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Royaume du Maroc: des cultures résistantes à la sécheresse


Les réserves en eau des barrages et de la nappe phréatique sont mises à rude épreuve et n’ont cessé de s’amenuiser au fil des ans. Il fallait donc trouver d’autres alternatives plus innovantes afin de préserver les ressources hydriques. D’où l’idée de développer des variétés résistantes à la sécheresse.

Dans la petite commune de Marchouch, près de Rabat, des agriculteurs marocains collaborent avec un groupe de scientifiques internationaux. Ils souhaitent créer des cultures qui pourront mieux résister aux effets du changement climatique et qui seront plus rentables.

Car avec la flambée des prix du carburant et des engrais, les agriculteurs constatent une baisse de leur rentabilité.

"En période de sécheresse, ces variétés affichent un rendement amélioré de 30 % par rapport aux autres variétés, les anciennes. Grâce à cette avancée, nous pensons pouvoir relever ce défi et répondre à la question de la souveraineté alimentaire", explique Faouzi Bekkaoui, directeur de l'Institut de recherche agronomique du Maroc.

"Nous remercions les chercheurs parce qu'ils ont créé de nouvelles et excellentes cultures qui ont aidé les agriculteurs. Ces cultures les encouragent à poursuivre leur travail. Sans elles, les agriculteurs auraient abandonné ce métier parce que les anciennes cultures ne donnaient plus de bonnes récoltes", explique Slimani Abdallah, agriculteur.

Les recherches ont lieu dans un laboratoire de la capitale marocaine. Les scientifiques procèdent à des croisements de plantes en utilisant des techniques agricoles traditionnelles afin de continuer à produire de nouvelles variétés.

Nous avons lancé un programme dans ce but il y a trois ans. Aujourd'hui, nous développons de nouvelles cultures et nous les donnons aux entreprises qui ont une licence pour produire les nouvelles cultures en grandes quantités, de façon à ce qu'elles parviennent aux agriculteurs au bout de trois ou quatre ans”, explique Moha Ferrahi, de l'Institut de recherche agronomique.

Ainsi, trois nouvelles variétés de blé dur et trois nouvelles variétés d’orge ont répondu aux attentes conjointes des scientifiques et des agriculteurs, et ont été inscrites au catalogue national des semences et seront donc bientôt disponibles pour la cultivation dans tout le pays.

Variétés de blé dur :
  • Nachit, délivrée par l’INRA en 2017, est une variété dérivée d’un Farro (amidonnier) sauvage originaire de Syrie caractérisée par des grains exceptionnellement larges, ainsi que des racines très profondes permettant de collecter de l’eau dans les parties les plus profondes du sol. Elle est très adaptée aux plateaux du Nord du Maroc et aux zones irriguées de Beni Mellal, permettant aux agriculteurs de d’atteindre des rendement records dans les exploitations irriguées.

  • Jabal, délivrée par Benchaib Semences en 2021, est une variété très rustique dérivée d’une espèce sauvages nommée « herbe des chèvres » (égilope faux-épeautre), caractérisée par sa grande taille qui assure une grande production de paille, de longs épis noirs, et un système racinaire superficiel idéal pour les sols peu profonds des montagnes de l’Atlas et des régions du Sud.

  • Jawahir, délivrée en 2022 par l’INRA, est la variété la plus performante en termes de rendement et de bonne couleur de semoule. Elle est aussi résistante à un dangereux insecte (la mouche de Hesse) et a une très bonne résistance à la sécheresse) grâce à des traits hérités de son ancêtre sauvage Arménien (blé Zanduri). Ce qui en fait une variété parfaitement appropriée pour la région de Settat-Safi, spécialement si cultivée via une agriculture de conservation.

Variétés d’orge :
  • Chiffa, délivrée par l’INRA en 2016 est une variété autant adaptée à la nutrition humaine qu’au fourrage. Elle est ce que l’on appelle une variété à grains nus, leur couverture se détachant beaucoup plus facilement, permettant de battre les grains plus rapidement. Cette caractéristique est héritée de grains ancestraux qui se cultivaient dans les hautes terres du Népal. Elle est aussi très tolérante à la sécheresse, avec un haut niveau de β-glucane et a une bonne résistance à la maladie du Net

  • Assiya, délivrée par l’INRA en 2016 est aussi une variété idéale pour la nutrition comme le fourrage, avec des grains nus idéaux pour un battage des grains plus facile et rapide, et donne de hauts rendements lors de la récolte en termes de grains et de paille, même sous des conditions de sécheresses difficiles. Elle offre aussi une très bonne résistance à la maladie de Net Blotch

  • Khnata, délivrée par l’INRA en 2017, est une variété d’orge idéale pour la nutrition humaine, elle est caractérisée par un grain large et un épi de six rangs, riche en Elle offre de hauts rendements en termes de récolte, ce qui permettra d’augmenter le revenu des agriculteurs, ainsi que leur résilience grâce à une production importante de paille pour leur cheptel de bétail, même dans les zones les plus arides.

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