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Algérie / Affaire (SAA, la CAAR et Djezzy): L’ennemi marocain est dans l’ADN de la mafia militaro-po

La SAA, la CAAR et Djezzy victimes de la haine viscérale du régime algérien à l’encontre du Maroc.

Dimanche 9 mai soir, dans une instruction signée par le « président » (mal élu et décrié) de la République, Abdelmadjid Tebboune, [instruction N° 01, depuis 17 mois au « pouvoir »] à son gouvernement et aux responsables d’entreprises publiques et privées, les sommant de mettre un terme aux marchés noués avec des « entités étrangères » pouvant porter atteinte « aux intérêts vitaux » de l’Algérie. Une start-up marocaine serait ainsi visée.

Une « instruction » unique en son genre où elle s’en prend ouvertement à plusieurs entreprises économiques algériennes en les épinglant pour leurs relations qualifiées de troublantes, immorales, voire illégales avec des partenaires étrangers qui sont affiliés à des lobbys «hostiles à l’Algérie ».

« De nombreux rapports ont convergé vers la Présidence de la République dans lesquels il a été relevé de graves atteintes à la sécurité nationale par le fait d’entreprises nationales, publiques et privées, qui ont noué des relations contractuelles avec des entités étrangères sans considération des intérêts économiques et stratégiques du pays », lit-on dans le document adressé au Premier ministre, aux membres du Gouvernement, aux responsables des entreprises du secteur public. Dans l’instruction, sont citées nommément les deux compagnies d’assurance SAA, la CAAR; « qui ont établi des contrats avec des entreprises d’origines marocaines » et l’opérateur de téléphonie mobile Djezzy dont la «publicité est assurée par la société proche de lobbys étrangers haineux vis-à-vis de l’Algérie ».

Pire qu’un document de propagande idéologique, le communiqué de la Présidence algérienne mélange l’économie avec la politique en critiquant vivement les deux plus importantes sociétés publiques d’assurance. Il s’agit de la Compagnie Algérienne d’Assurance et de Réassurance (CAAR) et la Société Algérienne d’Assurance (SAA). Dans son communiqué, le Palais Présidentiel d’El-Mouradia donne un délai maximal de 10 jours aux directions générales de ces deux sociétés étatiques algériennes pour rompre toute collaboration avec une société marocaine pour la simple raison que le Maroc est considéré officiellement comme l’ennemi de l’Etat algérien. Cette hostilité déclarée et assumée publiquement est inédite dans l’histoire économique récente des pays du Maghreb.

De quoi s’agit-il réellement ? En vérité, la SAA et la CAAR utilisent un progiciel appelé ORASS qui a été développé par une entreprise marocaine. Le logiciel ORASS est doté de puissantes capacités dans le domaine de l’assurance. ORASS permet ainsi une gestion décentralisée des opérations techniques d’assurance et d’une façon continue. Le progiciel ORASS gère tous les produits commercialisés par la compagnie selon un référentiel unique pour l’ensemble du réseau de distribution. Son architecture lui permet de s’adapter à toutes les tailles d’organisation.

Le progiciel ORASS a été effectivement développé par une entreprise marocaine appelée Orsys Communication dont le siège est basé à Rabat au Maroc. Il s’agit d’une start-up marocaine qui s’est spécialisée dans la conception des logiciels modernisant la gestion des compagnies d’assurances et les sociétés de courtage en Assurance. Orsys Communication a fait du progiciel ORASS son produite phare qui a connu un succès international. De l’avis de nombreux experts, ORASS contient de nombreuses fonctionnalités nécessaires à la gestion des produits Vie et non Vie, notamment le paramétrage évolué des produits d’assurances à travers une seule interface simple et facile à utiliser, la gestion des Projets de contrats (devis) & Affaires nouvelles, le suivi Encaissement des primes, échéancier d’encaissement ou la Gestion des relances (Avis échéance, mise en demeure, Suspension, Résiliation, Réduction…), ETC.

La première compagnie algérienne à avoir utilisé ce progiciel en 2006 est la CAAR qui a choisi ORASS pour lui permettre une gestion décentralisée des opérations techniques d’assurance d’une façon continue. Le progiciel ORASS gère tous les produits commercialisés par la compagnie selon un référentiel unique pour l’ensemble du réseau de distribution. Le but de ce travail est de démontrer l’importance de l’utilisation de ces moyens technologiques au sein des compagnies d’assurance par des indices évidents et convaincants et la nécessité d’une transition (passage d’une gestion dite traditionnelle a celle e-management).

La SAA a emboîté ensuite le pas à la CAAR dans un souci de modernisation de la gestion interne de ses actifs et le traitement des dossiers de ses clients. Les deux compagnies algériennes ne sont pas le seules à avoir jeté leur dévolu sur le progiciel marocain. Au niveau africain, 18 compagnies d’assurances vie ont choisi la solution ORASS pour gérer de bout en bout le système d’information pour les branches vie et capitalisation. Depuis 2020, pas moins de 50 compagnies d’assurances en Afrique utilisent ORASS pour gérer leur système informatique interne de bout en bout.

Décidément, le succès de ce progiciel marocain a inquiété le régime algérien. Dans son communiqué, la Présidence algérienne parle de données sensibles algériennes qui risquent de fuiter et de se retrouver entre les mains de lobbys hostiles à l’Algérie comme le « voisin ennemi » le Maroc. Or, Orass gère uniquement des fonctionnalités internes et techniques des compagnies d’assurance. Comment peut-il réellement représenter un quelconque danger contre la sécurité nationale en Algérie ? Pour l’heure, nul le sait. Et tous les experts algériens interrogés par Algérie Part à ce propos n’ont présenté aucun diagnostic alarmant car il s’agit d’une application complète qui permet d’effectuer plusieurs tâches bien spécifiques à un domaine d’activité précis qui est l’Assurance.

Quoi qu’il en soit, les menaces de la Présidence algérienne relèvent d’un pur et grossier populisme. Et pour cause, la CAAR et la SAA utilisent le progiciel ORASS depuis des années. Comment peuvent-ils le remplacer par une autre application en 10 jours ? C’est tout simplement impossible. Il faut plusieurs semaines, voire des mois de formation, d’essais et de tests techniques et commerciaux pour utiliser un autre progiciel à la place d’ORASS, ont expliqué enfin à Algérie Part plusieurs experts spécialisés dans le secteur des Assurances. La Présidence algérienne confond ainsi entre la logique économique et la propagande idéologique. Il compromet ainsi dangereusement le fonctionnement des deux plus importantes compagnies étatiques d’assurance du pays.

Un ultimatum de 10 jours est donné à tous les responsables concernés des entreprises nationales pour mettre fin à ce type de contrats. « Partant de ce constat, et eu égard aux effets négatifs de ces pratiques qui ont tendance à se généraliser, j’instruis tous les responsables concernés des entreprises nationales à l’effet de mettre un terme à ce type de rapports dans un délai maximum de 10 jours et de faire preuve, à l’avenir, de plus de responsabilités et de circonspection dans leurs relations avec leurs partenaires étrangers en veillant, en toutes circonstances, à la préservation des intérêts supérieurs de l’Etat », poursuit l’instruction.

Abdou Semmar: La SAA, la CAAR et Djezzy victimes de la haine viscérale du régime algérien à l’encontre du Maroc


Avec, algeriepartplus

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