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Une question de réciprocité: A Fnideq, les journalistes de la TVE et EFE non grata -

Dernière mise à jour : il y a 14 heures


De Ceuta à Fnideq, les restrictions imposées aux journalistes marocains, italiens, puis espagnols illustrent une interprétation flexible de la liberté de la presse. La presse espagnole, longtemps silencieuse sur les obstacles rencontrés par 2M et la RAI, ne s'est véritablement mobilisée que lorsque ses propres journalistes ont été touchés.

La situation à Ceuta depuis début août soulève une question allant au-delà du conflit entre Madrid et Rabat : celle de la perception de la liberté de la presse des deux côtés de la frontière. Plusieurs journalistes ont rencontré des restrictions dans l'exercice de leur profession. Cependant, dans les médias espagnols, ces événements n'ont clairement pas attiré la même attention.

Les principes éthiques et déontologiques professionnels imposent de soutenir la liberté d'informer sans discrimination, que le journaliste soit marocain ou espagnol.

Au début du mois, une équipe de la chaîne publique marocaine 2M a rencontré des restrictions lors de son travail à Ceuta. Les journalistes auraient notamment été empêchés d'entrer normalement avec leur équipement de tournage. L'incident a été relaté dans la presse marocaine et était donc déjà connu avant l'événement qui allait suivre.

Cependant, à ce moment-là, l'incident n'a pas eu le même retentissement dans les médias espagnols. Dans les dépêches d'EFE disponibles, cet incident n'est mentionné qu'à partir du 15 août. L'agence ne reparle du cas de 2M que dans la dépêche concernant l'expulsion de ses propres journalistes de Fnideq, en rappelant que la chaîne marocaine avait signalé des restrictions au début du mois.

Pourquoi les médias espagnols gardent-ils le silence sur les violations de la liberté de la presse à Ceuta?

Un journaliste italien de la RAI fait face aux mêmes restrictions que 2M

La veille, un autre événement aurait également pu attirer l'attention des médias. Le 14 août, le journaliste du Tg2 Lorenzo Lo Basso a lui aussi fait face à un traitement inhabituel à l'entrée de Ceuta. Selon son récit, après que son équipe a présenté ses passeports italiens, les contrôles ont été considérablement intensifiés. Leur véhicule et leur matériel de reportage ont été retenus pendant plusieurs heures, obligeant finalement les journalistes de la RAI à continuer leur chemin à pied avant de récupérer leur équipement plus tard. Lo Basso affirme avoir été le seul à subir un tel traitement et soupçonne un possible lien avec leur nationalité italienne. Cet incident se produit dans un contexte particulièrement tendu entre Madrid et Rome depuis la crise migratoire de Ceuta.

L'Espagne a récemment saisi l'équipement d'une équipe de la télévision publique italienne dès leur arrivée à Ceuta. Les autorités ont confisqué le véhicule et le matériel de tournage de l'équipe de la RAI, venue pour documenter la situation et les tensions migratoires dans la ville occupée de Ceuta.

✅ Les caméras et équipements techniques ont été saisis dès l'arrivée de l'équipe

✅ Cette mesure restrictive montre l'inquiétude croissante de l'administration espagnole face à la présence de médias internationaux dans la ville occupée

✅ L'interception de journalistes d'un important service public européen révèle la détermination de Madrid à restreindre les observations extérieures sur ce territoire

Cette saisie illustre le climat de grande tension présent à Ceuta ainsi que la difficulté pour l'administration espagnole de gérer la médiatisation de ses opérations sur le terrain.

La crise migratoire à Ceuta a suscité l'inquiétude de la presse italienne, qui a consacré des titres à la confrontation entre l'Italie et l'Espagne. Les journaux en Italie ont exprimé des préoccupations quant aux répercussions pour les voyageurs et à la capacité des deux gouvernements à gérer la situation. Cette crise a également été mise en avant par les médias internationaux, soulignant son impact sur l'espace Schengen et les frontières européennes. 

Le 15 août marque le moment où la liberté de la presse devient un thème d'actualité pour les médias espagnols. Les journalistes d'EFE et de RTVE présents à Fnideq reçoivent l'ordre de quitter la ville alors qu'ils couvrent les opérations menées par le Maroc près de la frontière. RTVE dénonce publiquement cette obstruction au travail de ses journalistes, et EFE sollicite également les autorités marocaines pour que ses reporters puissent exercer leur métier sans entrave.

Ce passage met en lumière un déséquilibre manifeste dans la couverture et la condamnation des événements par certains médias espagnols. La demande initiale adressée aux journalistes espagnols a été très médiatisée, présentée de manière unilatérale comme une atteinte à la liberté de la presse. En revanche, le blocage du matériel et du travail de l'équipe de 2M par la police espagnole a été ignoré, sans provoquer d'indignation ou de condamnation équivalente.

Cet incident ne se produit pas de manière isolée. D'après une source marocaine, l'expulsion des journalistes d'EFE et de RTVE de Fnideq est une mesure de réciprocité en réaction aux restrictions antérieurement imposées à l'équipe de 2M à Ceuta.

Lorsque la liberté de la presse devient une question d'envergure nationale.

La réciprocité ne suffit évidemment pas à justifier une restriction au travail des journalistes. Cependant, elle permet de replacer la séquence dans son contexte. C’est justement ce contexte qui semble avoir été largement absent de la couverture espagnole avant que ses propres journalistes ne soient touchés.

Le contraste est d'autant plus saisissant étant donné que l'affaire de la RAI survient seulement 24 heures avant celle d'EFE et de RTVE. Un autre média public européen avait également signalé des difficultés à exercer son travail à Ceuta, sans que cet incident ne provoque une mobilisation similaire dans les principaux médias espagnols.

Cette asymétrie doit être remise en question, car la crédibilité de la défense de la liberté de la presse dépend également de la capacité à examiner avec la même rigueur les atteintes subies par les journalistes étrangers. Cependant, certains journalistes de RTVE justifient les atteintes à la liberté de la presse en fonction du pays d'origine des journalistes.

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