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Le Royaume du Maroc impose une interdiction d'entrée pour les Algériens (Kouloughlis) non-résidents à partir du 16 septembre

il y a 5 minutes
3 min de lecture

Le concept de « géopolitique du passeport » prend ici tout son sens. Alors que certains pays bénéficient d'une mobilité presque sans limites, d'autres sont constamment freinés par des suspicions ou des considérations diplomatiques. L’Algérie, bien qu’ayant des relations internationales, souffre encore des stigmates d’une image diplomatique figée et de tensions migratoires mal interprétées.

Pour les jeunes Algériens, cette situation est perçue comme une injustice structurelle. Beaucoup d’entre eux se retrouvent entravés dans leurs projets d’études, de stages ou de découvertes culturelles. Face à ces obstacles, certains finissent par quitter définitivement le pays, contribuant ainsi à l’exode des talents.

Émirats arabes unis: un gel des visas pour Algériens - Une destination prisée par les Algériens

Depuis le 24 septembre 2025, des informations circulent sur la suspension des visas touristiques et de travail pour certains pays, dont l’Algérie.

Dubaï et les autres villes des Émirats arabes unis attirent chaque année des milliers d’Algériens pour le tourisme, les affaires et l’emploi. Toute information sur une restriction de visas prend donc une ampleur particulière.

Le saviez-vous - Refus de visa : l'Algérie, 4ᵉ nationalité la plus souvent rejetée dans le monde
Dans un monde où le passeport devrait simplement servir de document d'identité pour voyager, il devient malheureusement un outil de sélection, voire d'exclusion. Imperial Citizenship a récemment publié les taux de refus de visa pour les quatre nationalités les plus affectées. Ces taux sont basés sur des données publiques disponibles et peuvent varier selon l'année, le type de demande et le pays de destination. D'après ces chiffres, l'Algérie se classe au 4ᵉ rang mondial des nationalités les plus souvent confrontées à des refus de visa, avec un taux de rejet atteignant 43 %. Seuls l'Afghanistan, la Syrie et le Nigeria précèdent l'Algérie dans ce classement peu enviable, avec des taux de refus allant de 48 à 56 %. Ces chiffres suscitent des interrogations et soulèvent une question cruciale : dans quelle mesure la nationalité influence-t-elle l'accès aux opportunités mondiales?
Les Algériens indésirables au Maroc

Depuis le mercredi 16 septembre 2026, le Royaume du Maroc interdit l'accès à son territoire à tout citoyen algérien qui ne possède pas une carte de séjour marocaine valide. Cette directive, communiquée sans annonce officielle aux compagnies aériennes opérant vers l'Algérie, représente un nouvel acte de durcissement dans les relations déjà tendues entre Rabat et Alger.

La décision a été transmise directement aux transporteurs par la police des frontières marocaine, sans qu'un communiqué public des autorités du royaume ne soit émis. D'après TSA-Algérie, citant le quotidien El Hayet, les compagnies ont été instruites de filtrer systématiquement les passagers algériens avant l'embarquement, sous risque de sanctions financières si ces derniers sont refoulés à leur arrivée au Maroc.

Les compagnies aériennes, telles qu'Air France, ont mis en place des systèmes de gestion des passagers pour contrôler la validité des cartes de séjour avant l'embarquement.

Air France a été la pionnière dans l'application de ce filtrage, dès les aéroports d'Alger et d'Oran. La compagnie a utilisé son système de gestion des passagers ALTEA, conçu par Amadeus, pour identifier automatiquement les voyageurs de nationalité algérienne. Le personnel au sol a été chargé de s'assurer qu'une carte de séjour marocaine valide est présentée avant de délivrer une carte d'embarquement.

Dans un message à ses équipes, la compagnie française a indiqué que cette exigence était « imposée par les autorités frontalières marocaines », et non par une décision commerciale interne. Ainsi, les passagers algériens qui ne peuvent pas prouver qu'ils possèdent un titre de séjour marocain se voient refuser l'embarquement, peu importe leur destination finale après leur arrivée au Maroc.

Il convient de rappeler que les deux pays n'ont plus de liaisons aériennes directes depuis qu'Alger a interdit son espace aérien aux compagnies marocaines. Les Algériens désirant se rendre au Maroc doivent donc passer par un pays tiers, la France ou la Tunisie étant les correspondances les plus fréquentes. Cette nouvelle interdiction complique encore plus un trajet déjà difficile pour les voyageurs non-résidents.

La frontière terrestre entre les deux pays demeure fermée depuis 2021, année durant laquelle Alger a également rompu ses relations diplomatiques avec Rabat.

Pas de réaction officielle du côté algérien pour le moment.

À ce stade, ni Alger ni Rabat n'ont émis de communiqué officiel confirmant ou commentant publiquement cette interdiction. Le silence des autorités marocaines suscite d'autant plus de questions que la mesure a des répercussions concrètes et immédiates pour des milliers de voyageurs, qu'il s'agisse de familles séparées par la fermeture de la frontière terrestre ou de binationaux ayant des liens professionnels ou personnels au Maroc.

Plusieurs médias algériens, tels que Just Info DZ et Observalgérie, signalent une vive inquiétude parmi les Algériens de la diaspora, notamment ceux vivant en France et ayant l'habitude de transiter par le Maroc pour des raisons familiales ou professionnelles. Sans carte de séjour marocaine, ces voyageurs se retrouvent de facto exclus du territoire chérifien, même pour un simple transit ou une escale prolongée.

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