Élections législatives Maroc 2026 (23 septembre): Politiciens en herbe, ils ont fait couler beaucoup d'encre... By- Mohammed Gherrabi

Meryem Ouhssata, Sara Amahzoune et Abdelaziz Barika sont amazighophones de naissance et originaires de l'Atlas. Ils ont suivi un long cursus académique, ce qui renforcera leur légitimité et leur accès aux hautes sphères de l'État.Portrait de Meryem Ouhssata

Âgée de 35 ans, Meryem Ouhssata est l'une des figures les plus respectées du monde politique. La députée du PPS se distingue par sa sincérité, son intégrité et, surtout, par son engagement envers sa région natale, nichée dans les montagnes de l'Atlas.
Née le 13 février 1990 à Beni Mellal, cette députée du PPS (Parti du progrès et du socialisme, opposition) et maire de la commune rurale de Tizi Nisli représente aujourd'hui une nouvelle facette de la politique au Maroc. Jeune, dynamique, sincère, intègre et active sur le terrain, elle est l'une des personnalités politiques les plus en vue actuellement. Est-ce le moment idéal pour elle de viser plus haut, peut-être même un poste dans le très convoité «gouvernement du Mondial» qui sera formé après les élections législatives de 2026 ? «Je ne cherche pas les postes de responsabilité, je veux simplement servir ma terre natale et faire entendre la voix de ses habitants», affirme-t-elle à Maroc Hebdo, toujours avec son célèbre sourire innocent.
Son engagement remonte à ses années de lycée, lorsque Meryem Ouhssata s'implique dans le travail associatif, s'intéressant d'abord à l'enfance, puis à la condition des femmes et au patrimoine culturel de sa région dans l'Atlas. Cependant, la jeune militante prend conscience des limites de l'action associative et choisit de se tourner vers la politique. Elle rejoint alors le Parti Authenticité et Modernité (PAM) en 2011 à Kénitra, où elle poursuit un master en finances et comptabilité.
La jeune politicienne, proche d'Ilyas El Omar, alors figure influente du PAM, retourne à Beni Mellal en 2013 et s'impose rapidement dans le parti, obtenant sa candidature sur la liste nationale pour les législatives de 2016, qu'elle remporte. Productrice de pommes à Tizi Nisli, elle est également élue à la Chambre d'agriculture en août 2021. « C’est un autre élément qui surprend les gens… quand ils entendent le mot “agriculteur”, ils imaginent un quinquagénaire moustachu en djellaba et en bottes couvertes de boue », confie Meryem Ouhssata avec humour à Maroc Hebdo.
Cependant, les tensions avec Abdellatif Ouahbi, élu à la tête du parti en février 2020, incitent Meryem Ouhssata à quitter le parti à l'approche des élections législatives du 8 septembre 2021. «Je devais intégrer un autre parti. Pas l'Istiqlal, en raison de ses positions sur l'amazighité, ni le RNI, car je n'ai pas apprécié la manière dont le terrain lui a été préparé. Le PPS était le choix parfait, d'autant plus que je suis de gauche par conviction», explique-t-elle à Maroc Hebdo. «Parfois, j'essaie de recruter mon mari, qui était également au PAM avant de rejoindre le RNI. Je suis dans l'opposition, lui avec le gouvernement», dit-elle avec humour.
En prévision des élections de 2026, la députée, mère d'une fille, défend, fin décembre 2025, sa thèse de doctorat en économie sociale — un volet de sa vie qu'elle considère aussi important que son engagement politique.
la première Marocaine à siéger au Parlement panafricain
Le 7 mai 2018, le Maroc a officiellement intégré le Parlement panafricain. Ce jour-là, cinq élus marocains ont prêté serment devant l’assemblée africaine, conformément à la tradition. Parmi les cinq représentants du Royaume, on compte quatre hommes issus du PJD, de l’UC, du MP et de l’Istiqlal, ainsi qu'une femme, Meryem Ouhssata.
Scandale au Parlement panafricain: Meryem Ouhssata et Haidara Aïchata Cissé dénoncent...
Des scènes de chaos ont éclaté au moment où les démons de la démocratie ont tenté de voler les urnes et les bulletins de vote, donnant la victoire à la candidate poste de présidente du Parlement panafricain, Haidara Aïchata Cissé.
Haidara Aïchata Cissé, exige l’ouverture d’une enquête:
La parlementaire panafricaine Meryem Ouhssata est intervenue pour stopper en même temps dénoncer cette mascarade.
Portrait de Sara Amahzoune

Le nom de Sara Amahzoune, fille de la parlementaire Saadia Amahzoune (qui appartient au Rassemblement National des Indépendants – RNI), a fait surface après son adhésion au PAM.
La tête de liste régionale à Béni Mellal-Khénifra lui a été attribuée pour les prochaines législatives. Ce ralliement est particulièrement significatif en raison de la renommée de la famille Amahzoune sur la scène électorale locale, conférant à ce changement vers un parti rival une importance politique considérable.

Le nom de Sara Amahzoune s'impose comme un enjeu clé de la compétition politique dans la région de Béni Mellal-Khénifra, non seulement en raison de sa position personnelle, mais également pour ce que son ralliement symbolise en termes de réorganisation de la scène politique locale.
Le parti PAM avait décidé d’investir les candidates suivantes en tant que têtes de listes régionales réservées aux femmes :
Région de Rabat-Salé-Kénitra : Mme Leïla Bilgha ;
Région de Béni Mellal-Khénifra : Mme Sara Amhazoun ;
Région de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma : Mme Salma Ablhassine ;
Région de Drâa-Tafilalet : Mme Najat Ouyahya ;
Région de Marrakech-Safi : Mme Nadia El Idrissi Slitine ;
Région de l’Oriental : Mme Houda El Mghari El Mebred ;
Région de Casablanca-Settat : Mme Malika Mzour ;
Région de Fès-Meknès : Mme Khadija Hajoubi ;
Région de Souss-Massa : Mme Sanaa Zahid ;
Région de Laâyoune-Sakia El Hamra : Mme Aziza Badad ;
Région de Guelmim-Oued Noun : Mme Manal Ariti ;
Région de Dakhla-Oued Ed-Dahab : Mme Zineb El Kouri.
Sara Amhazoune, originaire du Douar el Bacha (Ment), est une jeune femme de la nouvelle génération qui souhaite entrer dans le monde politique.
Contrairement à ce que disent ses détracteurs, son parcours et ses compétences académiques ont été vérifiés et ils sont exacts. Sara dispose d'un parcours académique et d'une formation en administration des affaires, marketing, communication et gestion de projet.
Elle a commencé ses études à la Brothers School d'Ifrane (Alakhawayn), puis a poursuivi son cursus universitaire aux États-Unis, où elle a obtenu une licence en administration des affaires à l'American Leadership University d'Orlando, en Floride - USA. Elle a ensuite suivi une formation en marketing et communication, ainsi qu'un master en gestion de projet.
Le mouton en héritage
Passionné par l'agriculture, elle se distingue par son optimisme et sa ténacité. Étant la fille d'éleveurs, elle a une connaissance approfondie des pratiques du métier.
Inspiré par as famille, Sara reprend le patrimoine familial
Fille d’éleveurs à Aguelmous, Sara a toujours su qu’elle s’établirait un jour, perpétuant une tradition et une passion qui lui tiennent à cœur.. Elle prend part à toutes les activités de la ferme : préparation des sols pour cultiver la nourriture des animaux, soins aux brebis, insémination artificielle, tâches administratives.
Aguelmous est un nom géomorphologique qui traduit la forme du relief, il signifie capuchon en thamazighth. Les habitants sont à majorité de la tribu Zayane.
Aguelmous est une petite ville du Maroc située dans le Moyen-Atlas. Elle se trouve à environ 100 km au sud de Meknès et à 32 km au nord de Khénifra. En plein cœur du Maroc, Aguelmous bénéficie d'une position géographique qui lui permet de jouir d'un climat méditerranéen avec un ensoleillement presque constant tout au long de l'année, tout en étant en zone semi-montagneuse. Son climat particulier, combiné à l'esprit bienveillant et accueillant de sa population, incite à adopter un mode de vie paisible. La ville, dont les habitants sont attachés aux traditions et coutumes du Moyen-Atlas, est imprégnée de son identité amazigh.
En ce qui concerne les activités, trois secteurs principaux se distinguent : l'agriculture, l'élevage et les services. De ces trois secteurs découlent d'autres activités annexes. Aguelmous et ses environs répondent à une forte demande en ovins dans une grande partie du territoire. Réputée pour la qualité des ovins d'Aguelmous et de ses environs, l'élevage demeure une activité très importante. Par ailleurs, une agriculture diversifiée ainsi qu'une arboriculture en constante évolution permettent à la ville de valoriser ses sols et la qualité de l'air. C'est d'ailleurs la qualité de l'air présente dans la région qui a favorisé le développement de l'aviculture et d'autres activités liées aux volailles.
Aguelmous se trouve dans le Moyen Atlas à une altitude de 1150 mètres. La ville fait partie de la province de Khénifra et sa population est estimée à 36 560 habitants d'après le recensement officiel de 2024.

Abdelaziz Barik, surnommé Oussama: De l'influence digitale à la candidature aux élections législatives à Midelt
Dans un geste illustrant l'émergence de jeunes figures sur la scène politique de la région de Midelt, le Secrétariat général du Parti Unité et Démocratie (UDP) a désigné le jeune Abdelaziz Barik, également connu sous le nom de « Oussama Barik ».
L'influenceur sur les plateformes numériques et réseaux sociaux, Oussama Barik, dont le véritable nom est Abdelaziz Barik, a été proposé par le Parti de l’Unité et de la Démocratie (PUD) pour se présenter aux prochaines élections législatives dans la région de Midelt. Cette démarche montre la tendance de nombreux partis politiques à séduire des personnalités possédant une forte présence et influence sur les réseaux sociaux.
Abdelaziz Barik est devenu l'une des figures en vue dans le domaine numérique ces dernières années. Il a attiré un large public en abordant des sujets sociaux et de développement qui captivent particulièrement les habitants du sud-est, en particulier ceux de la région de Midelt. Il adopte une approche franche pour exprimer les préoccupations et les revendications des citoyens.
Sur le plan académique, Barik et titulaire d'une licence en géographie, une formation qui lui a offert l'opportunité d'explorer différentes problématiques liées au développement territorial et aux disparités spatiales, des sujets qu'il a abordés dans plusieurs de ses publications médiatiques et numériques.
Ces derniers mois, Barik a suscité de nombreuses interactions par ses prises de position et ses commentaires sur les conditions sociales et le développement dans diverses zones montagneuses de la région de Midelt. Plus précisément, dans la région d'Imlchil, il s'est intéressé aux manifestations organisées par plusieurs groupes territoriaux, qui demandaient une amélioration des infrastructures, la fin de l'isolement, ainsi qu'un renforcement des services de base comme l'électricité et Internet.
Il convient de souligner que l'engagement de Barik dans la vie politique du parti représente une transition de la phase de plaidoyer numérique sur les questions de développement local vers une tentative d'influence au sein des institutions élues. En même temps, le Parti de l’Unité et de la Démocratie (PUD) capitalise sur sa présence médiatique et sa popularité en ligne pour augmenter ses chances électorales dans cette circonscription.
Il est également remarquable que la candidature de Barik survienne dans un contexte marqué par la montée en puissance des influenceurs et créateurs de contenu sur la scène politique marocaine, que ce soit par leur engagement direct au sein des partis ou par leur participation aux élections, illustrant ainsi les changements que subissent les moyens d'influence et de communication avec les électeurs à l'ère numérique.
Cependant, la compétition électorale impose à Barick des règles distinctes de celles des plateformes de réseaux sociaux, car les vues et interactions en ligne ne se traduisent pas forcément par des votes dans les urnes. Le vote du 23 septembre montrera dans quelle mesure le jeune homme des montagnes du Moyen Atlas parvient à convertir une sympathie potentielle et sa critique des inégalités spatiales en une réelle mobilisation électorale dans la circonscription.




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