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Iran: une économie étouffante et une crise sociale explosive après la guerre

L'Iran traverse une crise économique et sociale d'une intensité inédite depuis la cessation des hostilités. Avec la dévaluation de la monnaie, l'augmentation des prix et des pénuries sévères, le pays fait face à une situation qui menace désormais sa stabilité interne.

« L’Iran dépend largement de la production locale de médicaments, et la fabrication pharmaceutique a été gravement perturbée en conséquence directe de cette guerre », souligne Grigor Simonyan. « Nous observons un nombre croissant de personnes affectées par le manque d’accès aux médicaments essentiels. »

Un des indicateurs les plus frappants concerne le secteur de la santé. Les prix des médicaments essentiels ont connu une hausse spectaculaire, atteignant parfois 380 %, rendant certains traitements inaccessibles pour une grande partie de la population. Des produits vitaux, comme l'insuline ou les médicaments anticancéreux, ont vu leurs coûts doubler, voire tripler, tandis que les hôpitaux font face à des pénuries croissantes. « De nombreux patients ne peuvent plus se permettre leurs prescriptions », explique un médecin, illustrant l'ampleur de la crise sanitaire.

"Les soins de santé primaires figurent souvent parmi les premiers services à être interrompus en situation d’urgence, alors qu’ils sont pourtant essentiels. Les personnes continuent à avoir besoin de traitements pour des maladies courantes, mais aussi pour des pathologies chroniques comme le diabète ou l’hypertension. Et, après le traumatisme de la guerre, beaucoup auront également besoin d’un soutien en santé mentale." Grigor Simonyan - chef de projet pour MSF en Iran

Simultanément, la monnaie iranienne s'effondre à un rythme de plus en plus rapide. En l'espace de seulement trois jours, elle a chuté de 13 % par rapport au dollar, dans un contexte d'inflation galopante estimée à 67 % sur un an. Cette dévaluation accélère l'augmentation du coût de la vie, déjà intenable pour de nombreux foyers.

Crise économique, répression accrue: la population iranienne accablée après six semaines de guerre
De nombreux rassemblements pro-régime ont été organisés tout au long de la guerre en Iran, à l'initiative des autorités. Quant aux opposants, après la répression sanglante de janvier, ils subissent une répression accrue. Les difficultés économiques préoccupent aussi nombre d'Iraniens, la guerre ayant accentué les licenciements partiels. "Les entreprises privées licencient. Même les chauffeurs de taxis sont en difficulté faute de clients", explique l'analyste politique iranien Hossein Rassam.

Le marché du travail a également été sévèrement touché par la guerre et le blocus maritime. Plus d'un million de personnes auraient perdu leur emploi directement, et près d'un million d'autres de manière indirecte. Les perspectives demeurent sombres, avec la crainte de jusqu'à deux millions de suppressions de postes supplémentaires dans les mois à venir.

Le détroit d'Ormuz est au centre de cette crise, étant un passage stratégique pour les exportations de pétrole iraniennes. Sa fermeture par Téhéran, suivie d'un blocus américain, a privé le pays de sa principale source de revenus. En conséquence, l'économie est étouffée et la dépendance à des routes commerciales alternatives, encore restreintes, s'est accrue.

Devant l'urgence, le gouvernement s'efforce de maîtriser la colère sociale à travers des aides, des subventions et des appels à une utilisation modérée de l'énergie. Cependant, le mélange dangereux de pauvreté, de chômage et de pénuries risque de déclencher à nouveau des manifestations importantes, dans un pays déjà affaibli par des années de sanctions et de mauvaise gestion.


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