L’ONU demande à l’Algérie de libérer dans l' »immédiat » les détenus du Hirak

L’ONU demande à l’Algérie de libérer dans l' »immédiat » les détenus du Hirak

Mme Michelle Bachelet,  Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a lancé le 27 février dernier un message clair et net au régime algérien : il faut libérer immédiatement tous les détenus politiques. Michelle Bachelet a cité le cas de l’Algérie dans son discours prononcé devant le Conseil des droits de l’homme des Nations-Unies qui est un organe intergouvernemental du système des Nations Unies, composé de 47 États qui ont la responsabilité de renforcer la promotion et la protection des droits de l’homme autour du globe.

De nombreux manifestants ont été arrêtés ce vendredi 26 février dans plusieurs villes du pays lors des marches du premier vendredi du Hirak depuis près d’une année, selon le Comité national pour la libération des détenus (CNLD). Aucun autre bilan officiel de cette opération n’a été ensuite fourni par le gouvernement, qui poursuit les arrestations des activistes du Hirak. Dans ce contexte, et pour la première fois, le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU a demandé officiellement ce vendredi à l’Algérie de libérer immédiatement les détenus du Hirak.

The courageous mother of the brave activist of the Sahara, Ameur Guerrache, calls for his release, after his scandalous conviction this morning in the Ouargla court to 7 years in prison. No to injustice, no to oppression 🇩🇿 https://t.co/9v4pxHRwHd — Scotlandiya (@BentBladi0) February 28, 2021

Dans son discours, la Haute-Commissaire Michelle Bachelet a «demandé instamment le Gouvernement de l’Algérie à poursuivre sur la voie du dialogue et à libérer immédiatement toutes les personnes détenues pour avoir participé pacifiquement aux manifestations ». Cette «demande» qui sonne comme une «injonction» n’a pas encore reçu de réponse de la part des autorités algériennes qui continuent de maintenir en détention plusieurs activistes du Hirak et opposants politiques.

L’avocat oranais Omar Boussag, dénonce des violence physiques et verbales a son encontre de la part d’agents en civil. Sans généraliser, il y a au sein des services de sécurité, des agents qui ont des comportements de voyous, et tout les algériens peuvent en témoigner#Algerie pic.twitter.com/h4MOYoLpaL — ⵣIzem Samirⵣ (@Tonner13) February 27, 2021

De Toufik Hassani en passant par Nourredine Tounsi ou l’ex-candidat aux élections présidentielles annulées d’avril 2019, le général-major Ali Ghediri, de nombreux autres détenus d’opinion continuent de croupir dans les prisons algériennes. Officiellement, suite aux annonces du Président Abdelmadjid Tebboune faites le 18 février dernier, 33 détenus politiques ont été remis en liberté par le ministère de la Justice en application des dispositions d’une grâce présidentielle. Or, ce nombre ne traduit pas réellement l’ampleur réelle de la question de la détention arbitraire des activistes et militants politiques.

شعار  » مخابرات إرهابية… تسقط الدولة العسكرية » من ولاية #قسنطينة يدوي الشوارع و الساحات. #حراك_قسنطينة#دولة_مدنية_ماشي_عسكرية pic.twitter.com/OmBaAxsGSz — عبد المنجي خلادي – Abdelmoundji Khelladi (@KAbdelmoundji) February 26, 2021

Le silence des autorités algériennes face à l’injonction de l’ONU peut être interprété comme un volonté manifeste du pouvoir de conserver ses pratiques arbitraires et répressives. Preuve en est, lors des récentes manifestations du Hirak du vendredi 26 février dernier, de nombreuses arrestations musclées ont été suivies par des violences policières intolérables ayant causé des blessures et des traumatismes à de nombreux manifestants pacifiques comme il a été démontré par de nombreux témoignages accablants diffusés sur les réseaux sociaux par des manifestants à Oran, Mostaganem ou Alger.

العاصمة الجمعة106 كحل يالي قلبك كحل pic.twitter.com/0FludvocAO — ⵣ Algerian dzⵣ 🇩🇿 🇪🇭 🇵🇸 (@samgroom2) February 26, 2021

#الجمعة_106 #العاصمة مسيرة الأحرار في اتجاه ساحة اودان. لقد قلنا ان العاصميين سيصنعون الحدث وهاو أمامكم . مليونية تطالب بإسقاط السلطة الفعلية في البلاد والتي تحكم وراء واجهة مدنية هزلية. أنه حكم الجنرالات الذين حكموا ستين سنة البلاد بدون مؤهلات عسكرية ولا مهنية … pic.twitter.com/hwmW6ABSgO — على عهدالشهداء°باقون(الصفحة▫الرسمية) (@ELWA3Y_DZ) February 26, 2021

Lettre ouverte à Monsieur le Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies et à son Haut-Commissaire aux Droits Humains Mme Michelle BacheletPar: Les collectifs Les révolutionnaires libres, Union pour l’Algérie

Vos Excellences,

Voilà plus de 17 mois déjà que nous avons entamé à travers des plaintes successives des tentatives de vous interpeller sur la situation des droits humains en Algérie. Mais, à notre grand regret à ce jour et ce malgré des violations graves et avérées perpétrées par un régime militaire dictatorial, vous n’avez pas daigné ne serait-ce que tenter de vous informer sur le bienfondé de nos plaintes, et bien pire encore par votre silence vous semblez détourner vos regards sur une situation qui ne cesse de se dégrader. En effet, si le pouvoir militaire en Algérie est encouragé par le mutisme de beaucoup de pays qui se réclament des valeurs universelles des droits de l’homme, et de démocratie sous prétexte de non-ingérence dans les affaires internes du pays, que dire alors de l’absence de réaction d’une institution internationale telle que celle que vous dirigez et dont le rôle premier est d’interpeller tout pays qui en est membre, comme le nôtre, sur une quelconque dérive en matière de justice ou d’atteintes graves aux droits humains.

Cette complicité qui ne dit pas son nom galvanise le pouvoir en place qui, pandémie aidant, a fermé tous les espaces d’expression, restreint les libertés fondamentales telles que celles de circuler ou de protester. Il se complait dans ce huis clos imposé au peuple algérien pour réprimer, violenter, arrêter, emprisonner sous des prétextes fallacieux que n’auraient pas renié les pires dictatures du siècle passé (comme celle de Pinochet au Chili dont Mme Bachelet est originaire). Les nombreuses violations à la constitution algérienne censée être le socle fondamental de nos lois et notamment celles garantissant les libertés individuelles et collectives dénaturent complètement ce texte, et l’ont rendu à géométrie variable et malléable entre les mains de la dictature. Cette dernière, comble de l’ironie, et après un simulacre d’élections présidentielles largement boycottées par le peuple algérien à l’issue desquelles elle a désigné un président illégitime, s’apprête à organiser un pseudo référendum sur une révision de la constitution qui va renforcer les pouvoirs d’un président entre les mains d’un pouvoir occulte. Un texte pensé et écrit par une poignée d’individus déclarés “constitutionnalistes” et très peu débattu car rejeté d’emblée par la population. Ce pouvoir bat le rappel d’associations et autres institutions à sa botte pour convaincre le peuple algérien à adouber un ersatz de constitution pour soi-disant asseoir les bases d’une “Nouvelle Algérie”.

Aussi le président désigné ne s’encombre-t-il pas de mensonges et déni de la réalité, en affirmant dans des tribunes étrangères qu’il n’y a aucun détenu d’opinion en Algérie, rabaissant ainsi les militants, activistes et simples citoyens emprisonnés à des prisonniers de droit commun. Il proclame à qui veut bien l’entendre que les règles de justice de démocratie et de libertés sont désormais consacrées en Algérie, alors que la répression ne cesse de s’abattre sur tout citoyen ayant une voix discordante du régime. Pire encore, l’on assiste à une inquisition qui ne dit pas son nom et digne du moyen âge puisqu’un activiste du Hirak (le mouvement révolutionnaire du peuple algérien) vient d’être condamné à dix années de prison !!! et une lourde amende pour délit “d’athéisme” au simple motif, qu’il a été trouvé en son domicile une page déchirée d’un vieil exemplaire du Coran. La mort d’une jeune adolescente brûlée vive après avoir été violée par son assaillant, a fait l’objet d’un réquisitoire inique par un avocat officiant au niveau du Ministère de la justice, qui affirmait que son assassinat était dû a ses mœurs douteuses et à la mauvaise éducation reçue de ses parents. Cette réaction honteuse et inacceptable de justifier un mettre odieux d’un être humain a été reprise par un professeur en pédiatrie et a déchaîné les passions sur les réseaux sociaux. Des marches de protestation a travers plusieurs villes d’Algérie et à l’étranger ont été organisées pour dénoncer des féminicides abjects et interpeller le pouvoir.

La nonchalance complice des autorités a quelque part déclenché d’autres meurtres similaires ces derniers jours.

Tout ceci n’est possible que par le silence assourdissant au niveau international et plus particulièrement celui des Nations Unies garantes des libertés des peuples. Aujourd’hui tout citoyen algérien vit sous la menace d’une arrestation pour un simple écrit sur les réseaux sociaux, et autres motifs futiles dont ne s’embarrasse plus une justice aux ordres. Les avocats ont récemment observé une grève de deux jours à travers tout le territoire national pour dénoncer les dérives graves d’une justice aux ordres. Cette même justice, qui par la voix du syndicat des magistrats s’inquiète d’une mainmise totale sur toutes les juridictions du pays a un point tel qu’elle a été surnommée “Justice du téléphone” puisque les sentences sont dictées par une police politique plus que jamais déchaînée. Plusieurs voix s’élèvent en Algérie et à l’étranger, pour dénoncer avec vigueur toutes ces atteintes aux droits les plus élémentaires des algériens (ci-joint une déclaration très récente d’un célèbre avocat Maître Mokrane Ait Larbi, qui nous renseigne sur l’état de déliquescence atteint par notre pays en matière de justice).

Si un rapporteur spécial indépendant consulté par le Haut-Commissariat aux droits humains a fait un constat sévère sur la situation des droits de l’homme en Algérie, et que le comité relatif aux détentions arbitraires a dans son compte rendu du 30 Août 2020, dénoncé le jugement prononcé contre un ex-détenu du Hirak Mr. Messaoud Leftissi et a exigé sa réhabilitation, il n’en demeure pas moins que votre absence de réaction officielle nous interpelle, et génère un grand nombre de questionnements quant à votre rôle de défenseur suprême des droits de l’homme. Vos excellences, qu’attendez-vous pour dénoncer une dictature, qui sévit plus que jamais et qui bâillonne les voix de dizaines de millions de citoyens? Comment pouvez-vous expliquer votre politique de deux poids et deux mesures, quand il s’agit d’un autre pays tel que la Biélorussie pour lequel vous avez été prompts à dénoncer une élection truquée, et une répression à l’encontre des citoyens biélorusses ? Sans vouloir minimiser la révolution biélorusse qui s’étend. Nous pouvons vous assurer que la révolution algérienne est aussi digne sinon davantage de votre intérêt. Nous sommes confiants, que cet énième appel ne pourra et ne devra rester sans réponse adéquate de votre part. Veuillez accepter vos excellences nos sincères salutations respectueuses. N.B. Déclaration de Maître Mokrane Ait Larbi avocat au barreau d’Alger. ⇒ Déclaration

L’avis adopté par le GTDA du haut commissariat des droits de l’homme concernant la détention arbitraire de M. Messaoud Leftissi et demande au gouvernement Algérien d’appliquer certains nombre de mesures pour remédier sans tarder à sa situation.

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Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées

New York, 20 décembre 2006



Entrée en vigueur:

23 décembre 2010, conformément au paragraphe 1 de l’article 39 qui se lit comme suit : «La présente Convention entrera en vigueur le trentième jour après la date du dépôt auprès du Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies du vingtième instrument de ratification ou d’adhésion.».


Enregistrement:

23 décembre 2010, No 48088


État:

Signataires : 98. Parties : 63


Texte:Exemplaire certifié conforme

Nations Unies, Recueil des Traités, vol. 2716,p. 3;Doc.A/61/448C.N.737.2008.TREATIES-12 du 2 octobre 2008 (Proposition de corrections du texte original de la Convention (Textes authentiques anglais, arabe, chinois, espagnol, français et russe) et des exemplaires certifiés conformes) et C.N.1040.2008.TREATIES-20 du 2 janvier 2009 (corrections).


Note:

La Convention susmentionnée a été adoptée le 20 décembre 2006 au cours de la soixante-et-unième session de l’Assemblée générale par la résolution A/RES/61/177. Conformément à l’article 38, cette Convention sera ouverte à la signature de tous les États Membres de l’Organisation des Nations Unies. La Convention susmentionnée sera ouverte à la signature à Paris (France) le 6 février 2007 et par la suite au Siège de l’Organisation des Nations Unies à New York.


ParticipantSignatureAdhésion(a), RatificationAlbanie 6 févr 2007 8 nov 2007Algérie 6 févr 2007Allemagne26 sept 200724 sept 2009Angola24 sept 2014Argentine 6 févr 200714 déc 2007Arménie10 avr 200724 janv 2011Autriche 6 févr 2007 7 juin 2012Azerbaïdjan 6 févr 2007Belgique 6 févr 2007 2 juin 2011Belize14 août 2015 aBénin19 mars 2010 2 nov 2017Bolivie (État plurinational de) 6 févr 200717 déc 2008Bosnie-Herzégovine 6 févr 200730 mars 2012Brésil 6 févr 200729 nov 2010Bulgarie24 sept 2008Burkina Faso 6 févr 2007 3 déc 2009Burundi 6 févr 2007Cabo Verde 6 févr 2007Cambodge27 juin 2013 aCameroun 6 févr 2007Chili 6 févr 2007 8 déc 2009Chypre 6 févr 2007Colombie27 sept 200711 juil 2012Comores 6 févr 2007Congo 6 févr 2007Costa Rica 6 févr 200716 févr 2012Croatie 6 févr 2007Cuba 6 févr 2007 2 févr 2009Danemark25 sept 2007Dominique13 mai 2019 aÉquateur24 mai 200720 oct 2009Espagne27 sept 200724 sept 2009Eswatini25 sept 2007Fidji19 août 2019 aFinlande 6 févr 2007France 6 févr 200723 sept 2008Gabon25 sept 200719 janv 2011Gambie20 sept 201728 sept 2018Ghana 6 févr 2007Grèce 1 oct 2008 9 juil 2015Grenade 6 févr 2007Guatemala 6 févr 2007Guinée-Bissau24 sept 2013Haïti 6 févr 2007Honduras 6 févr 2007 1 avr 2008Inde 6 févr 2007Indonésie27 sept 2010Iraq23 nov 2010 aIrlande29 mars 2007Islande 1 oct 2008Italie 3 juil 2007 8 oct 2015Japon 6 févr 200723 juil 2009Kazakhstan27 févr 2009 aKenya 6 févr 2007Lesotho22 sept 2010 6 déc 2013Liban 6 févr 2007Liechtenstein 1 oct 2007Lituanie 6 févr 200714 août 2013Luxembourg 6 févr 2007Macédoine du Nord 6 févr 2007Madagascar 6 févr 2007Malawi14 juil 2017 aMaldives 6 févr 2007Mali 6 févr 2007 1 juil 2009Malte 6 févr 200727 mars 2015Maroc 6 févr 200714 mai 2013Mauritanie27 sept 2011 3 oct 2012Mexique 6 févr 200718 mars 2008Monaco 6 févr 2007Mongolie 6 févr 200712 févr 2015Monténégro 6 févr 200720 sept 2011Mozambique24 déc 2008Niger 6 févr 200724 juil 2015Nigéria27 juil 2009 aNorvège21 déc 200722 août 2019Oman12 juin 2020 aOuganda 6 févr 2007Palaos20 sept 2011Panama25 sept 200724 juin 2011Paraguay 6 févr 2007 3 août 2010Pays-Bas29 avr 200823 mars 2011Pérou26 sept 2012 aPologne25 juin 2013Portugal 6 févr 200727 janv 2014République centrafricaine11 oct 2016 aRépublique démocratique populaire lao29 sept 2008République de Moldova 6 févr 2007République dominicaine26 sept 2018République tchèque19 juil 2016 8 févr 2017République-Unie de Tanzanie29 sept 2008Roumanie 3 déc 2008Saint-Vincent-et-les Grenadines29 mars 2010Samoa 6 févr 200727 nov 2012Sénégal 6 févr 200711 déc 2008Serbie 6 févr 200718 mai 2011Seychelles18 janv 2017 aSierra Leone 6 févr 2007Slovaquie26 sept 200715 déc 2014Slovénie26 sept 2007Sri Lanka10 déc 201525 mai 2016Suède 6 févr 2007Suisse19 janv 2011 2 déc 2016Tchad 6 févr 2007Thaïlande 9 janv 2012Togo27 oct 201021 juil 2014Tunisie 6 févr 200729 juin 2011Ukraine14 août 2015 aUruguay 6 févr 2007 4 mars 2009Vanuatu 6 févr 2007Venezuela (République bolivarienne du)21 oct 2008Zambie27 sept 2010 4 avr 2011

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