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«Les gens disent» qu’il était une 'balance" de Driss Basri

il y a 11 minutes
4 min de lecture

En se basant sur des vidéos et des documents « authentifiés » ainsi que sur des déclarations de personnalités politiques, accusant Abdelilah Benkirane, le secrétaire général du Parti de la justice et du développement (PJD), d'être une "Balance".

Un informateur "balance" est fréquemment chargé de rendre compte de la situation socio-politique d'un pays et de tenir les autorités informées des éventuelles alliances entre les partis. Ce rôle peut s'avérer particulièrement pertinent en cas de crise gouvernementale ou durant des négociations cruciales.

Un informateur est une personne qui fournit des informations à une autorité, souvent en échange de protections ou de récompenses.

Le serviteur obéissant: Lettre de Benkirane à Idriss Al-Basri - 17 mars 1986 à Rabat

Abdelilah Benkirane, qui a exercé pendant 5 ans comme chef du gouvernement, a voulu prendre de court le président du Rassemblement national des Indépendants (RNI). Confortablement installé chez lui, il a enregistré une vidéo dans laquelle il attaquait Aziz Akhannouch avec une rare violence. Il l’a accusé de nombreux torts et a mis en garde l’État à son sujet.

Les gens disent qu’il était une 'balance" de Driss Basri

Mais son intervention n’est pas passée inaperçue. Il a reçu plusieurs réponses, dont certaines ont été assez dures à son égard.

Mohamed Tijin a également répondu dans une vidéo après avoir été mentionné par l'islamiste Benkirane, qui l'a qualifié de neggafa (femme qui prépare la mariée pour sa cérémonie de mariage). Tijini l'a pris sur le fait, soulignant qu'il méprise ces femmes travailleuses et honnêtes qui se battent dur pour leurs enfants. Et là, il faut le reconnaître, Benkirane a l'habitude de ces maladresses qui lui causent des ennuis à chaque fois. Il a ouvert la porte à toutes les attaques. Le journaliste lui a rappelé que ces femmes travailleuses assurent le gîte et le couvert à leurs familles, contrairement à lui qui habite chez sa femme. Pan!

Tijini a aussi noté que Benkirane précède ses accusations contre Akhannouch par l'expression « les gens disent », ce qui lui permet d'éviter d'éventuelles poursuites judiciaires.Tijini a donc rétorqué que, dans ce cas, les gens disent aussi des choses terribles sur Benkirane. Et ce que « disent les gens » est vraiment alarmant : Benkirane aurait été un informateur de l’ancien ministre de l’intérieur Driss Basri. C'est sérieux. En réalité, ce ne sont pas que des paroles, car il y a plusieurs années, une lettre de Benkirane à Basri exprimait la volonté de l’islamiste de collaborer avec l’Intérieur pour affaiblir les socialistes, les communistes et tous les progressistes du pays.

Il y a quelque chose de plus sérieux. « Les gens affirment que lorsque tu vendais de l’eau de javel, tu la diluais avec de l’eau », a insisté Tijini. Une fraude sur la qualité donc. Indigne d'une personne souhaitant conseiller l'État.

  • Mais qu’est-ce qu’un indicateur exactement ?

  • Comment sont-ils recrutés et rémunérés ?

  • Est-ce que cela produit réellement des résultats ?

Le rôle d'informateur (ou « indicateur », souvent appelé familièrement « indic » ou «donneur») est historiquement et socialement l'un des plus mal vus, et ce, pour plusieurs raisons évidentes :

  • La perte de confiance: Ce rôle implique souvent de trahir ses propres pairs, amis ou environnement, ce qui est généralement vu comme un acte de déloyauté.

  • Le double jeu: L'indicateur mène une vie de mensonge constant, devant prouver sa fidélité à son entourage tout en transmettant des informations aux services de police ou de renseignement.

  • Le danger permanent: C'est une fonction extrêmement risquée. Si l'informateur est découvert (« dénoncé » à son tour), les représailles peuvent être violentes, voire mortelles.

  • Le mépris des deux côtés: Souvent, l'indicateur n'est respecté ni par les criminels qu'il trahit, ni par les autorités qui l'utilisent comme un simple outil et s'en détachent si la situation se complique.

Cependant, du point de vue strictement policier ou étatique, les informateurs sont considérés comme essentiels pour pénétrer les réseaux criminels fermés (terrorisme, grand banditisme, trafic de drogue) où les méthodes d'enquête traditionnelles ne sont pas suffisantes. Ainsi, bien que leur rôle soit moralement réprouvé par la société, il est stratégiquement utilisé par la justice.


Indicateurs: cette arme secrète des enquêteurs

Pour pouvoir obtenir des informations et permettre d'arrêter des criminels, les enquêteurs de la police font régulièrement appel à des indicateurs, aussi appelés "informateurs".

"Balances", "cousins", "casseroles" ou encore "mouchards", autant de surnoms sont employés pour parler des indicateurs de la police. Par simple devoir civique ou pour obtenir une récompense, certains partagent des informations concernant des personnes impliquées dans des réseaux criminels.

En France, la loi Perben II, en vigueur depuis le 9 mars 2004, encadre une pratique qui n'était pas régulée auparavant. Cette législation, visant à adapter la justice aux évolutions de la criminalité, légalise l'utilisation des informateurs par la police, en stipulant qu'ils doivent être rémunérés. "Elle exige qu'ils reçoivent un paiement en espèces en échange de leurs informations", précise Claude Cancès, ancien directeur de la police judiciaire de Paris, à RMC Crime.

Ces informateurs sont maintenant immatriculés et possèdent un nom de code pour les identifier. Ces dossiers sont centralisés à la Direction centrale de la police judiciaire, dans le bureau central des sources. Ils sont ensuite classés selon leur expertise criminelle ou délictueuse et sont assignés à un service de police qui en prendra la responsabilité.

Informé pour être protégé.

Le recrutement des informateurs se fait de plusieurs façons. Il y a ceux qui se manifestent directement auprès des services de police pour leur donner des informations et puis, il y a les hors-la-loi qui, au cours de leur garde à vue par exemple, proposent leur service pour bénéficier de faveur notamment dans leurs conditions de détention.

Et les contreparties peuvent varier. Cela va du petit délinquant pour lequel la police va fermer les yeux sur ses infractions en échange d'informations sur des bandes adverses à une somme d'argent.

Une relation pas toujours facile à gérer

Cette relation qui lie les policiers aux délinquants n'est pas toujours facile à gérer du côté de la police qui doit toujours garder le contrôle de la situation. Cela peut parfois être compliqué car ils doivent instaurer un lien de confiance tout en gardant une certaine distance.

Si jamais un indicateur est démasqué, la police lui conseille de "disparaître" un moment pour éviter les risques de représailles, car pour les services de police, "il est impossible de les protéger nuit et jour".

 
 
 

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