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BRICs, CEDEAO, 1,3 milliard m3,.... La douloureuse tournée américaine de Tebboune... [Dossier]


Ce qui devait être considéré comme une prouesse diplomatique, après les multiples revers essuyés sur la scène internationale, a tourné au vinaigre pour soulever hilarité et indignation. L’intervention du président algérien à la tribune de l’Organisation des Nations Unies à l’occasion de la tenue de la 78ème session de l’Assemblée Générale est à marquer d’une pierre noire. Du discours, d’une trentaine de minutes, prononcé par Abdelmadjid Tebboune on n’en a retenu, en premier lieu, que le chiffre de 1,3 milliard. Un chiffre qui se rapporte à la production « quotidienne » d’eau dessalée à la fin de l’année 2024. Une énormité qui a soulevé à la fois l’hilarité, l’étonnement et aussi l’indignation chez beaucoup d’Algériens qui ont eu honte pour leur pays si mal représenté à ce grand événement mondial.

Si les média algériens, presse écrite, audiovisuelle et même électronique, ont passé sous silence cette scandaleuse assertion, sur tous les réseaux sociaux on n’a pas manqué de se moquer tant de l’ignorance du président et de ses conseillers que « de la pédanterie, de la fatuité, de la suffisance mais surtout du burlesque » comme le souligne un observateur averti.

Le président algérien n’a-t-il pas mesuré l’ampleur du chiffre de 1,3 milliards de production quotidienne ?

« Ne savait-il pas qu’il suffit de diviser ce volume par 40 millions d’habitants que compte l’Algérie, cela donne 32,5 m3 par jour et par habitant (y compris les bébés) ? Sachant qu’une famille de 4 personnes en Europe consomme 150 m3 par an » souligne un connaisseur. « Cela assèchera la méditerranée en quelques mois » ajoute ironiquement un autre. C’est du jamais vu dans l’histoire des Nations Unies. Un chef d’Etat faire pareille annonce en bombant le torse et en croyant épater le monde par ce qu’il croit être un exploit, c’est tout simplement ahurissant.

Il est à rappeler qu’il y a quelques mois, Tebboune avait annoncé, dans une rencontre avec des représentants de la presse algérienne, presque ce même chiffre. Dans la bande annonce qui défilait au bas des écrans de télévisions on avait vite fait de corriger ce qu’on croyait être une bourde en supprimant le mot « quotidiennement ». Mais, il semble que le président n’a pas été informé. Puisqu’il répète la même chose, mais plus grave encore, à l’échelle internationale. D’où certaines interrogations des plus légitimes.

  • Le président algérien, un énarque pourtant, serait-il ignare au point de ne pas mesurer l’ampleur des chiffres qu’il avance ?

  • Serait-il négligent au point de ne pas vérifier ou faire vérifier un discours de si haute importance par ses conseillers ?

  • Est-ce que ses conseillers auraient été manipulés pour le piéger et du coup lui faire essuyer l’affront de sa vie en prononçant le discours de sa vie ?

  • Ses conseillers seraient-ils si médiocres pour répéter une ineptie, pourtant signalée et corrigée il n’y a pas longtemps ?

Ces interrogations ne concernent pas seulement cette sottise concernant le dessalement de l’eau de mer. C’est tout le discours qui est truffé de contradictions et d’incohérences qui révèlent la mauvaise posture de l’Algérie sur la scène internationale depuis l’arrivée du duo Tebboune-Chengriha aux commandes du pays.

Entre autres incohérences relevées dans le discours du président algérien l’absence du conflit armée en Ukraine. Tout en développant un discours qu’il voulait apaisant et porteur de signes de paix, il occulte les souffrances du peuple ukrainien victime de l’agression russe qui a mis son pays en ruines et livré des millions de ses habitants aux douleurs de l’exil.

Tebboune se voulait être, dans son discours, le porte-voix des Arabes et des Africains. Or, depuis son investiture à la tête de l’Etat algérien, son pays est en querelle avec beaucoup de pays. Outre la tension, avec le voisin marocain, qui a pris une ampleur démesurée avec la rupture des relations diplomatiques et la fermeture de l’espace aérien, l’Algérie est en brouille avec ses voisins immédiats, la France et l’Espagne, et avec ses « frères » arabes les Emirats Arabes Unis et l’Arabie Saoudite. Du côté africain, ça ne va pas mieux, non plus. Les Nigériens refusent sa médiation dans leur crise interne et les pays membres de la CEDEAO rejettent son intrusion dans cette même crise.

Tebboune fera, également, injure à l’histoire et aux relations fraternelles algéro-marocaines en étant le seul intervenant à évoquer la partition du territoire de ces Rois, qui de cette même tribune des Nations Unies en 1957 plaidaient la cause de l’Algérie pour son indépendance et sa souveraineté.

Venu à New-York pour marquer la présence de l’Algérie dans la 78ème session de l’Assemblée Générale de l’ONU et l’engranger comme un acquis de sa diplomatie, Abdelmadjid Tebboune s’est trouvé au milieu d’un scandale qui a révélé ce que beaucoup d’observateurs pensaient de lui. Ni l’étoffe ni l’envergure d’un chef d’Etat. Ce qui se vérifiait régulièrement dans ses apparitions publiques en Algérie s’est confirmé sur la scène internationale. C’est suffisant pour ceux qui ne souhaitent pas sa reconduction à la tête du pays pour un second mandat pour convaincre les rares réticents qui s’accommodent de sa médiocrité pour mieux le dominer.

Avant de chercher à se tailler un costume à l’étranger pour se donner une belle image, Tebboune aurait mieux fait de s’investir dans son pays en se réconciliant avec un peuple qui ne l’a guère élu et dont il a emprisonné des centaines de ses enfants et forcé à l’exil des milliers d’entre eux. Tout compte fait, à un an de l’échéance de son mandat imposé au peuple algérien le 12 décembre 2019 par feu Ahmed Gaïd Salah, patron de l’armée algérienne, Abdelmadjid Tebboune a écrit les pages les plus sombres de l’Algérie indépendante.

La douloureuse tournée américaine tebboune

Lui qui espérait faire de son voyage newyorkais une succès story pour faire oublier ses récents échecs au BRICS et aux médiations entre la Russie et l’Ukraine et dans la crise nigérienne. Malheureusement, pour lui, il n’en fut rien. C’était le grand bide.

Après Moscou et Pékin, le président algérien Abdelmadjid Tebboune s’est fixé un objectif ambitieux, mais ô combien délicat: se faire inviter à la Maison Blanche pour rencontrer le Président américain Joe Biden. Ce projet n’est pas une lubie, mais un objectif très sérieux pour lequel le pouvoir algérien a établi un plan d’action digne d’un plan de guerre.

  • L’ambassadrice américaine Mme Elizabeth Moore Aubin s’est invitée chez le président Tebboune. Ce dont a profité ce dernier pour demander à rencontrer le locataire de la Maison Blanche, Joe Biden, à l’occasion de son prochain déplacement aux Etats-Unis d’Amérique pour assister à l’assemblée générale de l’ONU à New York.

  • Un autre homme s'activait et militait dans les coulisses pour chercher de précieux soutiens aux Etats-Unis dans l’optique de réaliser ce « grand projet » d’obtenir une invitation à la Maison Blanche pour Abdelmadjid Tebboune. Il s’agit de Boualem Boualem, le conseiller le plus influent et incontournable du président algérien, qui a fait une apparition surprenante récemment en accompagnant Abdelmadjid Tebboune lors de son voyage à New York pour assister à la 78e session de l’Assemblée Générale de l’ONU alors qu’il ne fait pratiquement jamais de déplacement à l’étranger lorsque Tebboune est en visite officielle.

Arrivé deux jours avant l’ouverture de l’Assemblée Générale, Tebboune n’a pas vu venir le moindre signe des Américains. Même les autres chefs de délégations présents à New-York l’ont ignoré. Il s’est contenté des rencontres avec ses habituels « amis » tel le palestinien Mahmoud Abbès, l’iranien Ibrahim Raïssi, le cubain Miguel Diaz-Canel et le sud-africain Cyril Ramaphosa en plus des présidents du Ghana et de la Guinée Bissau. Un maigre bilan dans l’escarcelle d’un homme parti à la chasse du gros gibier en se donnant les airs d’un grand leader.

Quant à sa rencontre avec le président de la confédération suisse, elle est à mettre aux oubliettes. Mandaté par les généraux pour demander à Alain Berset d’agir pour clore le dossier du général à al retraite Khaled Nezzar poursuivi par la justice suisse pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre, Abdelmadjid Tebboune ignorait, tout comme ses conseillers et ceux qui l’ont mandaté, que le mandat du président suisse est d’une année seulement. Le sien se termine dans trois mois. D’autre part, En Suisse, la séparation des pouvoir est réellement consacrée. Les juges sont élus et ne sont soumis à aucune influence des politiques. Tebboune a, donc, frappé à la mauvaise porte. Et il a essuyé un nouveau revers dont il aurait pu s’en passer.

Il comptait faire oublier cet échec par la rencontre de chef de l’exécutif américain.

Tebboune, qui espérait tant rencontrer Joe Biden, se voyait proche de ses objectifs en apprenant la présence du président américain à New-York pour assister au même événement auquel il s’était invité. Donc, nul besoin de penser à un voyage jusqu’à Washington ni de se faire une place dans l’agenda de l’homme qui règne sur la première puissance mondiale. Tout est sur place.

Profitant de l’insistance américaine sur le règlement de cet épineux dossier qui perdure depuis près d’un demi-siècle, les Algériens veulent bien se donner de l’importance aux yeux de l’administration US en essayant de tirer le maximum en contrepartie des concessions qui seront faites à l’un des alliés les plus sûrs de leur adversaire marocain. Il est vrai que Washington cherche à faire admettre à Alger une réalité qu’elle s’obstine à ignorer, à savoir une marocanité du Sahara devenue une réalité par les innombrables réalisations en matière de développement socio-économique.

Une reconnaissance de cette réalité par Alger est ni plus ni moins qu’un camouflet des plus cinglants qui serait le malvenu en cette période où la diplomatie algérienne essuie les revers les uns après les autres. Le dernier en date, que la presse algérienne passe sous silence après avoir ergoté durant plusieurs jours, le rejet par les Nigérins de la médiation algérienne dans la crise née du coup d’Etat militaire du 26 juillet.

Nul besoin d’être grand clerc pour deviner la gêne du tandem Tebboune-Chengriha pour accepter les propositions américaines. Des propositions qui risquent de mettre les deux hommes en opposition à une année de l’élection présidentielle. D’où la nécessité pour le locataire du palais d’El-Mouradia d’exprimer, à l’ambassadrice US à Alger, son besoin de rencontrer Joe Biden à l’occasion de son prochain voyage à New-York où devrait se tenir l’assemblée générale de l’ONU le 19 septembre.

Le mal mal élu et décrié s’est même enfui à l’insu de son plein gré de “The Big Apple“ et des gratte-ciel de Manhattan, la queue entre les pattes comme diraient certains.

Comptant les jours et les heures qui passent, Tebboune ne voyait rien venir. En apprenant que le mercredi 20 septembre, le président Joe Biden allait convier les chefs de délégations à une réception au musée le Métropolitain des Arts de New-York "aussi connu sous le nom abrégé de The Met est le plus grand musée d'art des États-Unis et l'un des plus grands musées d'art au monde", en marge des travaux de la 78ème Assemblée Générale de l’ONU, le chef de l’Etat algérien s’est remis à espérer rencontrer le locataire de la maison Blanche. A défaut d’un tête-à -tête dans le bureau ovale, une poignée de main restera dans les annales.

A son grand dam, Tebboune n’a pas vu arriver l’invitation au musée le Métropolitain des Arts. Il ne fera pas partie de la liste des invités pour une raison que seuls les organisateurs de la réception savent. C’est la première fois qu’un président algérien est méprisé de la sorte. C’est la pire des humiliations qui puisse arriver à un chef d’Etat que de se voir exclu d’une cérémonie à laquelle sont conviés tous ses pairs. Il est à se demander si cette exclusion concerne l’homme ou le régime qu’il représente. Il est vrai que le régime algérien n’est pas en odeur de sainteté auprès de l’administration US ni sur la scène internationale où il cumule les échecs. Un régime belliqueux qui multiplie les querelles et les provocations tout en faisant preuve d’une arrogance mal placée.

«Israël est essentiel»

«Sans Israël, aucun Juif dans ce monde n’est en sécurité. Israël est essentiel», a dit le président américain au début de l’entretien. «Il y a une chose qui ne changera jamais, et c’est l’engagement d’Israël pour la démocratie. Nous continuerons à défendre les valeurs que nos deux pays […] chérissent», a pour sa part promis le Premier ministre israélien.

A défaut d’une poignée de main avec Biden, "l'algérie s’apprête à produire 1,4 milliards de m3 quotidiennement d’eau de mer dessalée", c’est cette phrase qui restera dans les annales de l’histoire du président Tebboune. Après tout, Biden a été pour beaucoup dans le bide de Tebboune.



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