L'Algérie et le Syndrome du personnage principal... [Analyse]-By- Gherrabi Mohammed
- gherrrabi
- 24 mai
- 3 min de lecture

Et si vous étiez le héros… mais aussi le seul personnage de votre histoire ? Le syndrome du personnage principal, phénomène aussi fascinant que déroutant, pousse certains à vivre comme si tout tournait autour d’eux.Entre quête d’attention et de besoin de reconnaissance, le syndrome du personnage principal soulève une vraie question: à quel moment le culte de soi devient-il un frein à nos relations et à notre équilibre psychologique ?
Et si, sans même nous en rendre compte, nous nous étions glissés dans un rôle de protagoniste… au détriment du reste du monde ?
Le syndrome du personnage principal», un terme popularisé sur les réseaux sociaux, décrit une attitude de plus en plus courante : celle de croire que notre vie est une sorte de film dont nous serions la vedette incontestée.
Derrière ce phénomène en apparence anodin, se cache une dynamique plus profonde, mêlant narcissisme, recherche d’attention et solitude moderne.
Le syndrome du personnage principal désigne la tendance à se percevoir comme le héros central d’une version idéalisée de sa vie, souvent amplifiée par les réseaux sociaux.Le syndrome du personnage principal (ou main character syndrome en anglais) désigne un comportement où une personne se perçoit comme le protagoniste d'une histoire fictive de sa propre vie, reléguant les autres à des rôles secondaires ou accessoires.
Un phénomène ancré dans la culture algérienne.
Dans le magazine Psychology Today, Phil Reed, professeur de psychologie, décrit le «syndrome du personnage principal» de cette manièr :
« Lorsque quelqu'un se présente, ou s'imagine, comme le personnage principal d'une sorte de version fictive de sa vie. »C’est une posture cognitive, renforcée par certains mécanismes bien documentés, et que les réseaux sociaux ont portée à une visibilité inédite depuis le début des années 2020.
La manière dont les récits consommés par les Algériens depuis l'enfance sont structurés encourage cette perception du monde. Les discours de Tebboune sont toujours articulés autour d'un héros central, dont le parcours est soutenu par des personnages secondaires.
Le syndrome du personnage principal, aussi appelé syndrome du centre du monde, est un comportement de plus en plus fréquent, notamment sur les réseaux sociaux. Il se manifeste lorsqu'une personne se voit comme le protagoniste d'une histoire imaginaire et idéalisée de sa vie, ce qui peut parfois altérer sa perception de la réalité et influencer ses relations.
Élaboré aux États-Unis, le concept de «main character syndrome», traduit en français par «syndrome du personnage principal», désigne une personne qui se voit ou se représente comme le protagoniste d'une version fictive de sa propre vie.
Cette expression désigne le « protagoniste », c'est-à-dire la personne principalement associée à un récit narratif (comme un roman, une bande dessinée ou un film). Ce personnage, qu'il soit réel (dans une biographie) ou fictif (dans une œuvre de fiction), mène l'intrigue, poursuit le but principal de l'histoire et se développe tout au long du récit.
L'expression « main character syndrome » est apparue sur les réseaux sociaux pour la première fois en 2020 grâce à l'influenceuse Ashley Ward, qui l'a employée dans une vidéo la montrant sur une plage avec ses amis.
Cette tendance a été renforcée par l'utilisation des réseaux sociaux, en particulier sur TikTok, où le hashtag «#maincharacterenergy» avait accumulé plus de 762 millions de vues en août 2023. Le terme «syndrome du personnage principal» ne désigne pas officiellement un trouble ou une affection mentale scientifiquement reconnue, selon le docteur Reed, professeur de psychologie à l’université de Swansea. Cependant, ce trouble comportemental relativement récent commence à susciter l'intérêt des spécialistes de la santé. Une étude intitulée «Self-Presentation Theory : Self-Construction and Audience Pleasing», publiée par Roy F. Baumeister et Debra G. Hutton, experts en psychologie sociale, le décrit comme des «motivations humaines qui sont activées lorsque nous nous sentons évalués par d’autres personnes». D'après la psychologue clinicienne française Johanna Rozenblum, il existe un risque significatif de s'éloigner progressivement de la réalité pour «n'exister qu'à travers cet avatar de soi», rendant le retour à la réalité potentiellement brutal.
Dans son ouvrage Foules sentimentales - Comment la ville impacte l'amour, la journaliste Pauline Machado évoque ce syndrome dans son premier chapitre intitulé « La grande ville, le vrai château des contes de fées ? » et reprend l'expression « Se faire des films » au début de ce chapitre pour définir ce syndrome en se référant à un terme nettement plus ancien. Elle évoque ce désir de « sortir du lot » pour se donner de l'importance, se rassurer dans une société anonymisante qui peut toucher de nombreuses personnes. Pauline Machado explique en outre qu'il existe plus de 192 millions d'occurrences sur la page du moteur de recherche Google et conclut sur le fait que « les films que nous faisons prennent racine dans ce qu'on nous raconte, que l'on nous vend » à l'instar des contes de fées d'antan.

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