CAN scolaire 2026 - U15: une affaire de fraude sur l’âge agite le football africain... By- Mohammed Gherrabi
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- il y a 20 heures
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Le football scolaire, qui est supposé être un lieu d'équité et de formation, se retrouve à nouveau fragilisé.
Car comment parler d’égalité des chances lorsque certains jeunes semblent déjà évoluer avec plusieurs années d’avance physique?
Comment défendre les valeurs du sport lorsque le terrain lui-même devient le théâtre d’un déséquilibre aussi évident?
Malgré ces mesures, des questions subsistent sur l'efficacité des tests et la capacité à garantir l'intégrité des compétitions.La Confédération Africaine de Football avait instauré un système réglementaire pour vérifier l'âge réel des joueurs avant la compétition. Chaque équipe est tenue de faire passer à ses joueurs un test IRM du poignet, qui permet d'évaluer la maturation osseuse du poignet gauche et de déterminer ainsi l'âge biologique du joueur.
Qu’entend-on par fraude sur l’âge dans le football?
Il s’agit, en général, d’une contestation portant sur l’âge réel d’un joueur, souvent à partir de documents d’identité ou d’état civil jugés incohérents. Sans preuve publique, cela reste une suspicion. Dans les compétitions, la question relève surtout des règles d’éligibilité et des procédures de vérification.
Une contestation peut-elle changer le résultat d’un match?
Selon les règlements applicables et le scénario, une procédure peut aboutir à des mesures sportives si une inéligibilité est établie. Mais tant qu’aucune décision officielle n’est rendue, le seul fait certain reste ce qui se passe sur le terrain. D’où l’importance, pour les équipes, de gérer à la fois le jeu et l’environnement du match.

Il semble que les week-ends, les fêtes religieuses et nationales, les jours de grève, la Saint-Valentin... et les vacances scolaires ne soient pas comptés.
La fraude concernant l'âge des joueurs en Afrique est un problème persistant que la Confédération Africaine de Football (CAF) traite depuis 2011. La CAF a instauré un cadre réglementaire visant à vérifier l'âge réel des joueurs avant chaque compétition. Toutes les équipes doivent soumettre leurs joueurs à un test IRM du poignet pour évaluer la maturation osseuse du poignet gauche. Si quatre joueurs ou plus sont jugés non éligibles, l'équipe entière est disqualifiée. Cependant, des critiques émergent quant à l'efficacité de ces tests, et certains entraîneurs soulignent que l'évaluation de la masse osseuse ne garantit pas toujours une identification précise des âges.
L’Équipe U15 du Sénégal

L’Équipe U15 d’Ouganda

Sur le terrain et dans les images diffusées, les mêmes questions refont surface. Les mêmes gabarits exceptionnels. Les mêmes physiques dépassant largement les attentes pour une catégorie U15. Les mêmes regards étonnés, également, face à ce qui semble de plus en plus évident.
Car à ce point, il ne s'agit plus seulement de soupçons ou d'exagérations de la part de supporters déçus. Quand les différences physiques deviennent si évidentes, quand l'écart de maturité se remarque sans nécessiter une analyse détaillée, le doute se transforme en une certitude difficile à négliger : la question de l'âge réel des joueurs ne peut plus être évitée.
Ce qui est le plus préoccupant, au final, ce n’est pas que le scénario se répète. C’est plutôt l'absence complète de réaction. Comme si les événements de la demi-finale n'avaient rien changé. Comme si les signaux d'alerte n'avaient jamais été présents.

Et la question, encore une fois, dérange:
Qui contrôle réellement ?
Qui vérifie ?
Qui assume?…
Ou faut-il simplement accepter que, dans certaines compétitions, la frontière entre performance et tricherie devienne floue, voire inexistante ?
Contre l’Ouganda, le malaise s'est reproduit. C'était comme un copier-coller de la demi-finale. Même impression, même frustration, même sentiment d’injustice.
En fin de compte, il ne s'agit plus uniquement de résultats, ni même des adversaires. Il s'agit de crédibilité. Car en continuant à ignorer le problème, ce ne sont pas seulement les matchs qui perdent leur signification, mais aussi toute une génération de jeunes joueurs que l'on risque de décourager.
Et tandis que certains brandissent des trophées, d'autres persistent à se poser une question simple, presque innocente : joue-t-on toujours au même jeu?
La fraude sur l’âge, un sujet dérangeant au Sénégal

L’universitaire et juriste sénégalais, Abdoulaye Sakho, s’est alarmé, de l’ampleur de la fraude sur l’âge dans le sport au Sénégal, « un gros problème » nécessitant, selon lui, des solutions en adéquation avec l’éthique. «La fraude sur l’âge, c’est ce qui dérange dans le sport. Ce n’est pas le dopage […] chez nous, on le néglige.

« La fraude sur l'âge est un problème majeur », a-t-il déclaré. «Nous sommes tous complices de cette situation […] Tout le monde garde le silence, c'est de la tricherie. Ce n'est pas du dopage, c'est de la tricherie», a critiqué le fondateur du master en droit et économie du sport de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar, également directeur de l'institut EDGE, un établissement privé de formation.
Il a souligné que les mineurs constituent une catégorie particulièrement vulnérable, davantage exposée sur le plan social que strictement sportif.Il a affirmé que la question de la protection des mineurs relève des dirigeants et des familles, et non des enfants, en mettant en avant que les mineures sont « une catégorie très exposée, non pas sur le plan sportif, mais sociétal ». De plus, cet universitaire et juriste a exhorté les autorités à mettre en place un baccalauréat sportif.


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