AFRIQUE/ Jésus comme un fonds de commerce, un  business juteux des faux pasteurs.

AFRIQUE Jésus comme un fonds de commerce, un  business juteux des faux pasteurs .

Au-delà des diseurs de bonne aventure, des charlatans, des ‘’Dah’’, des guides spirituels, une autre gangrène s’est enracinée dans les relations sociales en . Il s’agit des faux prophètes qui remplissent les poches et s’évanouissent parfois dans la nature sans laisser de traces. Ils sont à la tête des congrégations religieuses et se font passer pour des spécialistes d’exorcisme et de prières de délivrance. Ils s’installent surtout dans nos contrées pour vider les fortunes des analphabètes ou parfois de certains lettrés à la recherche du salut.

L’offre des faux pasteurs rencontre une demande toujours grandissante. Ainsi, l’extrême pauvreté, le chômage et les vicissitudes de la vie poussent plusieurs Africains à rechercher des solutions miraculeuses. Surtout dans un contexte d’exclusion, de vulnérabilité et de défaillance des services publics.

Selon la Banque mondiale, la pauvreté extrême touche 41,1% de la population en Afrique subsaharienne, et même ceux qui ont un travail sont pauvres (70% en 2016 selon l’Organisation internationale du travail). A toutes ces personnes, les faux pasteurs  proposent des alternatives miraculeuses à chaque coin de rue. Quand elles tombent dans leurs filets, elles sont amenées par la manipulation à suivre chacune de leur prescription sans rechigner. Petit à petit, elles sont aliénées au point de perdre la raison et l’esprit critique. Cela résulte de l’analphabétisme élevé en Afrique (45%), d’un manque d’instruction religieuse et de l’ignorance de l’essence du christianisme. Cette vulnérabilité «complice» des fidèles permet aux faux pasteurs de les exploiter. Ainsi, des femmes sont violées par des pasteurs parce qu’elles veulent enfanter et des fidèles acceptent d’offrir des fortunes aux pasteurs. C’est l’exemple du footballeur international ivoirien Emmanuel Eboué qui a avoué, en 2018, avoir été escroqué et ruiné par un  pasteur nigérian.  En outre, la culture du gain facile et la recherche de pouvoir sans effort finissent par conduire de nombreuses personnes dans le piège des faux pasteurs. Somme toute, le business de la religion prend de l’ampleur. Comment l’endiguer? Des alternatives au chômage et à la pauvreté grandissante sur le continent sont nécessaires. De même, des mesures pour rehausser l’alphabétisation permettraient de réduire l’instrumentalisation. Sans cela, les populations pauvres continueront d’engraisser des faux pasteurs vivant dans une opulence insolente aux antipodes de l’évangile.

Un pasteur montre a ses fidèles comme sera la vie au paradis .

Un pasteur qui vendait des tickets pour le paradis arrêté au Zimbabwé

Au Zimbabwe, un pasteur a été arrêté par la police le 28 juin pour crime financier.

Le Pasteur Tito Wats demandait à ses paroissiens de l’argent en échange de tickets pour le paradis.

Les membres de la congrégation du pasteur devaient débourser 500 $ pour acquérir un billet pour les jardins d’Eden.

Le salaire moyen au Zimbabwe est de 2$ par jour.

Pastor Tito Wats, A Pastor in Zimbabwe has been arrested together with his wife after for purportedly selling tickets to heaven. And his congregation are expostulating to his arrest insisting the police to release since they’re using their own money to buy salvation. Ooh Africa😥 pic.twitter.com/fKUlW0491X — KWESI AFC🇬🇭 (@KwesiSimple) June 28, 2018

Le pasteur a déclaré après son arrestation qu’il se sent persécuté parce qu’il fait le travail de Dieu.

Selon la police, le pasteur a dit à ses fidèles qu’il a été personnellement informé par Jésus-Christ lors de leur rencontre, que ces tickets « en or pur » garantissaient aux fidèles leur salut.

D’après les médias zimbabwéens, des milliers de personnes manifestent pour sa libération.

Le pasteur Alph Lukau a prétendu avoir ressuscité un jeune homme

En Afrique du Sud, le pasteur Alph Lukau a prétendu avoir ressuscité un jeune homme, Brighton Moyo, trois jours après sa mort. La fausse résurrection a été mimée le dimanche 24 février dernier. Le poteau rose découvert, le pasteur s’est excusé.

Toutefois, les dérives récurrentes des faux pasteurs continuent d’engendrer des conséquences dramatiques.  Est-ce un manque de scrupule de la part de quelques individus ou existe-t-il un terreau favorable ?

La religion occupe une place importante dans la vie des communautés africaines depuis longtemps. Cet attachement à la religion confère un rôle majeur aux intermédiaires entre Dieu et les hommes. En effet, aujourd’hui, beaucoup de personnes s’attribuent ce titre d’intermédiaire, renommé «pasteur» dans le christianisme protestant, pour se faire de l’argent. Dans le christianisme protestant, toute personne peut créer son église et la gérer de façon indépendante contrairement aux catholiques, où le prêtre suit une formation au séminaire avant d’être affecté dans une église/paroisse après son ordination. Les prêtres obéissent et rendent compte à leur supérieur hiérarchique l’Evêque qui peut, en cas de manquement, les sanctionner. Dans un pays, les évêques forment une conférence épiscopale qui veille au respect des normes religieuses. Tous les évêques sont sous l’autorité du Pape. L’existence d’une chaîne hiérarchique permet le contrôle et la sanction des contrevenants. Cela contribue à moins d’instrumentalisation des fidèles et à endiguer le business de la religion. Cependant, chez les protestants, il y a une absence de véritable chaîne hiérarchique. D’où le risque d’abus notamment l’instrumentalisation et le business de la religion. La formation préalable n’étant pas requise, beaucoup de pasteurs ignorent la théologie du christianisme protestant. Bien sûr qu’il faut être appelé par Dieu. Mais rien ne permet de prouver rationnellement qu’une personne est réellement appelée ou non par Dieu à le servir, ce qui laisse la porte ouverte à tous les abus. C’est pourquoi, dans les grandes villes africaines, les églises protestantes foisonnent, les faux pasteurs aussi.

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