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Foot "1958- 2023": “Faites le bien et vous ferez des ingrats.” Proverbe Québécois


Le 13 avril 1958, neuf joueurs algériens quittaient la France pour rejoindre l'équipe du FLN

Il y a 64 ans jour pour jour, neuf footballeurs algériens désertaient leurs clubs de première division pour se rendre en Algérie et rejoindre l’équipe du Front de libération nationale. Parmi eux, plusieurs étaient en passe de participer, avec l’équipe de France, à la Coupe du monde 1958 en Suède.

La guerre d’Algérie éclata en 1954 dans l’indifférence générale. Le Front de libération nationale (FLN) s’en remit alors aux voies du sport. En 1958, une douzaine de joueurs algériens, dont Rachid Mekhloufi et des joueurs de l’équipe de France, quittèrent leurs clubs européens pour prendre les couleurs de l’équipe d’Algérie, qui n’avait encore aucune existence officielle. Les onze de l’indépendance allaient promouvoir la cause algérienne lors des matchs internationaux, et pour cela, ils étaient prêts à sacrifier une carrière prestigieuse et lucrative pour vivre dans le dénuement. Sur le plan sportif aussi, cette équipe mit la barre haute: devant 80 000 spectateurs, elle écrasa le champion européen en titre, la Yougoslavie, 6 buts à 1.

Certaines fédérations nationales paient cher le fait de côtoyer cette équipe honnie par l'instance internationale du football : "La Tunisie et le Maroc voient leur demande d’adhésion à la FIFA rejetées parce que la Tunisie accueille les joueurs de l’équipe, et parce que le Maroc a affiché son soutien à la cause de l’indépendance algérienne", poursuit Stanislas Frenkiel, historien du sport à l’université d’Artois.

En 1958, la FIFA a sanctionné l'équipe nationale marocaine, solidaire de l'Algérie, et l'a suspendue pendant un an, après avoir disputé un match contre l’équipe de football du Front de libération nationale algérien. La sanction avait empêché les Marocains de participer pour la première fois à la Coupe d'Afrique des Nations. En 1957, le Front de libération nationale en Algérie décide de créer des organisations affiliées, dont une «équipe nationale algérienne de football» pour contribuer à promouvoir la révolution algérienne. Pour le Front de libération, le sport est vu comme un outil de lutte de par sa popularité au niveau mondial.

La tâche de sélectionner les joueurs a été confiée à Mohamed Boumezrag, qui était le directeur de la Ligue régionale algérienne de la Fédération française de football, et a commencé à travailler dans une clandestinité complète. Les Français ont alors été surpris par le départ d’éminents joueurs algériens actifs dans des clubs français vers la Tunisie, où le gouvernement provisoire algérien était installé.

Le gouvernement français n'acceptant pas la situation, la Fédération française de football tente alors de récupérer les joueurs en fuite, dont Rachid Mekhloufi et Mustapha Zitouni, qui étaient à l’époque parmi les stars les plus en vue de l'équipe de France, qui devait prendre part à la Coupe du monde 1958 en Suède.

Après une forte pression, la FIFA a annoncé que toute équipe qui affrontera celle de l'Algérie «non reconnue» sera expulsée des finales de la Coupe du monde.

Après cet aflux des joueurs algériens en Tunisie, il a été décidé d'organiser un tournoi portant le nom de la militante algérienne Djamila Bouhired. Le Maroc et la République arabe unie (Syrie et Égypte) ont été alors convoqués, pour participer aux côtés de la Tunisie et de l'équipe du FLN. Cependant, l'équipe nationale de la République arabe unie, de peur des menaces de la FIFA, a finalement fait faux bon en n'allant pas décidé de ne pas se rendre en Tunisie et de ne jouer aucun match contre celle du FLN.

Le Maroc sanctionné par la FIFA

Après le match d'ouverture qui a opposé l'équipe algérienne à son homologue tunisienne, qui s'est soldé par une victoire des Algériens par cinq buts à un, l'équipe marocaine a été la deuxième à affronter l'équipe du FLN de son histoire, le 9 mai 1968. Le match s'est soldé par une victoire des Algériens par deux buts à un.

La Fédération française de Football a augmenté sa pression sur la FIFA, qui a fini par sanctionner les Lions de l’Atlas par un an de suspension de tout match international, sous prétexte que le Maroc a joué contre une équipe «non reconnue par la FIFA ou la CAF». La partie marocaine a accepté ces sanctions avec satisfaction.

Dans une vidéo sur le sujet, Moncef El Yazghi, membre du Centre marocain d'études et de recherche dans le domaine du sport, raconte que Feu S.M. le Roi Mohammed V, informé de la possibilité d’une sanction de l’instance footballistique, a déclaré : «Si la FIFA ne se contente pas de deux ans, elle peut imposer quatre ans si c'est pour l'Algérie».

Cette sanction avait privé les Lions de l’Atlas de leur première participation à la Coupe d’Afrique des Nations

A cause de cette suspension, l'équipe marocaine n'a pas pu participer pour la première fois de son histoire à la Coupe d'Afrique des nations en Egypte en 1959. Les Marocains avaient pourtant de grandes chances de remporter le titre, puisque seules trois équipes y participaient : l'Egypte, l’Éthiopie et Soudan.

Un soutien indéfectible malgré les sanctions de la FIFA

Ne s’arrêtant pas à ce stade, le Maroc avait invité l’Equipe du FLN à disputer des matchs sur ses terres, le royaume n'a pas renoncé à soutenir l'équipe nationale algérienne. Il l'a d’ailleurs invitée à venir au Maroc et à organiser des matchs avec les équipes nationales. Le 13 novembre, l'équipe du FLN est ainsi arrivée à Rabat et a reçu un grand accueil populaire et une réception officielle. Elle affronte alors des équipes des ligues régionales de football au Maroc. Devant un public tout acquis à sa cause, et qui comptait même une fois feu Mohammed V, qui a suivi la rencontre l’équipe du FLN rencontre celle de la ligue du Grand-Casablanca de Football.

Le 18 novembre 1958, l'équipe du FLN rencontre celle de la ligue du Grand-Casablanca de Football, lors d'un match suivi par le roi Mohammed V et un large public. Le 21 novembre, elle a affronté les joueurs la ligue du Gharb de football (Rabat), lors d’un match suivi par le Prince Moulay Abdallah et la chanteuse algérienne Warda. L’équipe du FLN a disputé d'autres matches avec des équipes locales.

Outre leur aspect symbolique, ces rencontres ont permis de récolter des fonds pour soutenir la révolution algérienne, une cause que le Royaume a toujours appuyée.

Cela avait également permis de « lancer » l’équipe nationale algérienne, qui a de tout temps pu compter sur le soutien du Maroc. Les scènes de liesse dans les villes marocaines en 2019, quand les Fennecs avaient remporté la CAN organisée en Egypte, en sont le plus grand témoin.

Des retours en France aux fortunes diverses

Nombre de joueurs restèrent en Afrique du Nord, mais pas Mekhlouf, qui repartit à l’assaut des terrains européens. Il fit un passage par le Servette de Genève, où il gagna ses galons en marquant dix buts en onze matchs. Puis il rejoignit pour la seconde fois l’AS Saint-Étienne, qui gagna le Championnat de France en 1968.

Après quatre années de voyages à travers le monde, lassantes pour certains joueurs, et 83 rencontres disputées par l’équipe du FLN, l’Algérie obtient son indépendance suite aux accords d’Évian du 18 mars 1962. La FFF lève les suspensions des joueurs algériens le 29 juin, ce qui permet à certains de rentrer jouer en France, avec des fortunes diverses. Si Rachid Mekhloufi remporte trois titres de champion de France avec Saint-Étienne, "pour certains, ça va être plus dur, explique Stanislas Frenkiel. Surtout pour les joueurs qui vivent dans le Sud de la France. Les insultes des gradins provoquent un malaise, et les footballeurs algériens se font de plus en plus rares en France." Lorsque de la réception donnée par le général de Gaulle, alors président de la République, Melkhoufi l’entendit dire: «La France, c’est vous!» Des mots inimaginables pour lui dix ans auparavant, même dans ses rêves les plus fous.

CHAN : l'équipe du Maroc sera présente en Algérie

L’équipe du Maroc, tenante du titre, ne pourrait pas se rendre en Algérie pour disputer le Championnat d’Afrique des nations (CHAN)

A son arrivée vendredi à l’Aéroport de Rabat-Salé, le président de la CAF, Patrice Motsepe, s’est dit attristé par le fait que la sélection marocaine de football ne puisse pas prendre part au Championnat d’Afrique des joueurs locaux (CHAN-2023), en Algérie. Aussi, il a précisé avoir passé ces derniers jours à faire tout son possible dans ses discussions avec le gouvernement algérien.

Le bras de fer diplomatique entre Rabat et Alger s'est déplacé sur le terrain sportif avec la décision du Maroc de renoncer vendredi à un tournoi de football africain en Algérie, faute d'avoir reçu l'autorisation des autorités algériennes pour s'y rendre en avion.

La sélection marocaine censée participer au Championnat d'Afrique des nations (CHAN) de football à Constantine (nord-est de l'Algérie) a quitté en début d'après-midi l'aéroport Rabat-Salé où l'équipe attendait le feu vert d'Alger pour décoller.

Les joueurs et l'encadrement de l'équipe U23 (moins de 23 ans) sont remontés dans un autocar après avoir patienté dans le salon d'honneur de l'aéroport depuis le début de la matinée.

Alger a fermé le 22 septembre 2021 son espace aérien à tous les avions civils et militaires marocains après avoir rompu ses relations diplomatiques avec Rabat.

"Il est très malheureux de priver l'équipe nationale marocaine, qui se préparait sérieusement depuis six mois pour participer au CHAN et défendre son titre", a déploré le président de la Fédération Royale marocaine de football (FRMF), Fouzi Lekjaa.

"Il est malheureux que l'équipe reste des heures durant à l'aéroport en attendant l'autorisation pour prendre part à une compétition africaine", a ajouté M. Lekjaa en recevant le patron de la Fédération internationale de football (FIFA), Gianni Infantino, et le président de la Confédération africaine (CAF), Patrice Motsepe.

"Affaire de souveraineté"

Ces derniers sont arrivés à l'aéroport au même moment d'Alger, où ils ont assisté jeudi à l'inauguration d'un nouveau stade à l'occasion du CHAN, avant le tirage au sort à la mi-journée du Mondial des clubs, qui doit se dérouler au Maroc du 1er au 11 février.

"Cela m'attriste, je veux que le Maroc aille en Algérie, je veux que ces jeunes garçons représentent le peuple marocain et l'ensemble de l'Afrique. J'ai passé les derniers jours à faire tout mon possible", a déclaré M. Motsepe aux journalistes, précisant que le gouvernement algérien en avait fait "une affaire de souveraineté".

La FRMF avait saisi la Confédération africaine de football (CAF) pour obtenir une autorisation de voyager auprès des autorités algériennes.

La CAF avait informé la FRMF le 22 décembre qu'"une autorisation de principe avait été obtenue", selon un communiqué de la fédération marocaine.

Il n'a pas été possible d'obtenir confirmation auprès des autorités algériennes.

Le CHAN se tient du 13 janvier au 4 février en Algérie.

Les jeunes espoirs des Lions de l'Atlas, ont remporté les deux derniers CHAN -- tournoi réservé aux joueurs disputant les championnats nationaux -- en 2021 et 2018.

Leurs aînés se sont brillamment illustrés lors du dernier Mondial en devenant la première équipe africaine et arabe à atteindre les demi-finales de la prestigieuse compétition.

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