune mesure de protection effective n’aurait été mise en place. Les appels répétés de l’adolescente n’ont pas permis d’empêcher l’irréparable.

Les détails de l’affaire, relayés notamment par la plateforme TBD (spécialisée dans la lutte contre les violences sexuelles), font état d’un calvaire insoutenable. La veille du meurtre, le père aurait torturé sa fille en la brûlant avec une cuillère chauffée à blanc. Désespérée, l’adolescente avait tenté de mettre fin à ses jours au sein de son établissement scolaire.

Bien que l’administration de l’école ait alerté le père, et que la victime elle-même se soit rendue à la police pour demander protection en affirmant que sa vie était en danger, la réponse institutionnelle s’est avérée tragiquement insuffisante.

Après avoir été brièvement convoqué par la police, le père a regagné le domicile familial où il a mortellement frappé sa fille à la tête avec un objet tranchant, allant jusqu’à la décapiter. Il aurait ensuite tenté de s’en prendre à sa femme et à sa plus jeune fille, qui ont réussi à prendre la fuite, avant de se rendre aux autorités après avoir revendiqué son acte auprès de sa sœur

Selon le témoignage de sa propre mère, rapporté par la chaîne privée Essalam TV, le père avait l’habitude de battre sa fille. Ce jour-là, pensant « qu’il s’agissait une nouvelle fois de violences similaires » à celles déjà subies, la mère n’a « pas immédiatement mesuré la gravité de la situation ».

Entendant les cris de sa fille devenir de plus en plus insistants et désespérés, elle a compris « que quelque chose d’anormal se produisait». La mère affirme avoir entendu Oumaïma l’appeler à l’aide. Tentant d’intervenir, elle s’est retrouvée impuissante.

« Tous ceux qui ont entendu ses appels au secours et n’ont rien fait portent une part de responsabilité dans ce meurtre », dénonce l’Organisation Féminicides Algérie. L’organisation rappelle qu’en Algérie, près de 37 % des féminicides sont commis par un membre de la famille, et que les mineures sont, dans la majorité des cas, tuées par leur père. Plusieurs affaires similaires survenues ces dernières années viennent illustrer une réalité jugée alarmante par les défenseurs des droits des femmes.

  • Le harcèlement en milieu de travail en Algérie est un problème majeur et souvent sous-estimé. Les statistiques indiquent que plus de la moitié des femmes en Algérie ont été victimes de harcèlement sexuel au travail, tandis que 56% des femmes algériennes ont subi une forme de violence au cours de leur vie. Ces chiffres sont alarmants et révèlent la nécessité d'une action immédiate pour garantir un environnement de travail sûr et respectueux pour les femmes en Algérie.

  • Sous la pression familiale dans une majorité de cas, les femmes violentées sont poussées à accorder à leur agresseur un pardon intégré par la loi, au risque de développer un sentiment d’impunité pouvant aller jusqu’au meurtre.

Une arbitre victime d'une terrible agression en plein match par le Chouchou du général Chengriha, Youcef Belaïli (VIDEO)

Rouages essentiels de n'importe quelle pratique sportive, les arbitres ont souvent des rôles ingrats. Et plus particulièrement dans le football. Souvent pointés du doigt pour leurs erreurs d'appréciation plutôt que pour leurs bonnes décisions, les officiels se retrouvent régulièrement dans des positions difficiles. Quelques fois, ils sont même victimes des dérapages des joueurs. C'est le cas de Ghada Mahat (28 ans) qui l'a sanctionné d'un carton jaune qui aurait très bien pu être un jaune, violemment frappée par Youcef Belaïli qui évolue au MC Alger, lors d'un match en algérie.

Officiant lors de la rencontre  Coupe d'Algérie de football entre le Mouloudia Alger, contre le Wydad Tlemcen en quarts de finale, Ghada Mahat a sifflé une faute contre l'équipe de Youcef Belaïli . Mais rapidement, la situation s'est envenimée.

En effet alors qu'elle essayait de placer le ballon sur cou-franc, le numéro 10 du Mouloudia s'amusait à avancer la balle avec son pied sous ses yeux. Alors qu'elle dégaine le jaune pour anti-jeu, Belaili pose la main sur celle de l'arbitre pour l'empêcher de brandir le carton. Il a d'ailleurs fallu l'intervention de son coéquipiers Benkhemassa pour l'éloigner.

"Cela risque de décourager des jeunes filles".

C’est la première fois qu’une agression aussi violente touche le football africain. Une agression qui fragilise l’arbitrage féminin déjà largement minoritaire dans le football africain:

"Chaque arbitre agressé, c'est 100 qui arrêtent."

Mais le mal est peut-être déjà fait. "Un cas comme celui-là risque de décourager nombre de jeunes filles que nous essayions de recruter", Jean-Jaques Demarez, le président de l'Union nationale des arbitres de football.

 "Il faut savoir que chaque arbitre agressé, c’est 100 arbitres qui arrêtent dans le même secteur" 

Ces trois dernières années, le nombre de femmes arbitres amateurs avait augmenté de presque 50% en France passant de 800 à plus de 1100.

Le milieu associatif algérien alerte sur la hausse des féminicides

Au moins une femme est assassinée chaque semaine en Algérie, souvent par un proche. Un chiffre probablement sous-évalué. Plusieurs associations réclament une évolution de la loi, encore trop favorable aux agresseurs.

Il est désormais clair que le concept de «féminicides» est institutionnalisé en algérie: Le Chouchou du général Chengriha, Youcef Belaïli

Chaque semaine en Algérie, au moins une femme est assassinée. Les associations réclament la criminalisation de ces féminicides. Mais, si la Constitution déclare protéger les femmes contre toutes les formes de violence, la «clause du pardon», incluse dans le code pénal, ainsi que le silence des proches des victimes permettent encore d’en absoudre les auteurs.

Pour combattre la banalisation des meurtres de femme et l’impunité dont jouissent leurs auteurs, il fallait lutter contre des expressions comme « crime passionnel » et « perte de contrôle émotionnel ».

Les faits, horribles, ont marqué les esprits en Algérie. En juillet, avant de jeter Djamila, 29 ans, du cinquième étage, son mari, repris de justice, l’a ligotée et torturée devant leurs enfants. Début novembre, cet homme a été condamné à la peine de mort par le tribunal de première instance de Relizane (ouest).

Peu de plaintes

La capacité d’action des pouvoirs publics a pourtant été renforcée, en 2016, grâce à l’entrée en vigueur d’un amendement du code pénal, qui criminalise les violences conjugales, introduit le concept de harcèlement et alourdit les peines en cas d’agression physique contre une femme.

Il n’empêche, arguent les militantes des droits des femmes, la plupart de ces violences, qui se déroulent dans la sphère familiale, ne font pas l’objet d’une plainte. Pis, l’article 279 du code pénal prévoit une réduction de la peine, qui peut-être ramenée à moins de cinq ans de réclusion pour les meurtres commis dans le cadre d’un flagrant délit d’adultère. Un autre article de loi permet à l’agresseur d’échapper aux poursuites pénales si la victime lui pardonne, ce qui arrive souvent sous la pression familiale.

Les violences à l’égard des femmes, enracinées dans la société algérienne et qui finissent souvent par un meurtre, sont particulièrement tangibles: pas moins de 12 616 cas ont été recensés par la Direction générale de la sûreté nationale entre 2021 et 2022.

Dans une tribune rendue publique, des associations algériennes des droits des femmes et des droits humains ainsi que de nombreux universitaires rappellent qu’en 2020 FACE, un collectif d’associations œuvrant en faveur « du changement et de l’égalité », avait adressé aux autorités des propositions destinées à la prévention des féminicides. Il s’agissait d’abord de reconnaître la spécificité de ces crimes et, ensuite, de supprimer du code pénal la « clause du pardon», qui entraîne l’extinction de l’action civile.

Les organisations signataires de la tribune – parmi lesquelles figurent Djazairouna, le Réseau Wassila et Amnesty International – estiment que leur présence continue sur le terrain depuis des décennies leur ont permis de repérer les lacunes de la législation ainsi que les pratiques qui constituent des obstacles à la pleine protection des femmes. « Nos propositions représentent une source [d’idées d’une valeur] inestimable pour faire avancer [cette] cause », affirment-elles. Pour avancer, poursuivent-elles, il est « primordial de [nous] associer activement à l’élaboration de politiques publiques cohérentes et de mécanismes concrets pour que la protection des femmes devienne une réalité palpable, une conquête tangible. »

Les malades mentaux en Algérie

La situation des malades mentaux en Algérie est préoccupante, avec plus de 5 millions et demi de malades mentaux ou souffrant de troubles psychologiques enregistrés. Les Wilayas de M’Sila, Ouargla, Blida, Alger, Annaba et Oran sont en tête en termes de cas élevés. Les services de maladies mentales affichent une forte demande, avec 1300 patients hospitalisés quotidiennement. La toxicomanie, souvent liée à des événements traumatiques, est un facteur clé de l'hospitalisation psychiatrique. Le ministère de la Santé a lancé un Plan national de promotion de la santé mentale pour répondre à ces défis.

Un Algérien sur dix sombre dans la dépression

La santé mentale des Algériens n'est pas au beau fixe, à en juger par les statistiques qui nous poussent à mieux gérer les charges émotionnelles et le stress quotidiens afin d'éviter de sombrer dans l'abîme.

Le constat est accablant : un Algérien sur dix souffre de traumatismes psychiatriques ou de dépression nerveuse. Un chiffre alarmant qui a été communiqué hier au congrès international de psychiatrie consacré à la situation mentale dans le monde arabe. Selon des données sur le cas Algérie, les maladies mentales sont en constante progression, avec une ascension particulière pour la schizophrénie. Selon les recoupements faits au niveau hospitalier, pas moins de 150 000 Algériens souffrent de schizophrénie, cette maladie qui fait plonger le patient dans des mondes différents ne sachant plus dissocier la réalité de la rêverie. La prise en charge hospitalière reste en deçà des besoins, avec la disponibilité de seulement 5000 lits pour 500 psychiatres, soit un psychiatre pour 60 000 habitants.

Voici les 03 blessures psychiques les plus fréquentes chez les Algériens

Interrogée sur les principales causes d’hospitalisation psychiatrique en Algérie, Mme Houda Tchikou, psychologue clinicienne et coordinatrice des activités des spécialistes en psychologie à l’EHS Drid Hocine, à Alger, distingue trois axes majeurs, fondés sur ses décennies d’observation clinique :

La dépression, l’anxiété et la peur : Ces troubles sont souvent liés à des événements traumatiques comme la perte d’un emploi, d’un proche, ou encore à l’insécurité sociale et professionnelle grandissante. Ils traduisent un mal-être généralisé, parfois invisible, mais profondément enraciné dans le quotidien des patients.

Les troubles de l’estime de soi : L’une des observations les plus marquantes concerne l’aliénation du soi au profit du regard des autres. Mme Tchikou explique : « Beaucoup de personnes ne vivent pas pour elles-mêmes, mais pour répondre aux attentes extérieures. »

L’hypersensibilité émotionnelle : Cette sensibilité exacerbée aux émotions rend certains individus vulnérables face aux conflits, aux critiques, ou aux échecs ou simplement, face à la réalité. Elle devient alors un terreau fertile pour le développement de troubles psychiques.

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