Migration: Dans les régimes dictatoriaux 'Rogue State', les étrangers qui y résident sont considérés comme des otages... By- Mohammed Gherrabi

Il propose un billet gratuit pour l'Algérie et les gens refusent même gratuit. Pourquoi ?
Lors d'une brève interview, un homme interroge des passants dans la rue en leur proposant un voyage gratuit en Algérie, billet d'avion inclus.
«États voyous - Rogue State»
À sa grande surprise, plusieurs personnes rejettent catégoriquement l'offre, certaines allant même jusqu'à exprimer des propos particulièrement hostiles.
«Qu’est-ce que tu veux que j’aille faire en Algérie?», répond notamment un passant.
D’autres affirment qu’ils n’iraient « pour tout l’or du monde ».
Des réactions extrêmement vives face à une simple offre de découvrir un pays avec tous les frais couverts.
Dans les régimes dictatoriaux, les étrangers qui y résident sont maintenant considérés comme des otages.
Des régimes autoritaires «États voyous - Rogue State» comme l'Algérie, la Corée du Nord et l'Iran... sont critiqués à l'échelle internationale pour la détention arbitraire de ressortissants étrangers, une pratique appelée « diplomatie des otages ».
Gianni Infantino, le président de la FIFA, a exprimé son soutien à Christophe Gleizes, un journaliste français emprisonné en Algérie, lors de la conférence de presse d'ouverture de la Coupe du Monde 2026. Il a déclaré qu'il y avait un siège vide dans la salle de conférence pour Gleizes, le seul journaliste sportif détenu au monde, et a espéré que le journaliste obtienne une grâce présidentielle pour pouvoir assister à la Coupe du Monde.En droit international, un otage est une personne capturée et détenue illégalement pour forcer un tiers (tel qu'un État, une organisation ou une personne) à réaliser ou à ne pas réaliser un acte. Bien que certains régimes autoritaires aient parfois recours à la "diplomatie des otages" en arrêtant arbitrairement des personnes ayant une double nationalité ou des étrangers pour les utiliser comme monnaie d'échange, cela ne s'applique pas de façon généralisée à tous les résidents étrangers.
L'arrestation de Boualem Sansal a eu lieu le 16 novembre 2024, à son arrivée à l'aéroport d'Alger. Il a été arrêté pour des accusations de «atteinte à l’unité nationale » et de « outrage à corps constitué». Son arrestation a été un acte de protestation contre les frontières actuelles de l'Algérie avec le Maroc, selon ses déclarations faites dans le média français d'extrême droite Frontières. Sansal a été placé sous mandat de dépôt dans une unité pénitentiaire d'un hôpital d'Alger et a été condamné à une peine de cinq ans de prison ferme et à une amende de 500 000 dinars. Son arrestation a également intensifié la crise diplomatique entre Alger et Paris.Arrestation de 61 Marocains en Algérie: des interrogations sur les accusations d’Alger
L'arrestation de 61 citoyens marocains en Algérie soulève de nombreuses questions concernant les circonstances de l'affaire et les arguments avancés par les autorités algériennes. Annoncée le 11 octobre 2026 par la Direction générale de la Sûreté nationale, l'opération est décrite comme le démantèlement d'un réseau criminel international suspecté de préparer des actes de sabotage à Oran.
L’Algérie met en avant un «réseau criminel» sans pouvoir présenter de cible, d’arme, ni de commanditaire
Selon le communiqué officiel, les personnes arrêtées seraient entrées en Algérie depuis la Tunisie, en empruntant des passages montagneux et des chemins forestiers isolés dans la région d’El Kala. Elles auraient ensuite rejoint Oran, dans l’ouest du pays. Les autorités mentionnent également la présence d’un ancien militaire marocain parmi les suspects.
Toutefois, le communiqué ne précise ni la date exacte des arrestations ni la nature des actes qui auraient été préparés. Les éléments rendus publics évoquent des passeports marocains et des sommes en dirhams et en euros. Aucune arme n’est mentionnée dans cette présentation officielle. Ces informations ne permettent pas, à elles seules, d’établir la réalité des accusations portées contre les personnes interpellées.
Cette affaire intervient dans un climat de fortes tensions entre le Maroc et l’Algérie. Les relations diplomatiques entre les deux pays sont rompues depuis août 2021, sur fond de désaccords politiques et régionaux. Depuis, les accusations mutuelles et les restrictions de déplacement ont contribué à creuser davantage le fossé entre les deux voisins du Maghreb.
En juillet 2026, les autorités algériennes avaient déjà annoncé l’arrestation de six personnes présentées comme membres du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), dont quatre ressortissants marocains. Elles les soupçonnaient de vouloir perturber les élections législatives. Un mois plus tard, la télévision publique avait diffusé des déclarations présentées comme des aveux.
Une journaliste de la télévision allemande (DW) met en avant la difficulté de recenser les accusations d’Alger envers le Maroc. Difficile ? Presque impossible : selon Alger, chaque problème interne semblerait avoir pour origine… le Maroc.La récente arrestation de citoyens marocains suscite de nouveau des inquiétudes quant à leur statut juridique et aux conditions dans lesquelles les procédures seront menées. Les individus concernés doivent avoir accès aux garanties légales, notamment le droit à un avocat, à un procès équitable et, conformément aux règles en vigueur, à une assistance consulaire marocaine.
L'affaire se déroule également dans un contexte politique délicat en Algérie. Les problèmes économiques, l'augmentation du prix de certains produits alimentaires et les tensions concernant l'approvisionnement en eau nourrissent les inquiétudes d'une partie de la population. Les données officielles mentionnées dans le débat public indiquent également une participation de 20,79 % aux élections législatives du 2 juillet 2026.
Sur le front migratoire, les données de Frontex mentionnées dans les informations publiées font état de 7 910 ressortissants algériens détectés en situation irrégulière aux frontières de l’Union européenne entre janvier et août 2026. Ces départs illustrent les difficultés auxquelles une partie de la jeunesse algérienne est confrontée, notamment en matière d’emploi et de perspectives économiques.
Un autre enjeu se profile à la fin du mois d’octobre, avec l’examen attendu par le Conseil de sécurité des Nations unies d’une nouvelle résolution sur le Sahara. La résolution 2797, adoptée en 2025, constitue un élément important du cadre diplomatique autour du dossier. La proximité de cette échéance nourrit les interrogations sur les répercussions politiques possibles de l’affaire des 61 Marocains, sans qu’un lien direct soit établi à ce stade.
Pour le Maroc, la priorité demeure la protection de ses ressortissants et le respect de leurs droits. L’évolution du dossier dépendra des éléments présentés par la justice algérienne, des conditions de détention et des garanties accordées aux personnes arrêtées. À ce stade, les accusations relayées par les autorités algériennes restent à examiner dans le cadre d’une procédure judiciaire.
Algérie: la chasse aux migrants marocains établie en Algérie est lancée
Les plâtriers marocains « très présents » en Algérie, malgré les difficultés. La fermeture des frontières terrestres entre le Maroc et l’Algérie n’a pas entravé la présence significative de travailleurs marocains dans le pays voisin, selon le site d’information allemand DW.com, qui s'interroge sur les conditions de vie de ces travailleurs dans un contexte de tensions entre les deux pays.
Les artisans marocains en situation irrégulière en Algérie éprouvent des difficultés à rentrer au Maroc. Ils sont confrontés à des « mafieux » qui les exploitent à leur guise, leur promettant de les aider à atteindre une hypothétique rive européenne. D'après un artisan marocain qui a réussi à retourner au Maroc, ses collègues sont exploités sur des chantiers où ils doivent travailler dans des conditions inhumaines. Ces déclarations sont confirmées par Brahim Al Ghouti, un chercheur et expert du patrimoine marocain.
La situation des artisans marocains légalement établis en Algérie est loin d'être enviable. Sollicités par des hommes d'affaires algériens, des personnalités et des responsables sécuritaires, ils sont exploités dans les résidences luxueuses d'Alger, dont ils s'occupent de la décoration. Ces artisans marocains sont « dénigrés et surexploités ; et, dans plusieurs cas, leurs papiers et passeport leur sont confisqués jusqu'à la fin du chantier », où ils sont mobilisés et subissent des « menaces d'emprisonnement », selon d'autres témoignages recueillis par le quotidien "Assabah".

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