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Le génie Royal - le Gazoduc Nigéria-Maroc (NMGP): l’avenir énergétique de deux continents

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  • 22 févr.
  • 18 min de lecture
Alors que l’Europe cherche désespérément à diversifier ses sources d’approvisionnement énergétique pour réduire sa dépendance au gaz russe, le gazoduc Nigeria-Maroc apparaît comme une réponse audacieuse et visionnaire.
« Il y a un risque que l'Algérie utilise ses livraisons de gaz comme moyen de pression politique, à l'instar de la Russie. Cela représenterait un risque pour la résilience politique et économique de l'Europe. A long terme, cela menacerait le statut de l'Algérie en tant que fournisseur d'énergie pour l'Europe », a estimé l’OTAN.

Le projet de gazoduc Nigeria-Maroc, également connu sous le nom de Gazoduc Atlantique, s’impose comme une initiative la plus ambitieuses et stratégiques de l’histoire contemporaine de l’Afrique. Avec un tracé de près de 6 000 kilomètres reliant les réserves colossales de gaz naturel du Nigeria aux infrastructures marocaines, ce projet transcende les simples considérations énergétiques pour s’inscrire dans une dynamique de coopération régionale, de développement économique et de repositionnement géopolitique.

Le gazoduc Maroc-Nigéria, un projet économique panafricain

Le gouvernement nigérian a réaffirmé l’avancement du projet de gazoduc Nigeria–Maroc (NMGP), qui représente un axe stratégique dans la diplomatie énergétique régionale et en matière d’intégration économique en Afrique de l’Ouest. On vous relate les derniers développements d’un chantier titanesque estimé à plus de 200 milliards de dirhams.

Lors d’une déclaration récente dans la presse nigériane, le ministre nigérian du Gaz, Ekperikpe Ekpo, a indiqué que le tracé de plus de 5 000 kilomètres, destiné à traverser une douzaine de pays africains, progresse selon les engagements bilatéraux entre Abuja et Rabat. Cette confirmation intervient dans un contexte international tendu, où le gaz naturel est devenu une ressource hautement stratégique, à la fois instrument de souveraineté, facteur de compétitivité économique et énergie de transition.

Estimé à près de 200 milliards de dirhams, le NMGP dépasse largement le cadre d’une infrastructure énergétique classique. Il incarne une vision panafricaine fondée sur l’intégration régionale, la coopération Sud-Sud et la projection géo-économique de l’Afrique vers l’Europe. Lancé en 2016, le GAA devrait longer la côte atlantique du continent sur 7 000 kilomètres à travers 13 pays hôtes, ce qui en ferait le plus long du monde.

Au total, la partie offshore (en mer) s’étendait sur 5 100 kilomètres, la partie terrestre sur 1 760 kilomètres. Par son tracé, ce projet pourrait aussi permettre de raccorder le Sénégal et la Mauritanie, lesquels disposent d’un important potentiel gazier. Aujourd’hui les fonds d’investissement intéressés par le gazoduc Nigeria-Maroc (NMGP) forment un consortium stratégique mêlant institutions multilatérales et partenaires du Golfe, avec le Fonds OPEP (14,3 millions USD pour la phase FEED II), la Banque Islamique de Développement (IsDB) et la Banque Européenne d’Investissement (EIB) en tête pour financer études et construction sur les 25 milliards USD estimés.

Les Émirats Arabes Unis se positionnent comme financeur clé depuis mai 2025, rejoignant potentiellement la Chine et les États-Unis pour une diversification des risques pays via une Project Company dédiée pilotée par NNPC et ONHYM. Cette architecture mixte (40-50% multilatéral) vise à sécuriser 30 milliards de m³ de gaz/an vers l’Europe.

Les signaux américains ont été confirmés par Wale Edun, ministre nigérian des Finances. Il a révélé dans une déclaration l’intérêt concret de Washington, via la DFC et des fonds souverains alliés, pour une enveloppe de 8 milliards de dollars garantie à 70%. « Nos échanges avec les partenaires américains ont été particulièrement fructueux concernant le projet NMGP. Les États-Unis ont manifesté un intérêt concret pour investir dans cette infrastructure majeure qui transformera l’approvisionnement énergétique de toute la région ouest-africaine », a déclaré le ministre..

Au-delà des annonces politiques, que révèle réellement l’état d’avancement du gazoduc Maroc–Nigeria sur les ambitions énergétiques africaines, et sur la capacité du continent à porter des projets structurants de long terme ?

Un projet énergétique à forte charge géopolitique

« Le Maroc, sous l’impulsion d’une volonté royale, a su mettre en place une hiérarchie claire et coordonnée pour la réalisation de ses projets économiques, notamment dans le secteur énergétique. Cette approche a permis au Maroc de mobiliser efficacement les ressources politiques, économiques, et diplomatiques nécessaires à la concrétisation de ses ambitions, comme le montre le projet du gazoduc Nigeria- Maroc. Ce projet, avançant à un rythme significatif, illustre la capacité du Maroc à lever des fonds et à attirer des investissements directs étrangers, bénéficiant d’une stabilité politique et d’une stratégie d’ouverture économique. Le financement est un aspect crucial de ces projets d’envergure », nous confie Anas Abdoun, Expert en Géopolitique et Senior Analyst chez Stratas Advisors chargé de l’Afrique et du Moyen Orient

« Le tracé du NMGP, longeant la façade atlantique ouest-africaine et traversant plus d’une dizaine de pays, traduit cette ambition d’intégration régionale. Il ne s’agit pas uniquement d’acheminer le gaz nigérian vers le marché européen, mais de créer un corridor énergétique régional, capable d’alimenter les économies locales, de soutenir l’industrialisation et de renforcer la sécurité énergétique des pays traversés », poursuit l’expert.

Rappelons que le projet est porté conjointement par la Nigerian National Petroleum Company et l’Office National des Hydrocarbures et des Mines, avec l’appui de partenaires techniques et financiers internationaux. Les études de faisabilité et d’ingénierie ont déjà franchi plusieurs étapes. L’enjeu central réside désormais dans la structuration d’un montage financier hybride, capable d’assurer la viabilité économique du projet tout en préservant son caractère stratégique.

En effet, le projet « traduit la volonté de structurer un espace atlantique africain intégré, où l’énergie devient instrument de souveraineté autant que vecteur d’interdépendance », analyse Yasmina Asrarguis, expert en Relation internationale, avant de faire remarquer: « À ce stade, l’avancement confirmé par Abuja témoigne moins d’un simple progrès technique que d’une consolidation politique progressive d’un axe stratégique appelé à redéfinir les équilibres régionaux ».

Plusieurs modèles d’affaires seront mis en place au niveau de chaque tronçon du projet : tronçon Nigéria-Côte d’Ivoire, tronçon Sénégal-Mauritanie-Maroc lié au Gazoduc Maghreb-Europe (et par ricochet à l’Europe) et tronçon Côte d’Ivoire-Sénégal. Les études d’ingénierie détaillées, bouclées en avril 2024, confirment que l’infrastructure est techniquement réalisable et économiquement viable. Selon Africa intelligence les phases de terrassement, de pose des conduites et de tests de pression s’échelonnent entre 2026 et 2029, pour une première livraison de gaz nigérian à la frontière maroco-européenne en 2030.

Le PDG de la NNPC (Nigeria National Valley Corporation), Bashir Ojulari, a déclaré que le projet était commercialement viable et devrait être rentable. Les travaux progressent par phases, la prochaine étape consistant à raccorder le gazoduc à la Côte d'Ivoire et à capter le gaz non utilisé des pays d'Afrique de l'Ouest.
Une véritable aura géostratégique

« Aujourd’hui ce projet a une véritable aura géostratégique sur le continent. Dans une Afrique où la question de l’énergie constitue un véritable défi, ce projet permettra non seulement au pays africain de dépasser les problématiques délaitage d’électricité mais aussi aura une incidence positive sur la croissance économique des Etats », expliquait l’expert en énergie Said Guemara dans l’un de nos papiers sur ce dossier.

De son côté, Abdoun déclare : « il convient de souligner deux éléments qui mettent en lumière l’influence économique croissante du Maroc dans la région. Premièrement, le projet de gazoduc Nigeria-Maroc bénéficie d’un engouement régional et est soutenu par un certain nombre d’organisations régionales et internationales telles que la CEDEAO et l’OPEP. Cette adhésion régionale témoigne non seulement de la viabilité du projet mais aussi de l’influence du Maroc en tant que catalyseur de coopération économique ».

Et d’ajouter : « Deuxièmement, le statut avancé du Maroc auprès de l’Union européenne positionne le royaume comme un acteur clé dans le secteur énergétique régional et européen. L’intérêt et le suivi du projet par la Direction générale de l’Énergie de la Commission européenne, ainsi que le déblocage d’une somme de 300 milliards de dollars destinée à financer l’importation de gaz en dehors de la Russie, soulignent l’importance stratégique du Maroc dans la diversification des sources énergétiques de l’Europe. Le suivi du projet par Bruxelles témoigne de la confiance que l’Union européenne place dans le projet de gazoduc Nigeria-Maroc et dans la capacité du Maroc à contribuer à la sécurité énergétique européenne ».

Le gazoduc Maroc–Nigeria n’est pas seulement un projet d’infrastructure. Il est le reflet d’une Afrique qui tente de penser sa souveraineté énergétique à l’échelle continentale, en misant sur le pragmatisme, les partenariats et la vision de long terme

Projet Gazoduc Afrique Atlantique :
  • Longueur du gazoduc : 6.000 kilomètres.

  • Investissement total estimé : 25 milliards de dollars.

  • Capacité de transport : Jusqu’à 40 milliards de mètres cubes de gaz par an.

  • Revenus cumulés attendus : 500 milliards de dollars pour les pays traversés sur plusieurs décennies.

Infrastructures liées au Maroc:
  • Terminal de GNL à Jorf Lasfar : Investissement de 4,5 milliards de dirhams (environ 440 millions de dollars).

Guerre du Gaz et Leadership Énergétique en Afrique !

La rivalité des pipelines entre le Maroc et l'Algérie découle d'une série de tensions géopolitiques et de rivalités économiques. Les initiatives de pipelines, notamment le gazoduc (mentionner les deux noms), génèrent des frictions car elles sont considérées comme des leviers pour renforcer la position économique et géostratégique des deux nations. Cette compétition intense pour accéder aux marchés énergétiques européens engendre une confrontation informationnelle entre ces deux pays.

Une bataille de chiffres. Un choc de communicants.

Une empoignade de diplomates aux réverbérations continentales. Depuis quelques années, l’Afrique des hydrocarbures est le théâtre d’une virulente « guerre des gazoducs » entre deux mégaprojets à destination de l’Europe.

  • L’un piloté par le Maroc,

  • l’autre par l’Algérie.

L’invasion de l’Ukraine a porté la rivalité à son paroxysme, chacun se faisant fort d’acheminer vers l’Europe une alternative africaine au gaz russe.

L'un est porté par le Maroc, l'autre est par l'Algérie. Les deux projets prendront leur départ du Nigeria, participant à chacun d'eux, pour atteindre l'Europe : le gazoduc Nigeria-Maroc (NMGP) via la côte ouest-africaine, et le Nigeria-Niger-Algérie (Nigal) également connu sous le nom de "Transsaharien" (TSGP) à travers le Sahel. Ces deux projets concurrents revêtent une importance stratégique sur le plan économique dans un contexte de réorganisation du marché de l'énergie - en particulier celui du gaz - et alimentent la compétition entre Rabat et Alger, créant ainsi une guerre d'informations entre les deux nations.

L’Europe, dépendante du gaz russe, voit dans ce projet une opportunité de diversification, renforçant l’importance géopolitique de l’Afrique de l’Ouest.

Malgré les récents accords tripartites (Algérie, Nigéria, Niger), les tensions politiques et les risques sécuritaires rendent improbable la concrétisation de ce projet.

En revanche, le soutien américain et la stabilité relative des pays traversés (Bénin, Ghana, Sénégal, etc.), favorisent sa viabilité.

Les enjeux géopolitiques: La guerre des gazoducs...

Ce projet se heurte à des rivalités géopolitiques, notamment avec l’Algérie, qui soutient un projet concurrent de gazoduc transsaharien reliant le Nigeria à l’Europe via le Niger et l’Algérie. Ce dernier, bien que moins coûteux (estimé entre 11 et 13 milliards de dollars), est confronté à des problèmes de sécurité majeurs, en raison de l’instabilité dans les régions qu’il traverse. Les groupes armés actifs au Niger et même au Nigeria, tels que Boko Haram et le MEND, représentent une menace constante pour les infrastructures terrestres, rendant leur sécurisation extrêmement laborieuse.

En revanche, le tracé sous-marin du Gazoduc Nigeria-Maroc offre une meilleure protection contre les sabotages, bien que les défis sécuritaires ne soient pas totalement absents. La stabilité politique relativement garantie des pays côtiers traversés, ainsi que leur intérêt commun dans la réussite du projet, constituent des atouts majeurs pour sa réalisation.

Au-delà de ses implications économiques et géopolitiques, le Gazoduc Nigeria-Maroc incarne un modèle de coopération interafricaine. En unissant leurs forces pour réaliser ce projet, le Nigeria et le Maroc montrent la voie à une Afrique plus intégrée et plus autonome. Ce gazoduc pourrait non seulement remodeler les économies des pays traversés, mais également renforcer leur résilience énergétique et leur attractivité pour les investisseurs étrangers.

Pour le Maroc, ce projet s’inscrit dans une stratégie plus large de promotion du développement continental, initiée depuis le début du règne de SM le roi Mohammed VI. En devenant un investisseur clé sur le continent, le royaume a démontré son engagement en faveur d’une coopération Sud-Sud, fondée sur des partenariats mutuellement bénéfiques.

Une fois ces conditions réunies, le Gazoduc Nigeria-Maroc pourrait devenir un modèle de coopération régionale et un catalyseur de transformation unique pour tout le continent africain.

Résumé des communiqués officiels de Penspen :
  • Le gazoduc Afrique-Atlantique (NMGP) ✅ : Confirmation claire et explicite de la réussite de l’étude de faisabilité.

  • Le gazoduc transsaharien algérien (TSGP) ❌ : Aucun rapport officiel ne confirme le succès ou l'achèvement de la revalidation/mise à jour la plus récente ; la société fait seulement référence à l'engagement et à l'étendue des travaux prévus.


Le gazoduc transsaharien algérien (TSGP) n’a pas encore passé le stade de l’étude de faisabilité.

Sorties officielles Penspen :

NMGP ✅ : Confirmation claire et explicite de la « réussite de l’exécution » de l’étude de faisabilité.

TSGP ❌ : Aucun rapport officiel sur le succès ou l'achèvement de la dernière mise à jour ; la société parle seulement de la réalisation de l'étude (revalidation et mise à jour).

«Faites vos projets en silence, la réussite se chargera du bruit.»
Le gazoduc Maroc-Nigéria, un projet économique panafricain

Le Nigeria-Morocco pipeline project (NMGP) devrait être relié au gazoduc ouest-africain, le West African Gas Pipeline (WAGP) existant à partir duquel le Nigeria alimente le Ghana, la République du Bénin et le Togo et traversera la Côte d’Ivoire, le Liberia, la Sierra Leone, la Guinée, la Guinée-Bissau, la Gambie, le Sénégal et la Mauritanie jusqu’au Maroc et en Espagne….

À travers son appui financier, le Fonds de l’OPEP renforce les relations de coopération financière avec le Maroc et contribue à la dynamique économique et sociale du Royaume.
L’OPEP accorde 14,3 millions de dollars pour la deuxième phase des études d’avant-projet

Le Fonds de l’OPEP pour le développement international (OPEC FUND) va financer la deuxième phase des études d’avant-projet du futur gazoduc reliant le Maroc et le Nigéria. Le fonds contribuera à hauteur de 14,3 millions de dollars. Détails.

Ce financement a fait l’objet d’un accord signé par la ministre de l’Economie et des Finances, Nadia Fettah Alaoui, le Directeur Général de l’OPEC FUND, Abdulhamid Al khalifa, et la Directrice Générale de l’ONHYM, Amina BENKHADRA, indique un communiqué conjoint, précisant que la signature s’est faite par échange de correspondances.

En vertu de cet accord, l’OPEP FUND va financer, à hauteur de 14,3 millions de dollars, une partie de la deuxième phase des études d’avant-projet détaillées (FEED –Front End Engineering Design), du projet de gazoduc reliant la République Fédérale du Nigeria et le Royaume du Maroc.

Ce financement s’ajoute à celui de la Banque islamique de développement qui a accordé 29, 75 millions de dollars pour l’étude de la phase deux. Ainsi, le fonds de l’OPEP et la BID deviennent co-financeurs de cette étude qui, rappelle la même source, consiste à élaborer la documentation pour l’exécution du projet du Gazoduc Nigéria-Maroc et à finaliser les analyses techniques, financières et juridiques y afférentes.

Cette annonce intervient trois jours après l’attribution du contrat de conception technique pour la phase II de l’étude d’avant-projet au groupe australien Worley Parsons qui réalisera cette étude via sa filiale hollandaise, Intecsea BV. Selon le communiqué publié le 26 avril, celle-ci (établie à La Haye), procédera à l’élaboration du cadre de mise en œuvre du projet et la supervision de l’étude technique. Quant à l’évaluation de l’impact environnemental et social et aux études d’acquisition de terres, elles seront fournies par l’équipe du groupe australien à Londres.

Le projet du Gazoduc Nigéria Maroc, rappelons-le, est le fruit d’un partenariat entre le Maroc et le Nigéria. Ce projet, initié par Sa Majesté le Roi Mohammed VI et le président BUHARI, a été acté par l’accord de coopération, signé en mai 2017. S’étendant sur 7000 kilomètres, le futur gazoduc devrait traverser treize pays d’Afrique de l’Ouest. Il permettra aux pays de la région d’accélérer leur électrification et promouvoir leur autonomie énergétique. Il s’agit également d’une solution pour la réduction du « torchage » du gaz et l’utilisation d’une énergie fiable et durable.

L’acheminement du gaz nigérian à l’Afrique du Nord alimente depuis longtemps de nombreux intérêts, l’Algérie ayant notamment mené des discussions en 2002 pour un projet similaire de pipeline traversant la région du Sahel.

Le Nigeria, membre de l’OPEP, dispose d’énormes réserves en gaz, les premières en Afrique et les septièmes au niveau mondial.

Un projet éclot dans la coquille du silence

Ce projet a été annoncé en Décembre 2016, lors de la visite d’État du souverain marocain au Nigéria. En Mai 2017, des accords de coopération ont été signés à Rabat pour engager les deux parties à parrainer une étude de faisabilité (terminée en Juillet 2018) ainsi qu’une pré-étude des détails (FEED) rendue au premier trimestre 2019.

Le projet de gazoduc Maroc-Nigéria (ralliant le Nigéria au Maroc en traversant 14 pays) une référence de relation Sud-Sud, tant au niveau économique que politique. Il permettra de connecter les ressources gazières nigérianes aux pays de l’Afrique de l’Ouest et au Maroc pour desservir l’Europe par la suite. Le projet de gazoduc Maroc-Nigéria devrait donc relier le West Africain Gas Pipeline. Ce projet s’inscrit également dans la diplomatie ouest-africaine puisqu’il impliquerait la plupart des pays membres de la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest). Au départ, il y a le Nigéria. 22e producteur mondial de gaz, 5eme exportateur dans le monde et premier en Afrique. Le pays exporte essentiellement par voie maritime, du gaz naturel liquéfié. Le gaz naturel est exporté en petites quantités à travers un gazoduc, qui relie le Nigéria au Bénin, au Togo et au Ghana. Le Nigeria-Morocco pipeline project (NMGP) devrait être relié au gazoduc ouest-africain, le West African Gas Pipeline (WAGP) existant à partir duquel le Nigeria alimente le Ghana, la République du Bénin et le Togo et traversera la Côte d’Ivoire, le Liberia, la Sierra Leone, la Guinée, la Guinée-Bissau, la Gambie, le Sénégal et la Mauritanie jusqu’au Maroc et en Espagne.

Pour le site d’information Newslooks , l’alternative africaine, notamment le gaz nigérian, reste « la plus réaliste d’un point de vue purement stratégique« . Il précise, « A cet égard, l’Algérie est en concurrence avec le Maroc pour remporter le projet de gazoduc nigérian vers l’Europe. Alors que le Maroc propose le projet de route sûre, l’Algérie offre le chemin le plus court« . « Le projet gazier à travers la route algérienne fait face à de nombreux défis sécuritaires, dont le plus important est son passage à travers la région du Sahel, qui est considérée à ce jour comme un refuge pour les organisations terroristes et les gangs de criminalité transfrontalière« , souligne la même source. En outre, continue l’article « le projet gazier algéro-nigérian mise sur le contrôle de quatre pays sur la continuité du flux, et le plus important est que les relations russo-algériennes peuvent permettre à Moscou de contrôler le projet en coulisse« . S’agissant de l’alternative marocaine, Newslooks explique que «la faisabilité économique du projet marocain réside dans la création d’un partenariat économique entre tous les pays de transit, y compris les pays africains et européens, en permettant non seulement au gaz nigérian d’atteindre l’Europe, mais aussi la Mauritanie et le Sénégal.»

Ouagadougou abritera la réunion des Etats membres sur le processus de développement du Projet d’extension du Gazoduc de l’Afrique de l’Ouest (WAGPEP)… https://t.co/bitpK4gOJd pic.twitter.com/rP7hVvTiyU — ECOWAS-CEDEAO (@ecowas_cedeao) December 7, 2020

« Ainsi, d’aucuns estiment que le projet de gazoduc maroco-nigérian garantit les avantages économiques et de développement de 12 pays d’Afrique et sert largement les objectifs de développement du continent africain occidental, ce qui est dans l’intérêt des Européens, notamment en ce qui concerne la question de l’immigration clandestine« , soutient la publication américaine. Le site conclut que le projet de gazoduc Nigéria-Maroc est « clairement » dans l’intérêt de Washington et des pays européens, « mais à condition que les Etats-Unis s’engagent non seulement dans le soutien financier, mais aussi en veillant à ce que les Russes n’utilisent pas leurs alliés en Afrique, notamment l’Algérie, pour faire campagne contre ce projet, qui profitera économiquement et politiquement aux Etats-Unis et à quelque 300 millions de citoyens africains”.

Un projet algérien miné par l’instabilité et le manque de clarté

Selon la plateforme spécialisée «Taqa», le Niger aurait suspendu les études finales nécessaires à sa réalisation, mettant en péril un chantier estimé à 18-20 milliards de dollars.

Cette décision intervient dans un contexte de tensions diplomatiques croissantes entre Alger et Niamey.

Alors que le gazoduc transsaharien censé relier le Nigéria à l’Algérie via le Niger vacille sous le poids des tensions diplomatiques, le projet concurrent Nigéria-Maroc, soutenu par les États-Unis, gagne du terrain. Une revue de presse tirée du quotidien Al Ahdath Al Maghribia.

Le projet de gazoduc transsaharien (TSGP), censé relier le Nigéria à l’Algérie via le Niger, traverse une crise profonde.

Selon Al Ahdath Al Maghribia de ce mercredi 7 mai 2025, le Niger a rappelé son ambassadeur en Algérie en solidarité avec le Mali, après qu’un drone malien a été abattu près de la frontière algérienne.

En réponse, Alger a également rappelé son ambassadeur, aggravant la crise.

Les expulsions massives de migrants subsahariens par l’Algérie vers le Niger, qualifiées d’«inhumaines» par les autorités nigériennes, ont exacerbé les tensions.

Face aux déboires du TSGP, le gazoduc Nigéria-Maroc, soutenu par les États-Unis, émerge comme une alternative crédible.

Conçu pour transporter jusqu’à 30 milliards de m³ de gaz par an vers l’Europe, le gazoduc transsaharien devait traverser des zones à forts risques sécuritaires, notamment au Sahel, théâtre d’opérations de groupes armés. Cette réalité, conjuguée à un flou persistant sur son montage financier et institutionnel, a freiné tout engagement sérieux.

Le Niger, qui avait jusqu’alors maintenu sa participation malgré les incertitudes, a suspendu les études de faisabilité ces dernières semaines. La décision intervient dans un climat tendu entre Niamey et Alger, marqué notamment par l’affaire du drone malien abattu par l’armée algérienne et la détérioration des relations diplomatiques entre l’Algérie et les pays du Sahel réunis au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES).

Ce retrait porte un coup supplémentaire à la crédibilité du projet, que plusieurs experts jugeaient déjà peu viable depuis sa relance en 2022. Le silence des bailleurs de fonds et la réticence de nombreux acteurs à y adhérer témoignent des limites d’une initiative de plus en plus isolée.

Le gazoduc Maghreb-Europe: Le contrat Maroc-Algérie d’exploitation a expiré fin 2021 !

La Banque européenne d’investissement (BEI), l’institution de financement à long terme de l’Union européenne, a accordé à ce jour plus de 1,1  milliard d’écus en faveur de la conduite transcontinentale qui achemine le gaz algérien vers l’Europe. La capacité du pipeline a été portée à 13,5  milliards de mètres cubes normaux (nm3), et permettait jusqu’alors, aux voisins algériens, le transit annuel de plus de 10 milliards de nm3.

Gazoduc Algérie- Maroc–Europe, via l’Espagne était un projet stratégique pour l’Espagne.

Après 25 ans d’exploitation, l’accord sur le «Gazoduc Maghreb-Europe» entre le Maroc et l’Algérie qui prend fin en 2021. Le gazoduc Maghreb-Europe est constitué d’un réseau de gazoducs de transport à haute pression qui achemine du gaz naturel des puits de Hassi R’Mel en Algérie vers l’Espagne et le Portugal.

Le gazoduc Maghreb-Europe qui passe par le Maroc (520 km en territoire algérien et 540 km en territoire marocain, plus 45 km constituant le tronçon maritime, plus 270 km en Espagne) et dont la capacité a été portée à 13,5 milliards de mètres cubes normaux (nm³), permet le transit annuel de plus de 10 milliards de nm³, assurant d’importantes recettes gazières à l’Algérie qui en a plus que besoin !…. Ce gazoduc deviendra la propriété du Maroc à la fin de l’année 2021, date d’expiration du contrat reliant l’Algérie et le Maroc.

En pleine crise énergétique, il n'est jamais facile de voir l'un de ses principaux canaux d'approvisionnement se tarir momentanément. D'autant plus lorsque cela se déroule sur fond de crise diplomatique.

Dans cette vidéo, ce comédien a tout résumé:
C'est pourtant bien la situation que doivent affronter l'Espagne et l'Algérie après un incident technique sur le gazoduc Medgaz qui relie les deux pays.

Alors que la plupart des pays européens se débattent pour réduire leur dépendance au gaz russe, l'Espagne doit se désentortiller d'une situation complexe avec l'Algérie, longtemps son premier fournisseur. Déjà perturbées par des relations fraîches entre Madrid et Alger, les importations de gaz sont désormais suspendues après un incident, selon le groupe pétro-gazier algérien Sonatrach.

Le groupe, entièrement détenu par l'Etat, a indiqué que la livraison de gaz algérien vers l'Espagne via le gazoduc sous-marin Medgaz était « momentanément » suspendue en raison d'un incident « côté espagnol ». Il a également assuré que « les équipes techniques espagnoles sont à pied d'œuvre pour effectuer les réparations nécessaires et rétablir l'approvisionnement de l'Espagne en gaz dans les plus brefs délais ».

Une situation tendue entre Alger et Madrid

Si l'approvisionnement devrait donc reprendre, le coup reste sensible pour l'Espagne, l'Algérie faisant partie de ses principaux fournisseurs. Surtout, cet incident intervient au moment où le dialogue entre Madrid et Alger est loin d'être au beau fixe, marqué des tensions importantes.

Les importations de gaz algérien par l'Espagne ont fortement baissé ces derniers mois. Longtemps premier fournisseur du pays et disposant d'infrastructures importantes avec Medgaz, Sonatrach a vu sa part dans les importations espagnoles baisser à 22 % en juin, derrière la Russie avec 24 % et surtout derrière les Etats-Unis et ses 30 %.

Le gouvernement algérien est très remonté contre l'Espagne depuis la volte-face de Madrid sur la question du Sahara occidental. Délaissant sa position traditionnellement neutre, le gouvernement du socialiste Pedro Sánchez a décidé, en mars, de soutenir le plan d'autonomie marocain pour cette région, afin de mettre fin à près d'un an de crise diplomatique entre Madrid et Rabat. En réaction, les autorités algériennes ont suspendu début juin un traité de coopération avec l'Espagne.

L’OTAN qualifie l’Algérie de «risque pour la sécurité» de l’Europe (Rapport confidentiel)

L’alliance politico-militaire estime que l’Algérie pourrait copier la Russie, et utiliser ses livraisons de gaz algérien aux pays d’Europe du Sud comme une arme géopolitique.

L’Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) a qualifié l’Algérie de «risque pour la sécurité de l’Europe», selon un document confidentiel dévoilé par la version germanophone du site d’information américain Business Insider.

L’alliance politico-militaire a précisé dans ce document datant de début juin, que la menace provient des livraisons de gaz algérien aux pays de l’Europe du Sud, et plus particulièrement à l’Espagne.

« Il y a un risque que l'Algérie utilise ses livraisons de gaz comme moyen de pression politique, à l'instar de la Russie. Cela représenterait un risque pour la résilience politique et économique de l'Europe. A long terme, cela menacerait le statut de l'Algérie en tant que fournisseur d'énergie pour l'Europe », a estimé l’OTAN.

Le document consulté par Business Insider ne mentionne pas de solution, mais rappelle que la sécurité énergétique est considérée depuis de nombreuses années comme «un facteur important en matière de politique étrangère et de sécurité, y compris au sein de l’OTAN».

Les inquiétudes de l’OTAN quant à l’utilisation par l’Algérie des livraisons de gaz comme «arme géopolitique» interviennent après la menace brandie, le 27 avril dernier, par l’Algérie de rompre le contrat de fourniture de gaz à l'Espagne si elle venait à l'acheminer «vers une destination tierce».

Le société algérien des hydrocarbures, Sonatrach, fournit bon an, mal an plus de 40 % du gaz naturel importé par l'Espagne, dont l'essentiel lui parvient à travers le gazoduc sous-marin Medgaz, d'une capacité de 10 milliards de mètres cubes par an.

Une autre partie du gaz algérien arrivait jusqu'en octobre 2021 en Espagne à travers le Gazoduc Maghreb Europe (GME) passant par le Maroc. Mais Alger l'a fermé après la rupture en août de ses relations diplomatiques avec Rabat, privant ainsi le Maroc du gaz algérien qui transite par son territoire.

La fermeture de cet important gazoduc et la menace de rompre le contrat de fourniture de gaz à l’Espagne avaient fait suite à la décision de l'Espagne d'autoriser «le fonctionnement en flux inverse, du Gazoduc Maghreb Europe» pour «aider Rabat à garantir sa sécurité énergétique».

Les mesures de rétorsion prises par Alger interviennent dans un contexte de montée de tensions diplomatiques entre l’Algérie et l’Espagne sur le dossier du Sahara Marocain.

Après avoir longtemps opté pour une position neutre sur ce dossier très sensible, l’Espagne avait opéré, le 18 mars dernier, un revirement spectaculaire, en apportant publiquement son soutien au projet d'autonomie marocain. Ce qui a suscité la colère d'Alger.

Après avoir rappelé son ambassadeur à Madrid le 19 mars, l’Algérie a suspendu il y a une semaine un traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération conclu en 2002 avec l’Espagne, avant de suspendre ses échanges commerciaux avec elle. Cette suspension ne concerne pas jusqu’ici le gaz naturel.

A lire aussi>>> Car l'Algérie, tout comme la Russie, a menacé de couper les approvisionnements en gaz : l'OTAN qualifie l'Algérie de risque pour la sécurité de l'Europe dans un rapport confidentiel.


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